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MICHEL QUINT

Veuve Noire


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Le vendredi 19 Octobre 2013

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Michel QUINT




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Novembre 1918. Âgée de trente ans, Léonie Rivière est veuve de guerre. Mort sur le front, son mari Antoine avait déjà perdu sa fortune par des investissements douteux. Léonie vit seule à Paris, dans ce quartier de Montparnasse où elle croise des artistes tels Modigliani ou Cendrars. Elle survit en écrivant quelques piges pour les journaux, sous le pseudo de Lys de Pessac. En ce 11 novembre, règne partout une excitation particulière, symbole du conflit terminé. Gagner maintenant la paix, se déshabituer de la guerre, ça viendra avec le temps. Léonie rencontre Edgar Prouville, séduisant ancien combattant. Elle a envie qu'il lui parle de cette guerre qui lui a pris son mari Antoine. De son côté, Edgar a vécu un épisode sanglant au printemps 1917, non loin du Chemin des Dames. Bien que sur ses gardes, ce rescapé est légèrement blessé par un coup de poignard, qui ne s'explique guère.

Se disant marchand d'art, Edgar est devenu l'amant de Léonie. Celle-ci préfèrent ne pas s'arrêter à ses idéaux réactionnaires et à sa conception cynique du marché de l'art. Après les obsèques de Guillaume Apollinaire, Léonie accepte de stocker dans son appartement les toiles achetées par Edgar. Elle ignore comment il se procure ces tableaux, dont l'un est signé Modigliani. Finalement, Léonie est engagée par les journaux L'Excelsior et Le Petit Parisien. Elle va faire équipe avec le photographe Norbert Rameau, qu'elle croisa furetant à Montparnasse. Leur première enquête concerne les agences matrimoniales, florissantes avec tant de veuves. Léonie interroge une spécialiste sur les méthodes de ces officines, et sur les motivations de ces candidates au mariage. En catalogue, l'agence dispose d'une photo appât du sémillant Edgar. Qui se fait appeler dans ce cas Arthur Séverin.

Edgar a disparu. Chez Léonie, des traces de sang s'avèrent inquiétantes. Parmi leurs amis artistes, on prétend ne pas connaître Edgar ou Arthur. Norbert Rameau et Léonie trouvent le gourbi où il logeait, impasse de la Gaîté. Ils sollicitent les ministères, où l'on finit par avoir trace de l'affaire sanglante du printemps 1917. Arthur Séverin en aurait réchappé, effectivement. Mais rien n'indique qui a pu vouloir aujourd'hui le faire disparaître. Le duo découvre, rue Delambre, le véritable appartement d'Arthur ou d'Edgar. Divers documents démontrent qu'il a agi tel un escroc au mariage, sans vergogne. Les tableaux stockés chez Léonie seraient-ils des faux ? Le Modigliani est bientôt authentifié par un expert. Norbert et Léonie aimeraient que le policier Meissonnier et son adjoint Bonny les aident. Occupé sur une autre grosse affaire, l'inspecteur vérifie finalement une série d'empreintes digitales...

Si Michel Quint est l'auteur de l'excellent “Effroyables jardins”, les lecteurs devraient aussi se souvenir qu'il fut récompensé par le Grand prix de Littérature policière pour “Billard à l'étage” (1989). Et que sur environ quarante ouvrages, longs ou plus courts, aucun n'est ni moyen, ni passable. Tous ses livres possèdent de véritables qualités, liées en majeure partie à l'écriture. Descriptif ou plus lyrique, Michel Quint donne toujours le mot juste, la tournure adéquate. Exemple d'une scène lumineusement décrite en quelques lignes : “Ils sont à La Rotonde, Libion à son poste, colosse hiératique derrière son zinc, et il écoute Léonie rappeler ses frasques à Modigliani, éternel costume en velours, d'ouvrier, qui dessine dans son cahier bleu, d'un seul trait, main droite, et tient son ballon de rouge de l'autre.” Pour évoquer une période si oubliée, Michel Quint est un des rares écrivains qui possède cette force évocatrice capable de reconstituer parfaitement l'ambiance d'alors.

