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BENTE PORR

La Vallée Des Disparus


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Le jeudi 10 Fevrier 2012

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Bente PORR




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Appartenant à des familles de la haute bourgeoisie berlinoise, Curt von Sedlitz et Joachim Hans Germer sont “amis” depuis leur scolarité. Sedlitz est un bon élève, solitaire par nature. D’un caractère dominant, Germer peut se montrer blessant. En cet été 1932, ils sont devenus de jeunes adultes. Sedlitz va bientôt s’installer à New York, ayant décroché un poste dans une banque. L’avenir de Germer reste beaucoup plus incertain. Il doit se marier avec Fee, une rurale issue d’un village de Poméranie. Tous trois vont passer des vacances ensemble. S’étant donné rendez-vous à Genève, ils vont descendre jusqu’à Cannes dans la voiture que Germer a emprunté à son père. Dès le début, Germer marque son mépris envers Fee et n’est pas plus aimable avec Sedlitz. Malgré un premier incident en montagne, ils descendent la vallée du Rhône jusqu’à Avignon et au-delà.

Ils s’égarent finalement sur une petite route, ce qui entraîne un grave problème de moteur. Les voici obligés d’attendre une éventuelle réparation au village de Moriac. Bien que l’auberge de Léon Caillou soit accueillante, Germer est toujours de mauvaise humeur, jalousant le calme de Sedlitz et de Fee. Sedlitz trouve le décor des environs à la fois majestueux et inquiétant. Le Mont Larin, autrefois nommé Mont Noir, lui apparaît menaçant. Sedlitz sympathise avec un Anglais, le Dr Gordon Lynn, du même âge que lui. Celui-ci recherche les circonstances le disparition de deux amis, lors d’une randonnée dans le secteur. On n’a guère fait d’efforts pour les retrouver, semble-t-il. D’autant que ces Anglais ne sont pas les premiers à disparaître dans ce massif montagneux. Dés le lendemain, Gordon Lynn part explorer la sombre vallée masquée par le Mont Larin.

Selon l’aubergiste, Lynn a quitté le village. En réalité, il a disparu à son tour. Aucun habitant n’est prêt à tenter une expédition. “Devant moi, la montagne se dressait, inaccessible comme une forteresse, et la vallée se muait en un gouffre obscur. Lorsque je sortis de la forêt aux arbres centenaires, je me retrouvai devant une étendue d’éboulis et de broussailles sèches. J’étais à l’entrée de la vallée. Elle ne devait pas mesurer plus de trente mètres de large et se rétrécissait progressivement, formant un défilé d’une profondeur insondable et d’une sauvagerie si rude que j’en fus effrayé.” D’après une légende, cette vallée maudite serait hantée par le fantôme du comte de Larin. Depuis sa mort, deux cent ans plus tôt, on compte de nombreuses disparitions. On parle d’une pierre noire qui lui servirait d’arme contre les intrus. Le colérique Germer étant de plus en plus odieux, Sedlitz et Fee interrogent divers témoins de la région…

C’est un étrange épisode de sa vie que se remémore Curt von Sedlitz, cinquante ans après les faits. Cette épreuve a révélé sa fausse amitié avec Germer, et bien d’autres choses encore. S’il est impressionné par ce qu’il apprend, et par les mises en garde posthumes du Dr Lynn, le jeune Curt sait conserver une certaine distance. Cette histoire captive très vite. D’abord, grâce à des personnages finement décrits, et aux relations tumultueuses du trio (un dominant, un passif, une réaliste). Antagonisme et tension, d’une part; questionnement et tendresse, de l’autre. Bel équilibre, qui sert l’intérêt du récit.

L’époque correspond aux tribulations chaotiques qu’ils traversent. Par exemple, trouver un carter pour une automobile allemande devait être compliqué. L’auteur soigne de nombreux détails destinés à restituer l’ambiance d’alors, en particulier dans ce village. Les descriptions des paysages provençaux, du côté de Cavaillon et d’Apt, sont fort pittoresques. Passons vite sur deux ou trois imprécisions (le bureau de poste rouvre à seize heure) sans conséquence. Et puis, suggérée et si présente, cette vallée avec sa légende, fascine par son mystère surnaturel. Peu importe si une explication rationnelle éclaire ou pas le dénouement, puisque ce sont les faits vécus par nos héros qui priment. Un très joli suspense.

