Le Cauchemar De Spinoza TEISSIER99

JACQUES TEISSIER

Le Cauchemar De Spinoza


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Le mardi 25 Janvier 2012

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Jacques TEISSIER




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Avant de vous présenter ce roman plaisant, j’aimerai vous donner deux conseils. En premier, surtout ne vous fiez pas au titre qui à première vue pourrait vous rebuter, car vous ne vous plongerez pas dans un roman philosophique ennuyeux. Ensuite, ne vous fiez pas non plus à la quatrième de couverture qui est non pas trompeuse mais réductrice. Ces précisions énoncées, passons plutôt au contenu.

A peine l’idée de se présenter aux élections législatives s’était-elle formée dans son esprit qu’elle était devenue caduque. Louis Gallach, riche entrepreneur et fondateur de la Gallach Bâtiments et Travaux Publics de la région languedocienne, trésorier du parti politique l’UNM, est retrouvé mort en robe de chambre dans son appartement-bureau de Montpellier. Il aurait été étranglé, mais auparavant il aurait vomi. Constatations émises par Charonne, de la police scientifique, mais que les policiers présents sur place lors de la découverte du corps ont pu observer de visu. La présomption de meurtre retenue, il faut que les policiers se mettent à la recherche du ou de la coupable, ils sont payés pour cela et de plus cela leur changera les idées. En effet Daniel Kellerman, surnommé Spinoza par ses collègues parce qu’il fut dans une vie antérieure professeur de philosophie spécialiste du penseur batave en région parisienne, et Agnès Deutch, appelée Diva à cause non de sa voix mais de sa prestance, possèdent tous les deux un lourd passé qu’ils doivent gérer bon an mal an.

Spinoza, appelons-le ainsi, un peu de culture ne peut faire de mal surtout lorsqu’elle est biologique, Spinoza donc a été élevé par sa grand-mère Elise, ses parents ayant disparu alors qu’il n’avait que trois ou quatre ans. Il était devenu prof de philo à Reims et était tombé amoureux d’une de ses élèves pas encore majeure. Comme c’était réciproque ils vivaient ensemble malgré les objurgations du père de la gamine qui allait fêter ses dix-huit ans dans quelques mois. Alors ils ont décidé de s’installer en région parisienne mais la cohabitation commençait à peser sur Spinoza qui désirait vivre seul. La jeune fille mortifiée et profondément attachée à son amant s’était jetée du haut de huit étages, mettant fin prématurément à sa vie. Spinoza avait alors démissionné puis s’était engagé dans la police et muté dans la cité languedocienne. Il est en proie à d’horribles cauchemars récurrents qui le perturbent profondément.

Diva a connu elle aussi des vicissitudes qui l’ont marqué physiquement et moralement. Un soir elle a été violée et tabassée par trois petits délinquants. Les fautifs ont été rapidement confondus mais Diva ne pouvait plus exercer son métier dans la ville où a eu lieu le forfait et a été mutée à Montpellier. Ces deux fêlures rapprochent les jeunes gens qui se lient d’amitié.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre bélier ou faune, Gallach, puisque celui-ci collectionnait les conquêtes féminines pas forcément consenties librement. Les premières personnes que Spinoza et Diva rencontrent sont la seconde épouse du défunt et ses enfants, issus du premier mariage, qui vivent dans une banlieue résidentielle de Montpellier. Gallach avait en projet la construction d’une immense résidence pour personnes fortunées or un couple de propriétaire avait décidé de ne pas vendre leur terrain sur lequel ils élevaient des chèvres et qui forme une enclave. Les animaux ont été massacrés puis une tentative d’incendie a failli réduire leur maison en cendres. Ce pourrait être une piste, mais ce n’est pas la seule. En effet il semblerait qu’entre Serge et la seconde épouse de Gallach s’est forgée une intimité qui dépasse les relations beau-fils belle-mère. Quant aux deux filles, au caractère fondamentalement opposé, elles ne regrettent pas vraiment leur géniteur.

Une jeune journaliste aux dents longues propose à Spinoza de livrer des infos, un deal comme elle dit au grand dam de Spinoza qui réagit en puriste et préfère parler de marché ou d’accord. Ce point de vocabulaire mis au point, Yamina révèle que Gallach se rendait fréquemment dans un club fermé lieu de rendez-vous du gratin de la société qui s’encanaille en achetant les faveurs de jeunes filles. Or l’une d’elle aurait eu une liaison avec Gallach, liaison qui se serait mal terminée. De plus Arielle, l’une des filles de Gallach aurait provoqué un esclandre dans un lieu public. Qu’ajouter à cela ? Que des maris jaloux auraient pu vouloir se venger des infidélités forcées de leurs femmes, surtout celles qui travaillaient pour Gallach et couchaient avec lui pour ne pas être mises à la porte.

Mais Spinoza n’a pas que cette enquête sur les bras car son passé ressurgit, sous la forme de cadavres. Comme dans ses cauchemars.

Jacques Tessier, tout comme le faisait Ed McBain dans sa saga des policiers du 87ème, développe deux histoires, deux intrigues en parallèle, l’une qui est dévolue au travail des policiers dans le cadre d’un meurtre, l’autre qui touche plus personnellement l’un de ces policiers. Les deux récits sont imbriqués mais ne se phagocytent pas, ils se déroulent dans un habile dosage entre les deux péripéties professionnelles et personnelles. Les relations entre Spinoza et Diva sont intéressantes à étudier, pas faciles à vivre, mais il se trouve que leur entourage n’est ni indifférent, ni brutal, ni inhumain surtout la hiérarchie qui sans s’immiscer fait preuve d’urbanité.

La narration, qui alterne la première personne du singulier, le Je lorsque Daniel Kellerman s’exprime et apporte une connivence avec le lecteur, et le Il lorsqu’il n’est pas directement concerné ou apparait plus ou moins dans le déroulement des enquêtes offrant une vision d’ensemble, est fort bien venue. Le lecteur peut ainsi rebondir et ne pas s’enfermer dans un ronron d’une narration linéaire. Peut-être fais-je partie des rétrogrades, des vieux qu’ont… de l’âge, mais je suis légèrement choqué par cette particularité dans les dialogues qui veut que les jeunes tutoient les représentants des forces de l’ordre, ou que des personnes qui ne se connaissaient ni des dents ni des lèvres, comme disait San Antonio, cinq minutes auparavant adoptent eux aussi cette pratique langagière. Mais ce n’est qu’un détail qui ne retire en rien la valeur de l’histoire.

Paul Maugendre

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