I Remember Clifford VILLARD67

MARC VILLARD

I Remember Clifford


Aux éditions FOLIES D’ENCRE

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Le samedi 2 Avril 2012

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Marc VILLARD




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Il parait que la musique adoucit les mœurs. Il paraît ! Encore un aphorisme qui ne traduit pas toujours la réalité – rappelons-nous les combattants qui montaient à l’assaut au son de la musique militaire – et en lisant, ou relisant, les huit nouvelles qui composent ce recueil, on pourrait en douter.

Le jazz, musique de liberté (de libération même puisque les armées américaines composées de treize pour cent de Noirs arrivent en Europe au cours de l’année 1917 et le vieux continent découvre alors le blues et le jazz), de révolte, de joie de vivre, de mutation perpétuelle, d’improvisation, a longtemps été considéré comme une musique chaotique, sans code défini (contrairement à la musique dite classique à laquelle les interprètes doivent se conformer à la rigueur de la partition). Du moins c’est ce que j’entendais dans ma jeunesse. Musique chaotique ? Ce sont plutôt les musiciens qui souvent ont eu une vie désordonnée, dissolue, insouciante et cela se traduisait dans leur vie professionnelle et privée par des périodes de succès suivies de déchéances morales et physiques. Les exemples sont nombreux et nous aurons peut-être l’occasion d’y revenir.

Dans La Grenouille, Marc Villard met en scène Ben Webster alors que le célèbre saxophoniste ténor, dont le chef est toujours couvert d’un bitos rond, traîne son ennui dans Amsterdam. Il doit enregistrer quelques jours plus tard à Stockholm avec Teddy Wilson et en attendant l’arrivée du pianiste, il filme de sa chambre d’hôtel les soubresauts de la rue. Il place la caméra sur un trépied puis il sort, déambulant au gré de sa fantaisie. Lorsqu’il rentre il n’a plus qu’à récupérer la pellicule, la faire développer puis la visionner sur un drap blanc tendu sur le mur. C’est ainsi qu’un soir il assiste par images interposées à un meurtre.

Quittons les canaux d’Amsterdam pour rejoindre la baie de Naples, en septembre 1960, et faire la connaissance d’un auteur qui connait un succès mérité depuis deux ans à la Série Noire avec La Reine des pommes : Chester Himes. Il est à l’hôtel avec sa copine Lesley et un soir ils se rendent dans une boite de jazz, le Blue Note, nom pas vraiment original mais qui propose de la bonne musique. Succédant à un trio un quatuor s’installe et lorsque le saxophoniste commence à jouer sous les projecteurs, Himes et sa compagne restent bouche bée. Non pas tant à cause de la virtuosité du musicien mais parce qu’il est la réplique parfaite d’un personnage du romancier : Ed Cercueil. La suite est déclinée dans Le Roi des poireaux.

Remontons sur Paris, dans le XVIIIème arrondissement, et suivons à la trace Bud, comme Bud Spencer ou Bud Powell, dans Une petite nuit. Il boit trop mais cela ne l’empêche pas de se rendre le soir au Club Pannonica. Il aime écouter Mario Salomon, un Martiniquais qui joue ses compositions et celles de Sonny Rollins, et son quartet composé de Suédois et Luxembourgeois. Mais il y a des soirs où tout va mal, comme lorsque les policiers s’invitent, non pour écouter du jazz mais à recherche de stupéfiants. Sûr que quelqu’un les a dénoncés.

Avec Piano forte, redescendons vers le Sud, à Barcelone et attachons-nous à regarder José Felix, photographe amateur de jazz, en train d’immortaliser sur pellicule le pianiste Luis Mendoza et ses complices de scène. Alors qu’il visionne ensuite ses clichés en train de sécher afin de déterminer ceux qui seront susceptibles d’être agrandis, Marcia, sa compagne, pense reconnaitre sur l’un d’eux Le Général. Le Général qui traîne derrière lui une réputation sulfureuse. Oui, mais normalement le général est décédé cinq ans auparavant.

Continuons notre balade qui, dans Diamants sous macchabées, nous emmène du Congo à Paris, en compagnie d’Antoine Sako. Il doit transporter dans son estomac quelques petits berlingots de plastique contenant des diamants. Mais Sako n’est pas un trafiquant ordinaire, il rumine sa vengeance.

Traversons maintenant l’Atlantique pour nous rendre à New-York. Roy Evans joue de la trompette au Five Spot, mais ceux qui le cherchent ne sont pas des musiciens. Ils réclament l’argent qu’il doit à Monsieur Hampton. Une dette de dealer qu’il n’arrive pas à rembourser. La baronne Nica, mise au courant par son ami Monk, règle ce qu’il doit, mais que voulez-vous Ça change tout le temps !

D’un saut de puce transportons-nous jusqu’à San Diego, aux portes de la frontière mexicaine, non loin de Tijuana. Javier, trompettiste, est gentiment prié de gagner la frontière et pour cela il bénéficie d’un billet gratuit pour le no man’s land. Un voyage effectué dans un car de police en compagnie d’autres expulsés sans papiers. Javier n’aura de cesse de retourner aux Etats-Unis, quitte à passer par le désert de l’Arizona, la Tierra de Nadie.

Terminons notre voyage à Naples, sur les brisées d’un chanteur de jazz. Renato Adami possède une belle voix veloutée, un peu à la Dean Martin, et il est content de son sort. Jusqu’au jour où un homme le contacte. Son patron aimerait embaucher Renato pour que celui-ci chante à la communion de sa fille. Des chansons d’honneurs, en italien. Mais Renato ne chante qu’en américain, et il se refuse à interpréter des airs camorristes devant des gros bonnets de la Mafia. Que voulez-vous, il est comme ça Le Chanteur de jazz, sans concession. Quoi que…

Voilà, notre balade dans le monde du jazz est terminée et Marc Villard s’est montré, comme à son habitude, un guide très au courant des accidents de parcours, très convaincant, n’ayant pas besoin d’avoir recours à des dépliants touristiques, avec des frissons dans la plume qu’il transmet sans emphase aux lecteurs. Ses nouvelles sont nettes, concises, percutantes, sans fioritures, simples, directes, réservant toutefois quelques bonnes surprises, comme le faisaient les airs de jazz au temps des vinyles.

Ces nouvelles ont connu une prépublication dans le magazine Jazzman, avant sa fusion avec Jazz Magazine, de 2007 à 2009. Par exemple Une petite nuit figurait dans le numéro 139 d’octobre 2007 ; Piano Forte dans le numéro 140 ; Diamant sous Macchabées, qui à l’origine s’intitulait Diamant sur macchabée, dans le numéro 141 de décembre ; Ça change tout le temps dans le 142 de janvier 2008 ; Le chanteur de Jazz dans le 143 de février 2008… D’autres nouvelles parurent ainsi jusqu’en 2009 avec des dessins de François Avril et je suppose, du moins j’espère que Folies d’encre nous les proposera accompagnées des dessins originaux.

 

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