Billard à L’étage QUINT20

MICHEL QUINT

Billard à L’étage


Aux éditions RIVAGES NOIRS

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Le mercredi 24 Aout 2012

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Michel QUINT




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

C’est le printemps dans ce petit port, quelque part entre Marseille et Nice, autour de son bassin abritant quelques bateaux. On est dans une presqu’île, dont on ne peut repartir qu’en rebroussant chemin ou par la navette côtière. Tout près du port se trouve le Bar de la Marine, un bistrot d’habitués tenu par Zé. Si son chat Bertolt n’apprécie pas les nouveaux venus, il le fait savoir bien vite. Un panneau indique une salle de billard, à l’étage. Quand ce jour-là, se présente un inconnu, Bertolt ne réagit guère, et Zé sympathise bientôt. Puisque c’est la St Joseph, cet étranger adopte le prénom en question. Sa voiture est en panne, juste à côté du bar. Amical aux yeux de Zé, Joseph ne tarde pas à s’installer dans la salle de billard. Il fait la connaissance de la poignée de clients passant leurs soirées ici.

Il y a Bastien le retraité taciturne, Chef le brigadier de gendarmerie toujours vêtu d’un survêtement militaire, Violette la propriétaire d’une boutique de mode, et le garagiste Samson, qui cherche longuement le motif de sa panne. Que vient faire Joseph dans cette bourgade, sinon “tuer le temps”. Pourtant, Zé reste convaincu que c’est un tueur à gages, probablement venu le supprimer. Ce qui n’empêche pas la connivence entre eux. Zé accepte que Joseph passe la nuit dans la salle, dormant sur la table de billard. Au matin, il prétend avoir été témoin d’un meurtre, là-bas sur le bassin. Il est possible qu’il ait rêvé, qu’il ait fait erreur. La salle de billard est, c’est certain, un excellent poste d’observation. Surtout quand on utilise les jumelles de Zé. La victime, c’est probablement la jeune Ida.

Ida, dix-neuf ans, “une bannie battant la campagne, presque crue sorcière, folle il va sans dire, demeurée la pauvre, qui en eût douté. Ida. L’attardée, la muette de naissance, la fille unique des vieux pharmaciens du port, celle qu’on rencontrait partout à toute heure…” Malgré les rumeurs, “Ida n’était pas une pute d’occasion ou une nymphomane offerte, elle était la sirène de ces lieux. Elle choisissait ses enchantements.” La robe que Violette récupère dans le bassin, donnée à Ida ou peut-être dérobée par elle, confirme le témoignage de Joseph. D’ailleurs, Chef se souvient qu’un an plus tôt, elle fut impliquée dans un incident, affaire de mœurs possible. Manquant de cadavre, le gendarme va mener une enquête officieuse. Sur la mort d’Ida, et aussi sur cet énigmatique étranger prénommé Joseph.

Autour de vagues parties de billard dans la moiteur, à l’étage, chacun livre peu à peu sa vérité. Ce n’est pas pour la rentabilité que Zé tient son bistrot, lui qui fut ministre d’un chef de tribu africain. Il admet qu’Ida l’a envoûté, tout comme le garagiste Samson, dont l’épouse Colette n’est pas jalouse. Bastien n’a pas grand-chose à ajouter. Selon Chef, il parait qu’Ida est partie en voyage avec sa tante, dit son père pharmacien. Joseph ne sait trop si Mme Régnier est cette parenté, ou si c’est une autre figure de la bourgade. Il se souvient d’être passé dans ce bar, étant enfant, mais il se peut que ce soit ailleurs. Dans le bassin, le yacht du maire (le Dr Bessières) masque-t-il quelques partouzes ou autres projets magouilleux ? Si Joseph est bien le tueur à gages imaginé par Zé, sera-t-il assassin ou victime ? Un sombre dénouement s’annonce dans la salle de billard, et ailleurs…

Rien à voir avec des compétitions de billard pro, dans des locaux équipés crûment éclairés, où les rétros sont habiles, où rares sont les fausses queues. L’ambiance n’en est pas moins fiévreuse dans cet espace réservé à quelques amis, cette vigie surplombant ce petit port méditerranéen. Ce qui amène là le mystérieux Joseph, il le dit : “Ce que je cherche ? Rien. Moi, rien. Je suis là, c’est tout. Et je vois, et j’entends. Ida, je ne la cherche pas, elle vient, tout doucement, et tu verras que, même morte, je l’aimerai mieux que vous tous.” Explication floue, tel l’ensemble du récit. Non pas que nous manquions de détails sur chaque protagoniste, sur la vie de la disparue Ida, sur le contexte politico-économique de cette petite ville côtière. Au contraire, la narration nous renseigne amplement.

L’importance du chat Bertolt ou le comportement singulier de la jeune fille peut-être morte, nous avons droit à tous les détails. Pourtant ce quasi-huis clos est un chassé-croisé de faux-semblants. Par exemple, Zé est tendre avec Violette, mais pas amoureux. Ou le cas de la pièce moteur justifiant la panne de voiture de Joseph. Ou encore la méfiance du gendarme Chef envers cet étranger. Et, bien sûr, la troublante sympathie entre le mûr Zé et son cadet Joseph. Voilà ce qui fait la force de ce noir suspense, telle l’eau coulant entre nos doigts, la vérité de chacun est fuyante. L’écriture inspirée de M.Quint sert admirablement l’intrigue. “Alors Joseph partit à la poursuite de Violette qu’il rattrapa, grâce à ses jumelles de sept lieues…” et s’ensuit une scène de jeu entre gamins. Un vrai petit chef d’œuvre du polar, à savourer avec le même plaisir aujourd’hui qu’hier.

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