Apollinaire est encore dans tous les cœurs, l'ombre d'André Breton grandit, Jean Cocteau couche avec l'éphèbe Radiguet, Gertrude Stein s'impose peu à peu, Kiki de Montparnasse pose pour les peintres prometteurs ou confirmés, toute une faune artistique s'agite dans un Paris renaissant. Entrer dans l'Après-guerre suivant ce noir conflit, après les fautes de nos militaires (dont l'offensive Nivelle), après les mutineries et les fusillés pour l'exemple, après tant de morts et de gueules-cassées, avant les réparations financières qu'on exigera de l'Allemagne, tel est le douloureux arrière-plan de cette histoire. Les femmes vont vers une plus grande autonomie, telle l'intrépide et délicieuse Léonie. C'est aussi un temps où escroqueries et crimes ne manquent pas. Arnaqueurs et assassins imaginent une impunité causée par cette période trouble. Grâce à son indéniable talent, Michel Quint entraîne ses lecteurs dans cet univers, pour une aventure tumultueuse et fascinante.

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PAUL MAUGENDRE

En cet après-midi du 11 novembre 1918, tandis que les rues de la capitale bruissent au son d'une victoire douloureusement acquise, une jeune femme s'habille, rangeant son corset au placard, enfilant juste sur son torse une camisole et des dentelles sous sa veste de tailleur. La liberté de l'esprit passe peut-être d'abord par celui du corps.

Léonie Rivière, jeune veuve de guerre d'à peine trente ans, son mari Antoine a été porté disparu dans les tranches du chemin des Dames en 1917, est journaliste pigiste à Paris. Elle rédige des articles sur les arts, les spectacles et la littérature, pour L'Excelsior ou L'Illustration sous le nom d'emprunt de Lys de Pessac. Son appartement de la rue de Rennes, dont elle a hérité, est quasiment vide. Il lui a fallu vendre une grande partie de ses meubles, l'argenterie, la vaisselle, pour éponger les dettes de son mari qui avait acheté de l'emprunt russe, pour l'entretien de l'appartement, et vivoter. Il lui reste toutefois quelques bouteilles de Pessac-Léognan, vin dont son mari était amateur, d'où son pseudonyme. Ses anciens amis lui tournent le dos, mais elle s'en est fait d'autres. Car entre Saint Germain et Montparnasse, qu'elle parcourt avec son maroquin sous le bras, contenant carnet, crayon et canif pour affûter son outils de travail, les peintres, les sculpteurs, les poètes et écrivains en devenir ne manquent pas.

A Odéon, elle entre dans un bar et tandis qu'elle tente de ravaler ses larmes, survenues comme ça d'un coup, peut-être à cause des conversations entendues au bar, un homme s'installe à sa table. Il se présente, Edgar Prouville, et offre à Léonie un cognac afin de la réconforter. Même si elles sont nombreuses dans son cas, veuve de guerre incite au respect. Et le joli cœur, il est vrai qu'il est fort avenant, débite quelques fadaises de carte postale avant de réprimer une grimace. Une blessure à l'aine, provoquée par un poignard-clou comme celui qu'il montre à sa voisine, le sien terminé par une tête de serpent, se réveille. Les confidences s'échangent, pas encore sur l'oreiller mais cela ne tardera pas, il travaillait comme chef de rang au Bal Bullier, avant son incorporation mais il a décidé de changer de tout au tout de travail et devenir marchand d'art, il possède déjà de sérieux contacts.

Le lendemain, mardi 12, Léonie assiste à la représentation générale de Phi-Phi de Christiné aux Bouffes-Parisiens. Edgar qui était au courant de cette sortie se présente à elle et ils s'installent au deuxième balcon, le meilleur endroit pour tout voir, la scène et ceux qui vont applaudir ou siffler cette comédie leste dont les comédiennes ne sont pas avares de leurs charmes, les représentants du monde des arts et de la littérature, et à la fin du spectacles deux clans se dressent, les invectives fusent, des bousculades se produisent, un photographe essaie de protéger son appareil. Edgar a disparu, Léonie le retrouve à la sortie, il est blessé, un inconnu lui a donné un coup de couteau semblable au sien. Elle l'emmène chez elle, le panse, elle est émue et comme il n'est pas égoïste, il lui prouve sa reconnaissance jusque dans son lit.

