Don Diavolo RAWSON6

CLAYTON RAWSON

Don Diavolo


Aux éditions LE MASQUE


Visitez leur site

1078

Lectures depuis
Le lundi 7 Octobre 2003

fleche Soutenez RayonPolar en achetant
don diavolo

sur
Amazone

fleche
fleche

Clayton RAWSON




Une lecture de
MARC MADOURAUD

MARC MADOURAUD
La Magie du roman policier, vous l’avez tous et toutes ressentie ? Et bien cette magie est prise au pied de la lettre par Clayton Rawson, expert en énigmes insolubles, qui l’applique avec fantaisie, humour et ingéniosité par l’intermédiaire de Don Diavolo, son illusionniste enquêteur. En quelques tours de passe-passe, il vous emmenera au pays de la mystification et de la fantaisie policière…

DON DIAVOLO de Clayton RAWSON (Librairie des Champs-Elysées, Paris, "Le Masque" n° 2463, "Les Maîtres du roman policier", janvier 2002.

Par les mannes du Grand Mizio le Magnifique ! Par les oracles de Mesplède le Sage ! Ô Clayton Rawson, illustre illusionniste du roman policier, faites-moi apparaître un magicien-détective qui dévoilera les secrets des criminels, ridiculisera la police officielle et mystifiera tous ses lecteurs !

Clayton Rawson, dans son immense magnanimité, obtempéra…

Et le Grand Merlini fut…
Et Don Diavolo fut…
Et Mister Mystery fut…
Et kung fu…

Euh… non, peut-être pas le dernier…

Bon. Nous allons donc explorer les arcanes du polar magique. Le personnage principal en est un magicien : non pas un criminel qui fait disparaître comme par enchantement sa belle-mère ou escamote un fourgon blindé dans sa poche, mais un détective qui utilise tant ses dons que ses connaissances pour mener à bien ses enquêtes. Domaine dominé du chapeau claque et de la cape d’apparat par l’américain Clayton Rawson. Il ne fut pourtant ni le premier, ni le seul à s’attaquer à ce genre bien particulier. Historiquement, William Gibson – lui-même magicien tout comme Rawson – principalement connu pour sa création du Shadow, ce justicier violent et ténébreux, inventa Norgil dès 1937. Par la suite, il composa d’autres héros du même style, encore plus éphémères, tels Ardini, Valdor et le Grand Gerard (dont deux aventures furent traduites en France).

Rawson, quant à lui, ne se lança pas dans la "prestidigitection" (terme officiel) avant 1938, date à laquelle il imagina le Grand Merlini, illusionniste et escapologiste dans la grande tradition de Houdini et de Thurston, superstars de la scène américaine. Doté d’un humour fantasque et accompagné dans ses aventures d’un jeune journaliste, Merlini tire ses revenus d’une boutique vendant à ses confrères tous les "trucs" indispensables à leur profession, des plus simples aux plus perfectionnés. Toutefois, sa grande passion est de résoudre les énigmes qui mettent en échec la police : meurtres en chambre close, crimes impossibles, disparitions inexplicables, vols incompéhensibles, etc. Le tout sur fond d’occultisme, de satanisme et autres divertissements propres à jeter de la poudre aux yeux aux pauvres témoins. Ce héros haut en couleurs vécut le temps de quatre romans ("Miracles à vendre", "Les Pieds au plafond", "La Femme sans tête", "Pas de bières pour le cadavre") et d’une poignée de nouvelles (recueillies dans "Le Grand Merlini"), ces cinq ouvrages étant tous parus au Masque.

Deux de ces romans furent adaptés au cinéma : le premier devenant "Miracles for Sale" (1939) de Tod Browning et le dernier d’entre eux "The Man who Wouldn’t Die" (1942) de Herbert I. Leeds. Mais ici Merlini subit la même infortune que son lointain collègue français Prosper Lepicq (l’avocat-limier de Pierre Véry) : si certaines de ses aventures connurent l’honneur du grand écran, lui-même n’y apparut pas, remplacé dans le premier cas par un magicien moins exotique (le séducteur Robert Young), dans le second par un détective de série (Michael Shayne joué par Lloyd Nolan). Aléas cinématographiques du vedettariat pour les héros littéraires trop anticonformistes…

Néanmoins Merlini ne fut pas le seul "prestidigitecteur" inventé par Rawson : Mister Mistery vécut le temps de quelques nouvelles en 1940-41, tout comme, aux mêmes années, Don Diavolo, à l’occasion de quatre novellas parues dans un pulp, le "Red Star Mystery". Deux de ces novellas viennent d’être traduites et recueillies dans un volume au Masque, intitulé fort sobrement Don Diavolo, avec une introduction – brillante comme toujours – de Roland Lacourbe, maître ès Clayton Rawson et crimes impossibles. Les deux autres textes sont appelés à paraître dans un second recueil, "Diavolo-ci Diaviolo-là". Et, cerise sur le gateau, nous est annoncée la future sortie d’un ouvrage consacré au Mister Mystery précité.

