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JOAO TORDO

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Le mercredi 11 Mai 2012

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João TORDO




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

C’est le récit d’un écrivain portugais âgé de trente ans, sans grand avenir. L’échec le rend hypocondriaque. Imitant le Dr House, il s’est acheté une canne de luxe. Il affiche sans vraie raison une claudication, attirant les regards. Puisque c’est payé, il accepte de participer à un colloque à Budapest. Belle ville, mais réunion inutile d’écrivains mineurs. Toutefois, il sympathise avec le jeune auteur italien Vincenzo Gentile, sa compagne Olivia, et leur amie anglaise Nina. Celle-ci est l’agent et la fiancée de John McGill, écrivain prometteur ayant connu un premier succès. Par son père, Vincenzo connaît le respecté producteur de cinéma Don Metzger. Connu pour soutenir avec réussite des projets incertains, cet homme puissant se montre fort peu. Il possède une propriété en Italie, où se rassemble chaque été quelques-uns de ses amis. Vincenzo y entraîne le Portugais, Olivia et Nina.

Entre forêt et mer, on n’arrive pas facilement jusqu’au domaine de Don Metzger à Sabaudia. Le quatuor est accueilli par un improbable cinéaste australien figurant parmi les invités. Attendu lui aussi, John McGill a du retard. Et Don Metzger n’est pas encore à Sabaudia, non plus. Ils rencontrent le personnage le plus insolite de l’entourage du producteur, un Catalan nommé Bosco. Celui-ci est concepteur de ballons à air chaud, des montgolfières qu’il fait s’envoler vides pour le plaisir de Don Metzger. Parmi les invités, il y a une véritable star de cinéma, Elsa Gorski. Elle fut naguère découverte par le producteur alors qu’elle survivait à Salinas, en Californie. Les autres personnes présentes cet été chez Metzger sont des artistes plus négligeables. Plutôt qu’avec ces parasites, Le Portugais se sent mieux à la cuisine avec Bosco, le vieux régisseur Alipio et son épouse cuisinière Susanna.

Cette nuit-là, alors que le Portugais était plongé dans un sommeil comateux, Don Metzger déboula chez lui de manière fracassante. C’est John McGill, arrivé à son tour, qui découvrit sur le lac attenant le corps du producteur. Bosco organise des funérailles originales pour Metzger. Pour le concepteur de ballons, pas question d’avertir la police. Les onze personnes présentes étant suspectes, il exige les aveux du coupable. “Quand la justice est rendue, les morts continuent à vivre, insista Bosco. La justice les délivre de la mort. Elle leur apporte la paix. Don Metzger sera en paix et nous aussi, nous serons en paix avec lui.” Des tensions naissent vite chez les invités. Cherchant à fuir les lieux, John McGill sera la deuxième victime, sans doute pas la dernière. Le groupe prend conscience qu’il est prisonnier de cet endroit. Le Portugais essaie de négocier avec Bosco, mais l’été s’annonce telle une pénible attente…

Qu’est-ce qui est donc si fascinant dans cette histoire ? Son suspense, alors qu’il ne s’agit pas d’un pur polar ? Son ambiance, à la fois lente et pourtant riche en fortes péripéties ? Ses personnages, oui, certainement. Le narrateur, d’abord, qui renie quasiment son état d’écrivain, jouant d’un handicap imaginaire, à la fois impliqué et distant face aux évènements. Bosco, bien sûr, sorte d’ogre fidèle à la mémoire du défunt, intransigeant dans sa logique de Justice. Nina la volontaire et Olivia la transparente, l’ambitieux et complexe Vincenzo, ainsi que tous les autres sont admirablement dessinés. Sans doute le dialogue suivant éclaire-t-il un peu le destin qui les réunit : “Mais Bosco, même un écrivain, ce que je ne suis pas, n’est le dieu que de ses personnages. Son seul pouvoir est de décider de leur destin et encore, même ses personnages lui filent parfois entre les doigts. Comment puis-je décider du destin de ces personnes ? Qui m’en donne le droit ? — Moi, je te le donne, dit Bosco. Parce que je suis Dieu dans ta petite histoire.” Il existe ici une part de dramaturgie théâtrale, façon huis clos avec son climat oppressant. Sans négliger l’évolution mouvementée de l’intrigue, des hypothèses sur les suspects et les faits, et un final spectaculaire. Un roman déstabilisant et enthousiasmant, de très belle qualité.

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