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FREDERIQUE VOLOT

La Vierge-folle


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Le jeudi 7 Juin 2013

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Frédérique VOLOT




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Dans les rues de Paris, en ce printemps 1861, se multiplient les rénovations inspirées par le baron Haussmann. Le Second Empire transforme la ville en une capitale moderne, qui disposera de grandes artères, de vastes places, et qui promet de mieux loger la population modeste. C'est aussi une époque flamboyante pour la haute-bourgeoisie, qui gagne des fortunes et s'amuse entre soi dans les soirées mondaines. Issu d'une riche famille, Achille Bonnefond appartient à ces milieux. Avec son amante Lucile, jeune femme mariée qu'il est censé chaperonner, il assiste à tous les évènements parisiens. Encore que ce séducteur lui préfère sans doute la moins snob Marthe, qui va bientôt convoler avec un vieux soupirant aisé. Chez lui, Achille vit entre sa chatte borgne et Tamara, son employée qui le traite telle une mère. Admirateur de Vidocq, il créa une agence de détective, en association avec son camarade Félix. Ce dernier s'en occupe encore aujourd'hui. Achille a réussi à faire partie du cercle entourant l'Empereur, pour lequel il a mené quelques discrètes missions.

Achille est convoqué par le Ministre de l'Intérieur, qu'il connaît bien et qu'il apprécie. Un étrange meurtre a été commis au Parc Monceaux, lui aussi en travaux. Près du cadavre de la victime, dont le visage a été vitriolé, on a trouvé un message à caractère politique. S'il s'agit d'un avertissement menaçant envers l'Empereur, il faut trouver le coupable au plus tôt. D'abord, il est nécessaire d'identifier cette femme rousse, âgée de vingt à trente ans, qui a été battue à mort avant d'être aspergée de vitriol. Phtisique, alcoolique, anémiée, ce n'était probablement pas une prostituée, mais une femme dans la misère. Sur elle, des témoins ont aussi trouvé une carte de tarot, la Maison-Dieu. Achille fait appel à son ami Félix, afin que l'agence retrouve le nom de cette personne. Par obligation, lui-même se rend au bal masqué de Lucile de Brizacq, mais s'en échappe pour rejoindre Marthe. Hélas, Félix est blessé dans un accident, désormais incapable de poursuivre sa mission. Il venait de prendre contact avec un chiffonnier, Baise-la-Mort, qui pourrait les aider.

Ce Baise-la-Mort a autrefois assassiné un homme, qui abusait de la femme qu'il aimait. Une vengeance qu'il a payée cher, mais il a survécu à toutes les épreuves, et vivote parmi les chiffonniers triant les déchets parisiens. Achille va devoir mener l'enquête en personne, en suivant ce pitoyable compagnon (et son chien, Totor-la-Guillotine). Avant tout, comme son maître à penser Vidocq, il se grime pour ressembler aux plus pauvres gens du peuple. Achille se fait passer pour un apprenti chiffonnier, sous le nom de Dents-de-Lait. Malgré ses efforts, la victime reste longtemps anonyme : “C'est incroyable ! Personne, je dis bien personne ne connaît l'identité de cette femme. Elle est comme un fantôme qui aurait traversé son temps, puis se serait volatilisé sans laisser de traces.” Même le témoignage de “la femme en culotte” le renseigne peu. Gardant un pied à Paris, Achille doit voyager de Cologne à Dieppe afin d'en apprendre davantage sur la mystérieuse victime...

Ce n'est pas un pur roman policier qu'on nous propose ici, on l'aura bien vite compris. Néanmoins, dans l'esprit de Vidocq, ce distingué détective va mener l'enquête sur un meurtre aussi énigmatique que violent. Peut-être un crime en rapport avec l'attentat d'Orsini ayant visé l'Empereur trois ans plus tôt. Comme dans beaucoup de bons polars, c'est en découvrant le contexte entourant la victime que notre fin limier espère progresser. Achille est assisté d'un pittoresque comparse, maniant l'argot d'alors, et connaissant ce Paris des bas-fonds qui disparaîtra largement grâce aux travaux haussmanniens.

Outre l'intrigue criminelle, bien présente, c'est une belle reconstitution de la capitale sous le Second Empire que nous présente l'auteure. Dans ce Paris dont la mutation s'accélère, la bourgeoisie des nouveaux riches tient le haut du pavé. Chantiers en cours, soirées de fêtes se voulant toutes plus glorieuses, prospérité affichée des puissants, mariages d'argent empreints d'un certain cynisme, tel est l'univers qui est restitué ici d'une manière très documentée. Nul doute qu'on approche de près l'ambiance qui régnait en ces temps-là, dans la bonne société. Quant à la population, incluant bon nombre de gueux, on peut supposer qu'elle profita beaucoup moins du “progrès”, qui enrichissait les notables. Notre héros se veut plus humaniste que ceux de son milieu social. C'est donc un très intéressant voyage dans le passé, qui nous est offert grâce à cette enquête.

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Une autre lecture du

La Vierge-folle

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Mai 1861. Sous les ordres du baron Haussmann, de vieux immeubles et des maisons insalubres sont démolis, des bidonvilles sont rasés, afin de récupérer de la place pour l’ouverture de boulevards, la construction d’immeubles de prestige et de parcs. La surface viabilisée de la capitale passe de treize arrondissements à vingt et les travaux concernant le boulevard Malesherbes et le parc Monceaux doivent être terminés pour le 13 août date officielle de l’inauguration.

