La Mémoire Du Bourreau TABACHNIK18

MAUD TABACHNIK

La Mémoire Du Bourreau


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Le mardi 16 Mars 2005

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Maud TABACHNIK




Une lecture de
ERIC GROSS

ERIC GROSS
En 1934, Anton Strübell est un jeune Allemand de 16 ans et, pour la première fois, il assiste à l’une des réunions des Sections d’Assaut qui a lieu à Augsbourg, la ville où il a grandi. Bientôt il pose sa candidature pour intégrer les SS et, lorsque celle-ci est retenue, il quitte Augsbourg pour un camp d’entraînement près de Munich. Il grimpe très rapidement les échelons et il est chargé de la chasse aux Juifs et aux homosexuels ainsi que du recensement des Juifs dans les universités ou aux postes gouvernementaux. Puis, en 1939, il est envoyé à Berlin dans les services du docteur Heyde, qui venait d’être chargé de l’élimination des enfants présentant des malformations ou des déficiences mentales. En 1940, il est envoyé à Paris à la tête d’un détachement particulier du service de sécurité et renseignements (Sicherheitsdienst ou SD) et sa mission consiste à rechercher et arrêter les adversaires idéologiques du nazisme, mais aussi à réquisitionner les collections d’art pour les envoyer à Berlin. Mais le parcours d’Anton Strübell n’est pas encore fini puis qu’en 1943 il est l’un des acteurs principaux du camp d’extermination de Belzec en Pologne…
De nombreuses années ont passé. Nous sommes en l’an 2000. A présent Anton Strübell a 81 ans et fait le récit de cette période de sa vie. Son fils Gerhardt enregistre ses paroles à l’aide d’un magnétophone en vue de publier les entretiens dans un livre qui devrait intéresser beaucoup de monde. Aussi, toujours convaincu qu’Adolf Hitler était un visionnaire, Anton Strübell raconte comment il a adhéré à la doctrine du national-socialisme et comment il a progressivement participé aux pires atrocités. Même avec le recul, il n’éprouve aucun remord : il est fier d’avoir été un SS dévoué, d’avoir consacré sa vie à un idéal et d’avoir mis en pratique les ordres du führer. Bien au contraire, il minimise les exactions commises et pense que l’Histoire est en train d’être falsifiée par ses contemporains. De plus, il Anton Strübell n’arrive pas à comprendre pourquoi son fils condamne tout ce en quoi il a cru.
Anton Strübel finit par être un vieillard grabataire, paralysé et muet. C’est alors que son fils, choqué par tant d’insensibilité, va lui faire subir un vrai enfer.


Une autre lecture du

La Mémoire Du Bourreau

de
SOPHIE COLPAERT

SOPHIE COLPAERT
Parce qu'il est des plaies qui ne peuvent se refermer tant que sommeille la bête immonde...
La mémoire du bourreau se présente sous la forme d'une rencontre entre un père, ancien dignitaire nazi, et son fils. Le père a fui l'Allemagne après la débâcle et vit aujourd'hui en Syrie, protégé du gouvernement. Le père reçoit son fils dans sa belle demeure, servi des domestiques locaux pour qui il n'a que mépris en vertu des principes sur les races qui ont fait sa jeunesse et toute sa vie, principes qu'il a appliqués sans sourciller au nom de son idéal et, si c'était à refaire, il le referait.
Le fils est venu faire parler son père sous prétexte d'un livre diffusé sur internet, un livre où le père, au nom de tous ceux qui partageaient le même idéal que lui, expliquerait ce qu'était le national-socialisme, ce qu'était la vie des Allemands avant l'arrivée d'Hitler au pouvoir et comment ils servaient pour la grandeur de leur pays.
Le fils est d'abord acquis aux idées du national-socialisme, idées transmises par son père, mais à mesure que les entretiens avancent et que le père raconte, sans aucune émotion, le sort que réservait le régime nazi à ceux qu'il jugeait indésirables, le fossé se creuse. Le fils prend conscience de ces horreurs, qu'il connaissait bien sûr, mais qu'il approche de tout près, par les mains souillées de son père, ce père qui ne comprend pas son attitude, qui ne comprend pas l'éducation qu'il a donné à ses enfants, qui ne comprend pas le fardeau de honte qu'il représente, pour son pays, pour sa famille. Haut dignitaire du régime, appliquant scrupuleusement les ordres sans jamais réfléchir à leur monstruosité, le nazi se révèle aussi un odieux profiteur, qui vivait dans le luxe et la compagnie tandis qu'en Allemagne, sa femme et son fils, au courant de son train de vie, se battaient contre la misère. L'homme n'a jamais levé le petit doigt pour les siens et leur comptait sous à sous quand il gardait derrière lui, amassé dans des coffres d'une banque suisse "sympathisante", quantité de d'objets d'art de grande valeur, objets volés aux juifs au nom du Reich mais aussi volés à son cher régime qu'il était censé servir. L'homme en devient deux fois odieux.
Victime d'une attaque, il tombe sous tutelle de son fils qui le ramène en Allemagne et le place dans une maison de retraite municipale. Arrivé là comme un légume, il rencontre un médecin attentif à le soigner. Le nazi remarche puis reparle. Le médecin est un juif rescapé des camps qui a reconnu en l'homme son tortionnaire. Il a ramené à la vie celui qui avait voulu l'éliminer au nom d'un idéal racial. Le face à face entre les deux sera fatal. Le médecin se suicide le lendemain tandis que le nazi prend conscience des paroles de sa victime: "Vous ne comptez plus. Vous êtes mort il y a longtemps. Tué pas vos victimes. Les bourreaux ne le savent pas. Mais à chaque fois qu'ils tuent, ils meurent eux-mêmes". C'est un homme mort de l'intérieur que retrouve son fils dans la maison de retraite, un homme qui abandonne son désir de vengeance envers les siens qui disposent maintenant de l'argent que le vieux nazi gardait accumulé, un homme qui abandonne jusqu'à son idéal et ne cherche même plus à se justifier. Il a eu devant les yeux, en la personne du docteur Klein, l'exemple des souffrances qu'il infligeait, de loin, à des groupes anonymes, sans se salir l'âme.

Plus qu'un polar, La mémoire du bourreau est d'abord un livre d'histoire qui plonge au coeur d'une de ces noires racines que l'on en finit pas d'arracher mais qui repoussent toujours, peut- être la plus coriace d’entre toutes. Avec ce personnage de bourreau qui raconte, vu de l'intérieur, la montée du nazisme, la confiance aveugle des hommes, leur adhésion irréfléchie à des principes qui leur faisaient prendre en grippe le voisin avec qui jusque là, tout se passait bien, le livre acquiert une valeur pédagogique que n'aura jamais un livre d'histoire. Il est à proposer à tous les yeux qui découvrent cette période de l'histoire, à tous ceux qui veulent comprendre comment c'était. Derrière les faits bruts, c'est une formidable page de rappel, un avertissement de vigilance. Du tout grand Maud Tabachnik.

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