Le mercredi 13, ont lieu les obsèques de Guillaume Apollinaire, au Père-Lachaise, Léonie repère le photographe entrevu la veille au théâtre. Il se nomme Norbert Rameau et travaille à l'Excelsior mais également pour tout journal qui accepterait de prendre ses clichés. Edgar suggère à Léonie d'entreposer chez elle des tableaux, de rapins en devenir, oh les toiles ne valent pas grand chose, enfin pas encore, mais en les revendant au compte-goutte, cela ferait monter leur côte et elle toucherait un pourcentage sur les transactions. Aussitôt dit, aussitôt fait, les peintures sont déposées, Léonie en devient la gardienne, seulement Edgar disparait. Il ne donne plus signe de vie. Elle s'associe à Norbert, suggérant à leur patron des thèmes de reportages, celui sur les agences matrimoniales par exemple, qui prospèrent avec le désarroi des veuves de guerre qui aimeraient pouvoir refaire leur vie. Première étape Les Belles Alliances dont la patronne accepte de leur montrer son catalogue. Des photos d'hommes proposés à la clientèle féminine, des dames mûres qui peuvent rencontrer dans un cabinet celui qu'elle ont choisi sur papier noir et blanc, et si l'un des prétendants est indisponible, un substitut est désigné. Tout ce passe bien, jusqu'à ce qu'à la dernière page, Léonie interloquée voit son Edgar offert à la gent féminine. Ah non, ce n'est pas Edgar, la directrice des Belles Alliances est formelle, il s'appelle Arthur Séverin. Il figure également sur le catalogue d'autres agences, elles fleurissent en ces temps de crise, et Léonie est estomaquée. Norbert lui est soufflé, essoufflé, il a été gazé à Ypres et en garde des séquelles.

Commence alors une série d'enquêtes menées par Léonie et Norbert. Il faut absolument retrouver Edgar/Arthur, peut-être est-il mort, et que faire des tableaux qu'elle détient, il s'agit sans aucun doute d'un trafic, voir avec le commissaire Meissonnier, assisté de l'inspecteur Bonny, échanger avec lui des informations, continuer de rédiger des articles pour son journal, rechercher parmi les peintres ceux qui sont les auteurs des toiles, et soulever un voile qui s'étend sur le Chemin des Dames, un drame qui s'est déroulé en 1917 avec trois soldats et un lieutenant comme protagonistes, et si Antoine son mari n'était pas mort. Et cette toile, intitulée La femme à l'écharpe rouge est-elle vraiment de Modigliani, dit Modi tout simplement, la seule rescapée d'un incendie.

Léonie Rivière devient la Figure emblématique de l'émancipation de la femme, déclarant : Je veux être journaliste et maîtresse de ma vie, de mon corps et de mes idées... C'est fini la république des types ! Et le lecteur la suit dans sa quête, faisant au passage connaissance avec Gertrude Stein, André Breton, Jean Cocteau et son ami du moment Raymond Radiguet, Soutine, Jeanne Hébuterne et surtout Modigliani, et bien d'autres, mais également Clémenceau, qui échappe à un attentat sous l'œil de l'appareil photographique de Rameau et suit en filigrane une enquête sur des disparitions inexpliquées de femmes qui les mènent, Léonie et Norbert, à Gambais.

Michel Quint nous convie à la mixité d'événements et de personnages réels et fictifs, en intercalant dans son intrigues l'atmosphère qui régnait alors dans la capitale. La grippe espagnole et ses ravages, le désarroi des militaires, les tickets de ravitaillement, et l'espoir que cette guerre sera la dernière, la popularité de Clemenceau incarnant la droite face à Blum qui rêve d'un socialisme combattant le capitalisme naissant. Un contexte social entaché par la Conférence de la Paix à laquelle participe le président des Etats-Unis, Wilson, chacun des contributeurs ayant une opinion tranchée sur l'après-guerre et les dommages-intérêts à infliger à l'Allemagne, certains pensant déjà qu'il ne faut pas humilier le pays vaincu au risque de le voir un jour vouloir se rebeller.

Des phrases écrites comme s'il s'agissait de valses entrainantes et le lecteur se plonge dans un tourbillon de mots auxquels il ne peut échapper, lisant avec une sorte de frénésie, tournant les pages avec avidité.

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