En ce lundi 27 mai, malgré les consignes qu’il avait données la veille à sa vieille nourrice Tamara, Achille Bonnefond est réveillé de bonne heure. Un envoyé du ministre de l’Intérieur Victor de Persigny, lui annonce qu’il est attendu Place Beauvau, le nouveau siège du ministère. Détective privé, spécialiste des affaires criminelles, ayant l’oreille de Napoléon III, Achille se voit souvent confier des enquêtes en raison de ses capacités, enquêtes qui ne peuvent être diligentées par les forces de polices habituelles. Or celle qui se profile entre ce cadre d’une mission de confiance et doit être tenue secrète.

Dans le parc Monceaux qui est en rénovation, le cadavre d’une jeune femme a été découvert. Il est malaisé de l’identifier car le visage et le corps, même les parties intimes qui sont en général à l’abri des regards, ont été arrosés de vitriol. Seule particularité, ses longs cheveux roux. Le cadavre tenait dans la main un mot signé par la Nouvelle Charbonnerie Démocratique Universelle. En effet les carbonari italiens ne se sont pas remis de la condamnation puis de l’exécution d’Orsini qui avait perpétré un attentat visant Napoléon III trois ans auparavant et ils veulent venger leur compagnon. Sous sa tête est glissée une lame de tarot.

D’après le médecin légiste, cette inconnue vivait misérablement, aurait eu un enfant et peut-être eu à faire avec une faiseuse d’anges. Cela n’avance guère Achille qui décide de confier l’enquête à son ami et ex-associé Félix. Ils s’étaient connus sur les bancs de l’école puis ils avaient monté ensemble une agence de détectives privés. Achille préférant enquêter en solo, Félix avait gardé l’agence. Il s’est marié, contrairement à Achille qui aime la liberté mais accumule les conquêtes, il s’est enrobé aussi tandis qu’Achille est resté svelte. Félix accepte donc la mission, et d’après la description qui lui a été faite de la jeune femme, il décide de se renseigner auprès d’une de ses connaissances, un chiffonnier du nom de Baise-la-mort surnommé ainsi pour avoir échappé à l’échafaud et au bagne. Seulement Félix est victime d’un accident de la route et il est obligé de garder le lit, Cécile son épouse le bichonnant. Avec une double fracture de la jambe et des côtes cassées, il ne peut plus assumer sa tâche.

Achille reprend alors le flambeau et s’enquiert du dénommé Baise-la-mort, lequel va l’entraîner de la Petite Pologne (près de l’actuel Parc Monceau) jusqu’à Clichy en passant par le Champ Perrey (aujourd’hui Neuilly et Levallois-Perret), les quartiers Mazas et Maubert. Tous quartiers miséreux servant de refuges aux indigents, aux relégués de la société, aux chiffonniers… Achille, sous la houlette de Baise-la-mort se déguise en biffin et arpente les venelles, les taudis, les bouges de ces endroits déshérités, à la rencontre de personnes susceptibles de pouvoir fournir une identité à la morte. Enfin, un nom leur est proposé, la Vierge-folle. Suffit de trouver quelqu’un l’ayant suffisamment connue pour dévoiler son identité réelle et ses antécédants.

Après avoir planté le décor historique et parisien dans lequel vit Achille Bonnefond, qui demeure boulevard des Capucines, avoir exposé son passé familial, il est le fils d’un riche homme d’affaires mais a coupé les ponts pour emboiter le pas dans les traces de son idole Vidocq, décrit ses amours, actuellement la belle et jeune Lucille de Brizacq mariée à un homme complaisant et surtout riche, et dont il commence à se lasser se rendant compte qu’elle est surtout égoïste, sa maîtresse Marthe qu’il retrouve de temps à autre, sa nourrice et servante Tamara et sa chatte Pakoune qui n’a qu’un œil, Frédérique Volot change tout à coup de registre.

Après l’étude d’une société bourgeoise et d’une ville en pleine mutation, ce dont profitent les spéculateurs immobiliers, Frédérique Volot nous plonge dans l’envers du décor. Loin des fastes, des ors, des dorures, des insouciances, le lecteur est invité à visiter les quartiers où se terrent les miséreux, les ivrognes, les pochardes, les filles de joie, les pédophiles, les incestes, les gamines ayant déjà connu les assauts des mâles, des chiffonniers. Ces derniers forment une sorte de caste organisée en une sorte d’échelle sociale. Le lecteur ne peut s’empêcher de penser aux Mystères de Paris d’Eugène Sue en découvrant cet univers cosmopolite. A noter que les chiffonniers, ou biffins, procédaient déjà au tri sélectif et au recyclage, des activités dont Achille Bonnefond ignorait l’existence. Achille et son compagnon Baise-la-mort, affublé d’un chien portant le sobriquet de Totor la guillotine, marchent dans la boue et les détritus, dorment dans des endroits insalubres, côtoient la maladie, les miasmes et les rongeurs. Grimé plus vrai que nature, Achille essaie de se fondre dans la masse, regrettant son logis douillet et ses repas fins.

Le côté énigme policière sert de fil rouge à ce roman historique afin de reconstituer une époque en pleine mutation dans un roman qui est aussi une étude de mœurs et nous ne sommes pas loin des romans naturalistes chers à Zola et confrères.

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