Petites Morts Dans Un Hôpital Psychiatrique De Campagne STEINER16

MICHEL STEINER

Petites Morts Dans Un Hôpital Psychiatrique De Campagne


Aux éditions FOLIO POLICER

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Le samedi 24 Mai 2004

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Michel STEINER




Une lecture de
JEAN-CLAUDE RENOUX

JEAN-CLAUDE RENOUX
Octave Lepgorin a la stupeur de trouver dans son cabinet d'analyste un travelo transsexuel délirant qui mourra peu après. Et quand on identifie l'intrus comme une sommité de la psychiatrie qu'Octave a connu quand il était V.R.P. d'un laboratoire pharmaceutique, il comprend que la mise en scène ne doit rien au hasard, que c'est un message et qu'il pourrait fort bien être l'une des prochaines victimes. Un mystérieux correspondant ne le lui envoie pas dire, et il se rend dans l'établissement où pratiquait le psy castré, établissement qu'il connaît d'autant mieux que c'est là qu'il a fait la connaissance du défunt une dizaine d'années auparavant.
L'auteur est psychanalyste et fait partie du dernier carré des partisans de l'antipsychiatrie. Pour autant son roman n'est pas un roman sur la psychiatrie, c'est ainsi qu'il laisse de côté les alternatives à l'hospitalisation pour s'attacher à un asile imaginaire où se côtoient des pratiques du XIXe siècle et d'autres services où les malades sont accueillis de façon humaine, à défaut d'y être soignés. Mais dans ce récit baroque, qui tient à la fois du polar social et du roman à énigmes, très documenté, Michel Steiner opère un collage entre les directives de l'Inquisition, les visions aliénistes qui se succèdent de la révolution française aux premières décennies du XXe, et une psychiatrie médicalisée où les neuroleptiques tiennent une grande part, voire une part essentielle.
L'hypothèse tient la route : pour les organicistes, ceux qui pensent que les maladies mentales ont une explication organique, génétique ou autre, et les inquisiteurs, le mal est dans la chair, et pour libérer l'âme ou l'esprit, il faut mortifier le corps, quitte à le torturer ou (et) le brûler. Alors que pour les psychanalystes le symptôme est un discours qui n'a pas trouvé d'autre moyen de s'exprimer que le corps, qui ne peut être compris à défaut d'être guéri que par la mise en mots, et l'hystérie empreinte les mêmes cheminements que la sublimation dans l'oeuvre d'art.
Ce que Steiner pointe, c'est la ligne étroite qui départage le soin et l'abus de pouvoir, le soin et la punition, le traitement et la torture, la mutilation. L'aliéné n'est plus libre de sa personne et abandonne son libre arbitre aux psys sensés savoir à sa place ce qui lui convient.
L'enquête va donc cheminer dans un monde où "les fous et les soignants sont incurables", dixit Steiner, où le flic raisonne comme un psy, et inversement.
Le livre se lit bien, avec des pages fortes, et quelques maladresses dans les dialogues (le recours répété au prénom de celui à qui on s'adresse en début de phrase, alors que l'interlocuteur est quand même sensé savoir comment il ou elle s'appelle), et une énigme en fin d'ouvrage qui serait pleine d'intérêt si on avait entendu la personne en question prononcer le "J'ai vécu" dont le flic déduira que le maître d'oeuvre de la vengeance est dans la région de La Rochelle.
Entre plaisir, jubilation et malaise, ce livre pose bien des questions auxquelles le lecteur devra apporter ses propres réponses.
 

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