Le Festin D’alice THIBERT62

COLIN THIBERT

Le Festin D’alice


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Le mercredi 1 Octobre 2009

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Colin THIBERT




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Au début des années 1960, Pierre Perret chantait “ Au Tord-boyau ”, une chanson qui décrivait une gargote et son patron tous deux cradingues, avec humour et drôlerie argotique. Au Tord-Boyaux, Le patron s'appelle Bruno, Il a d'la graisse plein les tifs, De gros points noirs sur le pif… Or ce tord-boyau devient la cantine obligée de toutes les personnes branchées : “ Cet endroit est tellement sympathique, Qu'y a déjà l'tout Paris qui rapplique, Un p'tit peu déçu d'pas être invité, Ni filmé par les actualités ”. Des voisins s’étant plaints de l’odeur nauséabonde qui stagnait dans l’escalier, des policiers investissent un “ appartement ravioli ” avec à leur tête le commissaire Argouge accompagné par Alice Delain, une inspectrice de DGCCRF, autrement dit la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes et de Jean-Luc, un interprète. Un appartement ravioli, dans le jargon des flics, c’est un appartement aménagé en cuisine dans lequel un traiteur asiatique élabore des plats exotiques dans des conditions d’hygiène et de travail déplorables, une officine non déclarée bien évidemment. Le quatre étoiles de la crasse, graisse suintante et cafards grouillants à l’appui. A la tête de ce boui-boui règne une vieille Chinoise ce qui explique la présence de l’interprète qui possède plusieurs dialectes à ses cordes vocales. Les congélateurs regorgent d’aliments bizarres et pas très frais. La gérante veut interdire l’accès de sa chambre aux policiers et lorsque ceux-ci trouvent anormal qu’un congélateur tout neuf trône dans la pièce, celle-ci est atteinte d’un malaise qui les oblige à une évacuation vers l’hôpital le plus proche. Alice Delain prélève quelques bricoles dans ce congélateur, des aliments sous sachets qui semblent plus appétissants que les autres préparations, ainsi qu’un carnet noir. Dans son laboratoire, un nem plus gros que les autres attire son attention et bingo, c’est le gros lot. Ce nem recouvre une cinquantaine de Napoléons, tandis qu’un autre sachet recèle quelques milliers de dollars. Une aubaine pour Alice dont les moyens financiers sont assez restreints. Jean-Luc, lui, alors qu’il s’introduit en catimini dans l’appartement se trouve nez à nez avec une jeune femme boutonneuse, employée temporaire de la vieille Chinoise mais qui semble lui vouer une haine féroce. Michaud, l’adjoint d’Alice, désirant aider celle-ci absente, décortique quelques sachets, et l’analyse des ingrédients démontre que des éclats d’os humains sont présents dans ces petits pâtés. Nouvelle aubaine pour Alice et Jean-Luc, attiré par les charmes indéniables de la jeune femme, qui montent leur petite entreprise de chantage. Mais cela n’est pas du goût de L’Hiver, alias monsieur Zheng, un malfrat particulièrement sadique, à la tête d’une mafia sino-parisienne doublé d’un responsable de la restauration chinoise spécialisé dans les plats surgelés, le côté officiel du négoce, et de revente annexes non avouables. Les meurtres vont s’enchaîner au détriment parfois de pauvres innocents.

Le lecteur ne restera pas sur sa faim une fois ce roman terminé. Un ouvrage particulièrement roboratif, dont l’humour noir suinte à chaque page, mais qui ne se veut pas une enquête dans les milieux gastronomiques. Juste une mise en scène quoique les exemples de restaurants, dont les cuisines dans un état de saleté repoussante feraient fuir les clients si d’aventure le chef cuistot les invitaient à une visite guidée, ne manquent pas. L’envers du décor n’est pas toujours reluisant. C’est aussi une façon de dénoncer ces services de préparation de repas à domicile parallèles qui sortent du marché pour des raisons complexes, et de l’emploi de travailleurs sans papiers. Mais ça on le sait depuis que des boutiques de restauration rapide ont été épinglées justement pour utiliser des travailleurs sans-papiers, sans le savoir paraît-il. Un roman très cinématographique écrit par un spécialiste de l’audiovisuel, puisque Colin Thibert est aussi bien écrivain que scénariste. Il manie les effets visuels avec une grosse dose de burlesque, les dialogues sont incisifs, sarcastiques, et le tout enveloppé d’une couche de causticité. Alimentaire, mon cher Watson.

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