M. Malbrough Est Mort VERY36

PIERRE VERY

M. Malbrough Est Mort


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Pierre VERY




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE
Si L’assassinat du Père Noël, Goupi Mains Rouges ou encore Les Disparus de Saint-Agil demeurent les romans phares de Pierre Véry, peut-être grâce aux adaptations cinématographiques dont ils furent l’objet, il ne faut pas oublier d’autres romans tout aussi charmants et empreints de mystères comme celui proposé aujourd’hui.

Enfant trouvé, situation familiale à laquelle il ne trouve que des avantages, créateur de cartes postales artistiques, mais ne roulant pas sur l’or, Simon Laurent vient d’hériter d’un ami décédé une maisonnette en. Sologne. Aussi il se rend sur place afin d’en négocier la vente. Il est amoureux d’une jeune femme qui ne professe envers lui que de l’amitié. Lorsqu’il chemine, comme ce jour-là, dans les sous-bois solognots, il converse avec celle qu’il a surnommé La Dame de Cœur, et elle n’hésite pas à lui donner des conseils ou à lui faire des remontrances. Tout ça se passe dans sa tête, mais il le vit intensément. Un homme en bicyclette le dépasse et au détour d’un chemin perd le colis qu’il transportait sur son porte-bagages. Le paquet a atterri non loin du Vieux Logis, une grande maison bourgeoise surnommée Le Château par les gens du cru. N’écoutant que son intégrité naturelle, Simon suit les traces de pneu et remet aux habitants ce paquet, non sans en avoir auparavant inspecté le contenu. Il s’agit de vêtements affriolants et de bijoux passablement défraîchis. Tout le monde est interloqué par cet envoi, dont la provenance est anonyme et dont personne ne revendique en être le destinataire. Cette famille gérée par la grand-mère, madame de La Sauve, est composée de la fille Geneviève, célibataire et triste qui ne chante plus malgré des cordes vocales bien réglées depuis une déconvenue, de Jérôme, dont la femme est décédée ou supposée telle, de son fils Gil auquel il sert de précepteur, du cousin Bernard, un homme irascible et peu sympathique aux yeux de Simon, et qui se montrera adepte de la luxure, et enfin Désiré, un benêt d’une vingtaine d’années. Simon met une sourdine sur ces activités réelles dont il a un peu honte et se présente comme un homme d’affaires, chargé d’effectuer des transactions pour diverses personnes, et ayant suivi quelques temps des cours de médecine. Spécialité maladies nerveuses, ça n’engage à rien et grâce à la lecture de quelques ouvrages de psychologie, tout un chacun peut se montrer plus ou moins compétent dans ce domaine. Et voilà, ça n’engage à rien sauf que justement madame de La Sauve lui propose une place, celle de s’occuper de Désiré qui ressent une vive et soudaine sympathie à l’encontre de Simon. Simon accepte après avoir tergiversé, mais après tout il n’a rien à perdre et une rentrée d’argent régulière ne peut faire de mal à son portefeuille. De plus il est intrigué par cette famille au comportement parfois bizarre et il ne veut pas contrarier Désiré dont il sent qu’un refus pourrait lui être préjudiciable. Mais Simon n’est pas au bout de ses surprises et je ne parlerai pas du jardinier débonnaire, de sa femme pète-sec ou encore de la jeune bonne, Maclovie, dont la cuisse est plus légère qu’un duvet d’oisillon. Ce n’est qu’une image.

Roman à l’atmosphère mystérieuse, où l’étrange se le dispute au rationnel, M. Malbrough est mort est une œuvre peut-être pas majeure mais représentative de l’univers de Pierre Véry. Souvent onirique, poétique, humoristique, ludique, empruntant des chemins de traverse, l’histoire se révèle énigmatique à souhait pour le lecteur qui recherche le moyen de s’évader à moindre coût. La première édition date de 1937 et pourtant certaines réflexions émises par l’auteur, via ses personnages, sont toujours d’actualité. Ainsi :

-        Les affaires…

-        Très, très dures !... Les gens n’ont guère envie d’acheter, et moins encore de prêter ! L’argent se cache.

-        A l’étranger de préférence ! lança Odet, d’un ton agressif. Avouez qu’il n’a pas tort !...

-        Avec ce gouvernement…

Et dans un autre registre : Pourquoi lui interdisait-on de fumer ? C’était ridicule ! (Mais ça seuls les fumeurs apprécieront cette boutade).
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PAUL MAUGENDRE
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N°2038. Dernière parution 13 janvier 2010. N° 2038. 192 pages. 6,10€.