Retrouvez
CLAUDE LE NOCHER
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Une autre lecture du

La Vallée Des Disparus

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE
 Trad. de l’allemand par Anne-Judith Descombey

De tout temps Germer a été un personnage prétentieux, imbu de sa petite personne, exécrable, tyrannique envers ses condisciples et principalement Sedlitz, qu’il traitait de mulâtre à cause son teint dû à une lointaine origine maghrébine. En vieillissant il n’a pas changé pourtant Sedlitz est devenu son ami. Enfin, ami est vite dit, mais Sedlitz voue une profonde admiration envers celui qui l’abaissait devant tous les gamins de l’école. Si Sedlitz était un intellectuel, réussissant ses études, mais frêle physiquement, Germer était un sportif accompli, dans toutes les disciplines. Pourtant ni l’un ni l’autre ne pouvait rougir de leur extraction. Le père de Sedlitz était banquier, tandis que celui de Germer était consul et propriétaire d’une entreprise de textiles. Aujourd’hui, nous sommes en 1930, Germer a proposé à Sedlitz de l’accompagner jusque sur la Côte d’Azur, Nice, Cannes, à bord du véhicule de luxe qu’il a emprunté à son père sans en l’informer. Les accompagne dans leur voyage Fee, une jeune fille soumise avec laquelle il est presque fiancé, qu’il domine comme il a toujours fait envers ses congénères.

Durant le voyage qui les emmène d’Allemagne vers le sud de la France, Germer se trompe de chemin et emprunte une route de campagne défoncée. Il conduit rapidement, trop, et l’incident inévitablement se produit. Le carter est abimé par une pierre et les passagers doivent se résigner à continuer leur périple à bord d’une charrette de paysan qui passe fort à propos, pour se rendre au petit village de Moriac. Evidement Germer agonit d’injures Fee et Seidlitz, se montrant plus que jamais odieux envers eux. Ils s’installent dans une petite auberge tenue par le sieur Caillou et Germer n’a en tête que de se préoccuper de son véhicule à l’abandon. Las, le village n’est pas relié au téléphone, et il leur faut se déplacer au village le plus proche pour contacter un garagiste lequel ne possède pas de matériel afin de remplacer la pièce défectueuse. L’automobile, une Maybach, n’est pas un modèle assez répandu et il faut se résoudre à s’adresser à Paris, mais les délais vont être longs. Et Germer fulmine, car il appréhende les reproches justifiés de son père.

Moriac est juché sur un plateau entouré d’une plaine qui est prolongée par une vallée devant laquelle se dresse le Mont Larin, autrefois appelé le Mont Noir. Et sur cette vallée et ce mont planent des légendes de disparitions subites concernant des touristes ainsi que des nuages, des nuées grisâtres, brunâtres qui apparaissent et disparaissent brusquement. Dans le village nul ne veut s’épancher sur ces histoires d’autrefois qui reviennent épisodiquement. Ainsi Sedlitz fait la connaissance d’un Britannique qui loge à l’auberge et qui lui confie qu’il est à la recherche de deux amis qui deux ans auparavant se sont installés dans le village puis se sont comme évaporés dans la nature.

Treize disparitions depuis deux-cents ans, depuis que le Comte de Larin, paillard et meurtrier sans vergogne, pillait la région et embrochait les jeunes filles des environs. Depuis à dates irrégulières, des touristes s’évaporent dans la nature, sans laisser de traces. L’endroit est maudit, toutefois Gordon Lynn, le voyageur décide de partir à la recherche de ses anciens compagnons. Toutefois avant de s’élancer sur leur piste, il confie à Sedlitz une serviette contenant des papiers. Après une balade en compagnie de Fee, Seidlitz apprend de l’aubergiste que Gordon Lynn a plié bagages. Une nouvelle qui le laisse sceptique.

Dans une atmosphère de suspense, d’angoisse et de surnaturel, Bente Porr construit une intrigue sur une double charnière. Les relations entre Germer et ses deux compagnons forment la trame principale, avec la montée en puissance de la dégradation des rapports, le jeune homme se montrant de plus en plus cruel verbalement, dominateur, arrogant, vindicatif. Peu à peu Sedlitz comprend le soudain revirement dans l’attitude de Germer à son encontre lors de leur jeunesse. Sous des dehors despotiques, ce n’est qu’un couard tremblant devant l’autorité paternelle. Quant à ses prétendues fiançailles avec Fee, elles ne sont envisagées que dans un but bien précis. Dans cette ambiance délétère l’histoire des soudaines disparitions issues d’une légende tenace mais tue par les villageois, donne le liant nécessaire pour enrichir l’intrigue, en lui apportant l’indispensable sentiment de peur, de mystère, de surnaturel, de fantastique, mais toujours narré sur le fil du rasoir. Un très bon premier roman que l’on aimerait suivi d’autres.

Retrouvez
PAUL MAUGENDRE
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leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/
 

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