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JAMES OLIVER CURWOOD

Les Chasseurs De Loups


Aux éditions HACHETTE


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Le lundi 9 Septembre 2019
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Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

The Wolf Hunters – 1908. Traduction Paul Gruyer et Louis Postif. Collection Idéal-Bibliothèque N°9. Editions Hachette. Parution 2e trimestre 1957. 192 pages.

Blizzard. Vous avez dit, blizzard ? Comme c’est blizzard !

Issus d’un mariage entre un Anglais et une Indienne, Wabigoon, plus familièrement appelé Wabi, du nom de son grand-père, et sa jeune sœur Minnetaki, de nom de sa mère, ont été élevés dans la factory (compagnie de commerce) de Wabinosh House dans le nord canadien.

Ils ont été élevés à la mode des enfants blancs, fréquentant l’école de Wabinosh House puis celle de Port-Arthur. Mais une rivalité existait avec les Woongas, du nom de leur chef qui dépité de n’avoir pu épouser Minnetaki mère se rebella, traquant les anciens sujets de Wabigoon l’ancêtre. A dix-sept ans, Wabi, n’ayant plus que sa mère, et sur les instances de sa sœur, est parti étudier à Détroit. Il se lie d’amitié avec Roderick qui lui aussi n’a plus de père, élevé chichement par sa mère.

Rod invite son nouvel ami chez lui où le jeune Indien est accueilli bras ouverts par sa mère. Mais les bonnes choses ont une fin. Et une faim car Rod est obligé de travailler pour assurer la pitance. Et Wabi rentre chez lui. Peu après Rod reçoit une lettre du Canada. C’est Wabi qui à son tour l’invite à découvrir le Grand Nord. Rod est impressionné, et pas seulement pas les paysages grandioses. Minnetaki est belle et bientôt il s’éprend de la jeune fille. Mais ce n’est pas pour ses beaux yeux qu’il est venu. Il va participer à une chasse aux loups en compagnie de Mukoki, le vieil Indien, le protecteur de la famille.

Débute alors une tournée à la recherche de loups afin de récupérer leurs scalps qui valent quelques dollars payés par la factory. Des élans aussi et des caribous qui assurent la subsistance et dont les bois sont achetés quelques dollars. Des renards aussi. Des roux, les plus communs, des noirs, des argentés les plus rares dont la fourrure peut être estimée jusqu’à près de mille dollars. Et des martres et autres petites bestioles à fourrure. Mais pour en trouver, c’est comme chercher de l’or.

Or de l’or, les trois hommes vont en découvrir accidentellement en arrivant dans une sorte de combe, coincée entre les crêtes. Une cabane s’élève, abandonnée depuis au moins cinquante ans. A l’intérieur, ils sont nez à nez, ou presque, à deux cadavres. Deux hommes qui se sont affrontés pour un sac contenant quelques pépites d’or. Et qui se sont tués sans pouvoir profiter de leur découverte aurifère.

Seulement, les Woongas sont à leur poursuite, les traquant. Une haine ancestrale les anime et pour leur échapper il faudra user de ruse. D’autant que trois Woongas ont réussi à s’emparer d’un de leurs fusils. Heureusement, Rod, Wabi et Munetaki en possèdent encore deux et un revolver.

Ce sont ces épisodes qui se déroulent sur plusieurs semaines dans le Grand Nord, tempête de neige en prime, et sont décrits avec réalisme. La pose des pièges, l’attente du gibier, les rencontres inopinées, les conflits avec les Woongas, l’affrontement des éléments de la nature qui veut préserver ses droits.

 

James Oliver Curwood a vécu dans le Grand Nord qu’il décrit si bien. Mais son nom a été éclipsé par Jack London, qui lui aussi a dépeint ces magnifiques mais rudes paysages, ainsi que la vie quotidienne des trappeurs et des chercheurs d’or.

Lu alors que je n’avais que dix ans, c’est-à-dire il y a longtemps et un peu plus, ce roman m’avait emballé et je me souvenais de certaines scènes. Mais la lecture récente fut un plaisir mitigé. Il est vrai que les années ont passé, et un sentiment de protection animale, moi qui ne suis pas chasseur, m’a quelque peu perturbé.

Ce que décrit James Oliver Curwood fut le quotidien des indiens du Canada, on dirait aujourd’hui Amérindiens, et des chasseurs de fourrure venus des Etats-Unis. Un scalp de loup était payé 15 dollars de l’époque. Or Rod touchait à son travail 10 dollars par semaine. Et la fourrure était fort recherchée, prisée, comme celle des renards, afin d’habiller les coquettes urbaines.

Il ne faut pas lire ce roman avec les yeux d’aujourd’hui mais se replonger dans une époque difficile, où la protection animale n’avait pas cours, où les animaux sauvages proliféraient, c’est-à-dire s’imprégner d’un contexte qui a bien évolué. Et les Amérindiens n’avaient guère de revenus sauf celui du commerce des peaux.







PAUL MAUGENDRE

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