Diavolo (un nom de scène, vous vous en doutez) reprend bien des caractéristiques de son aîné le Grand Merlini. Illusionniste de grand talent, flanqué d’un journaliste, il est amené à résoudre un certain nombre de cas apparemment insolubles. Les différences ? Il continue à donner des spectacles et est assisté de deux sœurs jumelles, dont l’une est fiancée au dit journaliste (lequel ne sait jamais comment les distinguer, ce qui provoque quelques situations amusantes). Ses interventions policières sont beaucoup moins dues à un amour immodéré des énigmes qu’à la nécessité de se tirer des griffes des forces de l’ordre car, quoi qu’il fasse, le moindre vol ou le moindre crime quelque peu bizarre lui est aussitôt imputé par un flic pour le moins obtus, l’inspecteur Church. Aussi est-il toujours obligé de lui fausser compagnie pour prouver son innocence, caché sous des déguisements souvent extravagants.

"La Mort surgit du passé" commence ainsi très fort : alors que Diavolo est en train de se préparer dans sa loge pour son spectacle, une belle inconnue pénètre dans la pièce attenante et y est retrouvée morte, avec au cou les traces d’une morsure de vampire ! D’ailleurs, une chauve-souris est aperçue, disparaissant par la fenêtre. Ne voyant aucun autre suspect, car personne ne pouvait s’introduire dans le local, l’inspecteur Church arrête illico le magicien et son assistant asiatique. Diavolo se voit donc forcé de s’évader, pour se disculper et affronter un adversaire hors du commun : un homme à tête de chauve-souris, capable d’escalader les façades et qui ne serait autre que… la matérialisation de l’esprit maléfique de Gilles de Rais, effectuée lors d’une séance spirite !

"La Mort surgit du néant" délaisse l’Occulte pour se reporter sur la Science. Et démarre également sur les chapeaux de roues : un policier est assassiné dans son bureau, en plein commissariat, par… un homme invisible ! L’inspecteur Church, qui entend la voix du meurtrier sans le voir, est bien obligé d’en convenir. L’Homme invisible n’arrête pas là ses exploits : il dérobe de précieuses antiquités au nez et à la barbe de la police, et réussit même à voler un collier inestimable en présence non seulement de Church, mais aussi de Diavolo qui avait été engagé comme « expert technique » par le propriétaire du bijou. Inévitablement, les soupçons se rapportent sur le magicien, qui joue encore la fille de l’air pour enquêter. Le criminel doit-il son invisibilité à une prétendue machine dont l’inventeur a mystérieusement disparu, ou y a-t-il un truc ?

Comparativement aux histoires mettant en scène Merlini, celles dédiées à Diavolo n’ont peut-être pas la même inventivité ultra-prolifique, ni la même rigueur dans la description des "trucs" employés. Et encore, tout est relatif, l’ingéniosité déployée par Rawson reste très largement au-dessus de la moyenne. Pas de descriptions envahissantes, ni d’étude psychologique fouillée des personnages. Par contre, le rythme est proprement infernal et les scènes ébouriffantes se succèdent sans laisser le lecteur reprendre son souffle. L’auteur n’hésite pas à faire appel à des éléments tous plus incroyables et délirants les uns que les autres – matérialisations d’esprit, homme-vampire, invisibilité – pour une sarabande certes pas crédible pour un sou, mais extrêmement divertissante. Ces particularités sont d’ailleurs caractéristiques de l’esprit et des contraintes des « pulps » : écriture rapide, cadence effrenée, fantaisie débridée et vraisemblance jetée aux oubliettes.

Aussi tous les amateurs de crimes impossibles et de polars extravagants sont-ils invités à lire ces deux charmantes histoires, aussi délassantes qu’amusantes. Clayton Rawson y démontre encore qu’il était le seul, dans le domaine de l’énigme extraordinaire, à pouvoir rivaliser avec le prolifique John Dickson Carr et l’éphémère Hake Talbot. Lourd héritage que, à notre époque, Paul Halter – sur un mode moins désinvolte – est un des seuls à avoir repris.
 

livrenpoche
Chercher clayton rawson



 
 

Les réclames du RayonPolar

Pour votre publicité, contactez le site

Pub sur RayonPolar

Sur les 32200 pages du Site
chiffres Google Le mercredi 3 Novembre 2011

1.89 euros au format Kindle
sur








En accédant à ce site marchand par l'intermédiaire de ce lien vous soutenez financièrement le RayonPolar






Site dédié au Polar (roman policier)
Si vous entrez directement sur cette page,
Retrouvez ses nouvelles en ligne, ses critiques de polars, de films, de séries TV
Sa liste de revues et sa galerie de couvertures de polars anciens.
Visitez le Rayon Polar
Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les gros mensonges et les statistiques.
- Benjamin Disraeli (1804-1881), homme politique britannique

















Pinterest
(C) Les textes n'engagent que leurs signataires
RayonPolar
La majorité des illustrations de ce site sont des reprises des couvertures de la collection Néo et sont signées de
Jean-Claude Claeys.

Reproduit ici avec son aimable autorisation
Pour visiter son Site
Pour acheter des originaux
Cliquez sur l'image
RayonPolar