Hommage à Pierre Véry né le 17 novembre 1900.

Si L’assassinat du Père Noël, Goupi Mains Rouges ou encore Les Disparus de Saint-Agil demeurent les romans phares de Pierre Véry, peut-être grâce aux adaptations cinématographiques dont ils furent l’objet, il ne faut pas oublier d’autres romans tout aussi charmants et empreints de mystères comme celui proposé aujourd’hui.

Enfant trouvé, situation familiale à laquelle il ne trouve que des avantages, créateur de cartes postales artistiques, mais ne roulant pas sur l’or, Simon Laurent vient d’hériter d’un ami décédé une maisonnette en Sologne. Aussi il se rend sur place afin d’en négocier la vente.

Il est amoureux d’une jeune femme qui ne professe envers lui que de l’amitié. Lorsqu’il chemine, comme ce jour-là, dans les sous-bois solognots, il converse avec celle qu’il a surnommé La Dame de Cœur, et elle n’hésite pas à lui donner des conseils ou à lui faire des remontrances. Tout ça se passe dans sa tête, mais il le vit intensément. Un homme en bicyclette le dépasse et au détour d’un chemin perd le colis qu’il transportait sur son porte-bagages. Le paquet a atterri non loin du Vieux Logis, une grande maison bourgeoise surnommée Le Château par les gens du cru. N’écoutant que son intégrité naturelle, Simon suit les traces de pneu et remet aux habitants ce paquet, non sans en avoir auparavant inspecté le contenu.

Il s’agit de vêtements affriolants et de bijoux passablement défraîchis. Tout le monde est interloqué par cet envoi, dont la provenance est anonyme et dont personne ne revendique en être le destinataire. Cette famille gérée par la grand-mère, madame de La Sauve, est composée de la fille Geneviève, célibataire et triste qui ne chante plus malgré des cordes vocales bien réglées depuis une déconvenue, de Jérôme, dont la femme est décédée ou supposée telle, de son fils Gil auquel il sert de précepteur, du cousin Bernard, un homme irascible et peu sympathique aux yeux de Simon, et qui se montrera adepte de la luxure, et enfin Désiré, un benêt d’une vingtaine d’années.

Simon met une sourdine sur ces activités réelles dont il a un peu honte et se présente comme un homme d’affaires, chargé d’effectuer des transactions pour diverses personnes, et ayant suivi quelques temps des cours de médecine. Spécialité maladies nerveuses, ça n’engage à rien et grâce à la lecture de quelques ouvrages de psychologie, tout un chacun peut se montrer plus ou moins compétent dans ce domaine. Et voilà, ça n’engage à rien sauf que justement madame de La Sauve lui propose une place, celle de s’occuper de Désiré qui ressent une vive et soudaine sympathie à l’encontre de Simon. Simon accepte après avoir tergiversé, mais après tout il n’a rien à perdre et une rentrée d’argent régulière ne peut faire de mal à son portefeuille. De plus il est intrigué par cette famille au comportement parfois bizarre et il ne veut pas contrarier Désiré dont il sent qu’un refus pourrait lui être préjudiciable. Mais Simon n’est pas au bout de ses surprises et je ne parlerai pas du jardinier débonnaire, de sa femme pète-sec ou encore de la jeune bonne, Maclovie, dont la cuisse est plus légère qu’un duvet d’oisillon. Ce n’est qu’une image.

Roman à l’atmosphère mystérieuse, où l’étrange se le dispute au rationnel, M. Malbrough est mort est une œuvre peut-être pas majeure mais représentative de l’univers de Pierre Véry. Souvent onirique, poétique, humoristique, ludique, empruntant des chemins de traverse, l’histoire se révèle énigmatique à souhait pour le lecteur qui recherche le moyen de s’évader à moindre coût. La première édition date de 1937 et pourtant certaines réflexions émises par l’auteur, via ses personnages, sont toujours d’actualité. Ainsi :

  • Les affaires…

  • Très, très dures !... Les gens n’ont guère envie d’acheter, et moins encore de prêter ! L’argent se cache.

  • A l’étranger de préférence ! lança Odet, d’un ton agressif. Avouez qu’il n’a pas tort !...

  • Avec ce gouvernement…

Et dans un autre registre : Pourquoi lui interdisait-on de fumer ? C’était ridicule ! (Mais ça seuls les fumeurs apprécieront cette boutade).

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