Kind Of Black SUTRA253

SAMUEL SUTRA

Kind Of Black


Aux éditions TERRICIAE

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Le lundi 6 Aout 2013

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Samuel SUTRA




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Abandonnant (provisoirement ?) Tonton et ses sbires, les Marx Brothers de la littérature, les Charlots du roman policier, Samuel Sutra nous invite à plonger dans un univers qu’il connait bien : le jazz. Et comme il professe une même passion envers la musique que l’écriture, comme il y barbote avec un plaisir non coupable, nous suivons son nouvel opus avec un intérêt non dissimulé. Car Kind of Black, dont le titre est un clin d’œil à Miles Davis et son Kind of Blue, personnifie le genre de roman dont on attend avec impatience le mot FIN et dont on aimerait, paradoxalement, qu’il dure le plus longtemps possible.

Pour Stan Meursault, pianiste de jazz émérite et reconnu, c’est un grand jour. Ou plutôt ce sera une grande nuit. Sarah Davis va se produire pour un concert unique au Night Tavern, le renommé club de jazz où il joue chaque soir. Sarah Davis, c’est l’étoile accrochée au firmament du jazz, la nouvelle Billie Holiday, qui était partie aux USA pour faire carrière et qui n’était pas revenue depuis. Et cette fin de journée va se dérouler en toute tranquillité car un de ses élèves a fait défection. Car on peut être un musicien de jazz virtuose et donner des cours pour assurer sa subsistance et payer son loyer.

Au Night Tavern, Stan retrouve avec appréhension Sarah, qui n’a pas changé, peut-être embellie même. Elle est accompagnée de Baker son agent, et sous entendu son compagnon. Et tandis que Baker règle les derniers détails au bar, c’est le problème avec les imprésarios il y a toujours un tas de papiers à signer même pour un concert donné pour la gloire. Stan a obtenu le privilège de pouvoir enregistrer, grâce à un magnétophone astucieusement dissimulé, ce concert à des fins d’exploitation. Stan retrouve Sarah dans sa loge et ils ont beaucoup de choses à se dire, mais il y a comme un blocage. Que se raconter qu’on ne sait déjà après dix ans de séparation ?

Il s’installe sur scène avec comme accompagnateur un contrebassiste et un batteur, deux jeunes pétris de talent et la soirée risque d’être mémorable. Et elle l’est effectivement, mais pas dans le sens où les spectateurs l’entendent.

Stan entame de ses doigts déliés et papillonnant sur le clavier le morceau destiné à introduire (musicalement et sur scène) Sarah, mais point d’apparition. Alors il effectue son annonce au micro, mais toujours point de Sarah. Sarah qui ne risque plus de quitter sa loge, un poignard l’a envoyé au pays déjà encombré des jazzwomen.

Jacques est en vacances, en récupération, mais son patron ayant besoin de lui, il saute vite fait dans ses habits et arrive au Night Tavern sans perdre de temps. Jacques est policier, célibataire, et les vacances c’est pas vraiment son truc. Ce n’est pas tant parce que Jacques est meilleur que les autres que son patron fait appel à lui, mais bien parce qu’il est coincé. Il n’a personne d’autre sous la main, d’ailleurs Jacques n’aura qu’à prendre les premières dépositions, humer l’atmosphère, laisser travailler la scientifique, puis ce sera au tour de son collègue Blay, qui pour l’heure est injoignable, de prendre la relève. Jacques est fou de jazz, ce qui serait déjà une motivation pour empoigner au débotté le boulot.

