Jean-Christophe TIXIER JEAN-CHRISTOPHETIXIER

JEAN-CHRISTOPHE TIXIER

Dix Minutes à Perdre


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Le dimanche 27 Avril 2015
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Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

Vous avez dix minutes à perdre, vous, avec tous vos livres à lire ?

Depuis que son père licencié d'une boîte sise en région parisienne, a pris le premier travail qui se présentait à cinq cents kilomètres de leur ancienne habitation, Timothée, plus communément appelé Tim, s'ennuie. Les joies de la campagne ne l'atteignent pas.
Internet n'est pas fiable alors il communique avec ses anciens amis Félix et Mat par Skype, mais c'est la galère. Finis les concours de Skate-board et juillet promet d'être une longue succession de jours sans fin. Et plus particulièrement en ce jeudi matin. Ses parents sont partis en région parisienne manifester avec d'autres laissés pour compte afin d'obtenir des primes de licenciement.
Maman a empli le réfrigérateur, car ils ne doivent rentrer que le vendredi soir, tard. Pendant deux jours, Tim va être seul, alors son père lui a lancé comme une boutade : si tu as dix minutes à perdre, commence à décoller le papier peint de ta chambre. Facile à dire, le père est infatigable, toujours à bricoler, sauf l'eau et l'électricité. Et justement un plombier chauffagiste doit remplacer dans la journée la chaudière déficiente.
Dix minutes pas plus. Tim attaque le papier peint, mais il ne récolte que des confettis. A treize ans et demi, on ne possède pas l'expérience d'un adulte. Pourtant le seau d'eau posé sur l'escabeau, une éponge bien en mains, Tim s'active. Tant et si bien que la bassine bascule et il récupère une serpillère afin de minimiser les dégâts. C'est alors qu'il aperçoit de sa fenêtre sa voisine, une gamine de son âge qui passe son temps à les reluquer mais se cache lorsqu'elle craint d'être surprise. Ne se laissant pas abattre Tim continue son travail d'épluchage Bientôt une inscription dévoilée par l'enlèvement d'un lambeau de papier laisse Tim perplexe. Ceci est mon histoire, écrit au crayon sur le plâtre à nu. il continue un peu puis abandonne.
Il préfère lézarder sur une chaise longue, et pris de pitié devant les légumes qui pâtissent de la chaleur, il entreprend une opération arrosage. C'est alors qu'il est abordé par la gamine, Léa, et dans le fil d'une conversation qui s'établit tout naturellement, elle déclare que le fils de la précédente propriétaire est mort, probablement assassiné. Aussitôt il téléphone à sa mère afin d'obtenir de plus amples renseignements puis il consulte Internet. Par chance la connexion peut être établie, et il récolte des informations de première main provenant du site du journal local.
Karl Duval, le mort en question, aurait procédé à un braquage de banque en 1992, prélevant une douzaine de lingots, et aurait été arrêté par la police purgeant une peine de douze ans de prison. Quelques semaines après sa libération il a été retrouvé la tête la première en bas de l'escalier et tout concorde à supposer qu'il s'agit d'un crime. Les lingots n'ont jamais été retrouvés.
Dix ans ont passé, sa mère est décédée et la maison a été mise en vente. Tim décide de continuer son labeur de dépiautage de papier peint et met à jour une nouvelle inscription : Il y a douze lingots...
Le plombier arrive, guère aimable et entreprend des travaux à la cave, démolissant un mur afin de passer des tuyaux. Mais peut-être cherche-t-il autre chose, car Tim l'entend au téléphone proposer à son correspondant un partage.
Tim narre cette aventure à Léa, lui confiant ses soupçons concernant le plombier, et bientôt tous deux vont s'atteler à la recherche du trésor en arrachant comme ils peuvent le papier peint, qui délivre un nom, puis peu à peu d'autres éléments.

Prenant exemple sur la morale du Laboureur et ses enfants, Tim et Léa vont essayer de trouver l'énigme sous les lambeaux de tapisserie, non pas en creusant et retournant la terre, mais en arrachant morceaux de papier après morceaux de papier, à la découverte de la moindre inscription, du moindre indice. Ils vont également mener leur enquête chez un particulier, ressentir quelques frayeurs, surtout Tim seul dans cette maison vide, être en proie à l'angoisse qui forge bien des idées propices à donner peur et à paniquer. Et ce plombier-chauffagiste patibulaire (mais presque comme aurait dit Coluche) qui tient des propos propres à donner la frousse.
Malgré tout, l'idée de pouvoir retrouver ces fameux lingots et d'en toucher la moitié, comme il est de mise lorsque l'on découvre un trésor, balaie toutes ces inquiétudes et ce malgré des visites impromptues. Et malgré lui le lecteur ressent cette angoisse à la lecture des péripéties mouvementées de ces deux gamins de treize ans et demi, bravant tous les dangers, par esprit d'aventure et de trésor caché quelque part, comme dans l'Ile au Trésor.
Jean-Christophe Tixier sait faire monter la pression, et même si l'on sait qu'au bout du compte et du conte, cela se terminera bien, logiquement, on ne peut qu'extrapoler les dangers encourus. Mais l'imagination de Tim, ses suppositions, ses analyses et déductions parfois hâtives, ne sont pas uniquement à attribuer à un gamin. Un adulte aussi dans de semblables circonstances pourrait se conduire comme lui, la curiosité étant légitime. A condition de posséder autant de courage.
Un bon petit roman agréable et plaisant à lire, même et surtout pour un adulte qui sort de la lecture de pavés, qui veut se changer les idées, qui veut autre chose que du sang, des larmes, de la sueur et du sexe...





PAUL MAUGENDRE

livrenpoche
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