Joseph PEYRE JOSEPHPEYRE

JOSEPH PEYRE

Cheval Piaffant


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Le mercredi 26 Septembre 2018
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Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

Illustrations de Paul Durand. Collection Bibliothèque Verte N°161.Parution 2e trimestre 1960. 254 pages.

Un Basque chez les Sioux.

Contrairement à ce que pourrait laisser supposer le titre de ce roman, Cheval piaffant n’est pas un étalon gambadant allègrement dans un pré ou un enclos mais le surnom qui lui a été donné par des amis Indiens.

Il s’agit de Sauveur Etchemendy, de la maison Etchemendia, né la nuit de Noël 1829 dans le petit village d’Izterbéguy sis dans la riante vallée basque de Saint-Etienne-de-Baïgorry. A douze ans, il paraît en avoir seize. C’est dire s’il est musclé, fortement charpenté et est d’humeur batailleuse. Mais sa fiancée, la blonde et tranquille Kattalin, le défend en déclarant qu’il ne se bat que pour défendre les plus faibles.

Afin de le calmer, et écoutant les conseils du curé, Kochepa, la mère de Sauveur décide de l’envoyer en haute montagne passer l’été en compagnie du troupeau familial. Une idée comme une autre car le cadet de la maison Etchemendia, voyant les béliers s’affronter, s’exerce au lancer et au lever de grosses pierres, en compagnie des autres jeunes bergers. Et il manie le bâton de berger comme d’une arme redoutable.

Et cette propension à se mêler de ce qui ne le regarde pas lui joue un mauvais tour. S’interposant dans une rixe opposant un vieux maquignon-contrebandier à des bohémiens, qui au Pays Basque ont mauvaise réputation, Sauveur laisse sur le carreau l’un des agresseurs. Mortellement blessé pense-t-il. Aussi il n’a plus qu’une échappatoire pour ne pas tomber aux mains de la maréchaussée, s’enfuir en Espagne puis gagner l’Amérique du Sud où il retrouvera quelques représentants de la communauté basque. Il réalise ainsi, plus vite qu’il pensait et dans des conditions peu avantageuses, cette idée de partir aux Amériques et gagner le pactole, ainsi que l’ont fait quelques-uns de ses ancêtres.

Il embarque comme passager clandestin sur un voilier cap-hornier, mais découvert il est obligé de gagner son voyage et sa pitance en servant d’homme toutes-mains. Toujours aussi ombrageux, il démontre sa force en boxant son voisin de hamac, exploit qui attire les compliments des autres marins et du capitaine. Toutefois Sauveur refuse la proposition de continuer le voyage sous d’autres cieux et préfère débarquer à Buenos Aires.

C’est le début des pérégrinations du Basque qui devient gaucho en Argentine, puis il fait la connaissance de compatriotes, les suivant dans leur périple jusqu’en Californie, en franchissant à dos de cheval les Andes, devenant chercheur d’or dans cet état qui vient d’adhérer à l’Union américaine (devenue les Etats-Unis), découvrant quelque pépites mais se faisant spolier à cause d’ingestion immodérée d’alcool écossais ou irlandais, lui qui n’est habitué qu’au vin rouge, devenant berger chez les Mormons, une fonction qu’il maîtrise fort bien même s’il est un peu vantard, mais le blizzard l’oblige à gagner l’Est et abandonner son emploi, puis à combattre les loups blancs, devenant le défenseur d’un vieux bison blessé. Un exercice de bravoure que peuvent observer les Sioux ébaubis et il rencontre un Cherokee, qui fait partie du campement et est né le même jour que lui, un soir de Noël. Sauveur se lie d’amitié avec quelques-uns des Indiens grâce à sa force, son courage, et son désir d’intégration mais celui de retourner au pays et de se retrouver sa fiancée Kattalin, à laquelle il pense souvent, est freiné car il n’a pas un sou vaillant en poche. Et c’est ainsi qu’il sera surnommé Cheval piaffant, à cause de sa fougue et de son courage.


Telle est une partie de l’histoire de Sauveur Etchemendy, vantard, hâbleur, orgueilleux, bravache, mais attachant, prompt à défendre les plus faibles contre leurs oppresseurs.

Natif du Béarn, Joseph Peyré a beaucoup écrit sur sa région et le Pays Basque, montrant les hommes et les femmes tels qu’ils sont, sans en faire l’apologie mais démontrant leur courage, leur esprit de conquête, ainsi que leur attachement au pays lorsqu’ils en sont éloignés.

L’éducation de Sauveur, c’est le curé qui la lui prodiguera, mais il ne s’agit pas de prosélytisme, seulement de lui faire connaître l’histoire de son pays et de ses ancêtres, lorsque ceux-ci parcouraient le monde et découvrant l’Amérique, Terre-Neuve, avant Christophe Colomb.

Du père de Sauveur, il n’est guère question, parce que, au Pays Basque, ce n’est pas l’homme, c’est la femme, la maîtresse de maison, qui commande réellement.

L’histoire de Sauveur, c’est celle de nombreux migrants, s’expatriant par goût de l’aventure, par obligation aussi, et sans ces migrants, bien des avancées sociales, bien des découvertes, bien des amitiés n’auraient pu n’auraient pu se réaliser. Mais en toutes circonstances, il faut raison garder, et savoir se contenter de ce que l’on possède et de ce que l’on sait faire :

Sauveur, l’or est trop cher pour nous. En Amérique comme chez nous, je m’en rends compte, notre fortune, à nous Basques, est dans la laine des brebis.

Et se méfier aussi des idées préconçues trop souvent propagées :

Les Blancs, vous êtes tous pareils. Pour vous, les Indiens sont des sauvages avides de guerre, de sang, et de supplices, alors que c’est tout le contraire. Nous ne renverserons jamais cette légende, qui nous a fait et nous fait encore tant de mal.

Une leçon donnée par le Cherokee à Sauveur qui saura en tenir compte. Malheureusement, il est, était puisque cette histoire se déroule dans les années 1850, peut-être le seul à accepter que les Indiens n’étaient pas des sauvages, des êtres non civilisés tels qu’ils furent dépeints dans bons nombres d’ouvrages et de film à la gloire du Blanc colonialiste.








PAUL MAUGENDRE
livrenpoche
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