Au Night Tavern, Franck, son patron l’accueille soulagé. Jacques interroge les présents, c'est-à-dire Victor March, le patron de la boîte, Marianne, la serveuse, une superbe rousse à la quarantaine resplendissante, le technicien du son, les musiciens et Stan Meursault. Stan qu’il connait de réputation et c’est comme s’il approchait une idole. D’ailleurs il plaque quelques notes sur le piano, encouragé par Stan, mais il faut bien l’avouer, Jacques n’est qu’un amateur. Il a appris la musique, joué en dilettante, mais n’a jamais vraiment été jusqu’au bout de ses envies. Un honnête tapeur de touches. D’ailleurs Stan veut bien lui donner quelques cours. Mais le regard de Jacques est aussi attiré par la présence de Lisa, de la police scientifique. Il ressent quelque chose pour ce bout de femme, même s’il ne veut pas se l’avouer. Il faudrait interroger aussi Baker, l’imprésario. Mais celui-ci manque à l’appel. Il est reparti pour les USA aussitôt les papiers signés. Un départ précipité, une fuite ?

La soirée avait attiré beaucoup de monde, mais la cave ne pouvait contenir autant de spectateurs, et la plupart ont suivi les prémices du concert par retransmission interposée. Jacques demande à visionner les bandes vidéo, et quelque chose lui attire l’œil, fugacement. Quoi il ne saurait dire, alors même si le lendemain Blay prend la relève, Jacques tire un trait sur ces congés et va enquêter en parallèle avec la bénédiction de Franck, son patron. Et entre Jacques et Stan s’amorce une ébauche d’amitié, une complicité musicale.

Le lecteur habitué à ce genre de roman de suspense se doutera assez rapidement de l’identité du ou de la coupable, et de l’épilogue, mais ce petit travail des cellules grises est rapidement mis de côté. Car ce qui importe, c’est la bande-son qui imprègne l’ouvrage. Comme si le lecteur lisait tout en écoutant un enregistrement d’Oscar Peterson par exemple.

Samuel ne se gargarise pas d’un jargon spécifique, celui employé avec emphase par des chroniqueurs spécialisés et qui pensent qu’en utilisant des termes abstrus ils vont conquérir de nouveaux adeptes, ou qui veulent démontrer que ce sont des connaisseurs éclairés et que le quidam, qui tente de s’intéresser à leur prose, ne leur arrive pas à la cheville en rédigeant des papiers rebutants. Samuel Sutra reste simple, en véritable amoureux du jazz qui sait que le meilleur moyen de prouver cet attachement est de se mettre à la portée (eh oui) de son interlocuteur. Ce qui ne l’empêche pas parfois d’envoyer de petites piques envers des pratiques que tous les gamins dont les parents aimeraient les voir jouer d’un instrument ont eu à subir.

Deux ans de solfège au forceps, et du classique dans la foulée. Pour le jazz, faut attendre. Deux ans de solfège avant de toucher un instrument ! ça a suffi à dégouter des générations entières de gamins, qui auraient pu être des virtuoses si on les avait laissés tripoter un instrument. On dit « jouer » de la musique, mais en France, on ne l’a pas compris. On torture avant. C’est un peu comme si, dès la maternelle, on obligeait les gamins à apprendre la grammaire avant de les autoriser à parler.

Un peu de désabusement aussi dans son propos. Jacques se rend chez un disquaire afin de se procurer des enregistrements de Sarah Davis. Le vendeur lui fait remarquer que c’était avant qu’il fallait les acheter, maintenant c’est un peu tard. Et les radios ne sont pas en reste, qui découvrent qu’une excellente chanteuse de jazz se nommait Sarah Davis.

Quant au jazz en lui-même, il semble que c’est un domaine réservé, non pas à une élite, mais bien à des amoureux, et que ce n’est pas de la musique préfabriquée.

Le jazz. C’est une musique peuplée de morts. On vit à une époque où le plus gros vendeur de disques est un DJ, où ceux qui font les plus grosses carrières chantent en play-back des titres qu’ils n’ont pas écrits et dont ils ne comprennent même pas le sens. Moi, mon univers, il est peuplé de gars qui ont vécu dans la misère et dont on n’a découvert le nom souvent qu’après leur mort. C’est presqu’un univers posthume. Ainsi parle Stan !

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