Le Diable, Tout Le Temps POLLOCK159

DONALD RAY POLLOCK

Le Diable, Tout Le Temps


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Le mercredi 12 Octobre 2012

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Donald ray POLLOCK




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Arvin Russell est né au printemps 1948 à Meade, Ohio. Deux ans et demi plus tôt, son père Willard était démobilisé, après avoir fait la guerre dans le Pacifique. Une meurtrière expérience pour un jeune Américain né en 1924. Il rentrait chez lui à Coal Creek, en Virginie Occidentale. Il allait y retrouver sa pieuse mère Emma et son vieil oncle. Déjà, sa mère projetait de le marier à Helen, brave fille laide. En chemin, Willard avait fait halte à Meade, pas l’endroit le plus agréable du monde. Néanmoins, il y revint afin d’épouser Charlotte, belle serveuse de bar. Le couple s’installa bientôt dans une maison isolée de la vallée boisée de Knockemstiff. Le propriétaire, arrogant avocat local cocufié par son épouse, ne fit jamais de cadeau à Willard. Le malheur s’abattit sur la famille alors que le petit Arvin était encore enfant. Charlotte agonisa chez elle pendant plusieurs mois. Bien qu’il ait aménagé un autel dans une clairière voisine, les prières incessantes de Willard ne suffirent pas à améliorer l’état de sa jeune épouse, sans rémission. Il utilisa des méthodes sacrificielles, qui n’y changèrent rien. Arvin assista à cet infernal processus.

Confié à sa grand-mère, Arvin partit vivre en Virginie Occidentale. Il serait élevé par Emma et l’oncle de son père Willard. La grand-mère avait déjà recueilli chez elle Lenora, la fille de son ex-protégée, la laide Helen. Celle-ci avait connu un sort terrible. Quand un duo de prédicateurs illuminés vint faire son show à l’église de Coal Creek, elle s’amouracha de l’un d’eux. Malgré son comportement délirant, la pauvre Helen finit par l’épouser. Elle eut une fille, avant d’être victime de la folie de son mari. Le duo de prêcheurs disparut ensuite de la circulation, participant à un spectacle forain à travers le pays. Un jour, son grand-oncle confia à Arvin le seul héritage de son père, un pistolet Luger. Cette arme n’est efficace qu’à courte portée, l’adolescent le comprit bientôt. Toutefois, Arvin n’avait besoin que de sa force pour se venger de ceux qui s’attaquaient parfois à la faible Lenora.

Au début des années 1960, Sandy et Carl formaient un couple de malfrats qui enlevait et tuait les autostoppeurs sur les routes américaines. La sexy Sandy était l’appât, son compagnon photographe Carl était le shooteur. Leurs victimes, ils les appelaient des modèles. Soldats en vadrouille ou semi-vagabonds, le couple n’en épargnait aucun, pour quelques dollars. Leurs méfaits accomplis, ils revenaient dans l’Ohio, à Meade. Serveuse se prostituant à l’occasion, Sandy était la sœur de Lee Bodecker, le shérif de la ville et de la région de Ross County. Sa réélection à ce poste n’était pas acquise d’avance, car Bodecker acceptait des arrangements qu’il valait mieux taire. Et si l’on apprenait que Sandy faisait la pute, ce serait plus difficile. Encore ignorait-il les massacres d’autostoppeurs par Carl et Sandy. Quand il aura dix-huit ans, Arvin voudra revenir à Meade, Ohio. Peut-être pour effacer les traces du Diable que son père y a laissées…

Le shérif Bodecker en visite chez sa sœur, permet de situer le style de l’auteur : “En haut des marches, il y avait un petit palier que Sandy appelait le patio. Un sac d’ordures renversé était posé dans un coin, des mouches vertes rampant sur des coquilles d’œuf, du marc de café et des emballages de hamburger roulés en boule. À côté de la rambarde en bois se trouvait une chaise de cuisine capitonnée et, en dessous, une boite en fer blanc à moitié pleine de mégots de cigares. Vu la façon dont-ils vivaient, pensa-t-il, Carl et Sandy étaient pire que les «colorés» de White Heaven et que les péquenauds de Knockemstiff. Mon Dieu, comme il détestait les ploucs. Chaque matin, à tour de rôle, les détenus de la prison du comté lavaient son véhicule ; les plis de son pantalon kaki étaient aussi tranchants que des lames. D’un coup de pied, il dégagea de son chemin une boite de conserve vide et frappa à la porte, mais personne ne répondit.”

Un pur joyau du roman noir, une intrigue remarquable, une histoire magnifique racontée avec une parfaite maîtrise. Pourtant, ces superlatifs ne suffisent pas à traduire l’émotion ressentie à la lecture de ce livre. Émotion, oui, car l’ensemble des personnages sont crédibles, jusqu’à une vérité absolue. D’une piété excessive comme la grand-mère Emma ou monstrueusement cyniques tels Carl et Sandy, fou de douleur comme Willard au point d’accomplir d’incroyables sacrifices ou d’une supériorité illusoire tel l’avocat Dunlap, tous sont l’expression de la réalité. Beauté envoûtante et tragique de leur destin, aussi paumés que soient la plupart de ces protagonistes. Quant aux décors de l’Ohio, il faut dire que l’auteur est natif de Knockemstiff, localité à laquelle il consacra son premier recueil de nouvelles. Pollock, qui y fut longtemps ouvrier, sait sans nul doute ce que représente la détresse d’une population, dans un coin aussi perdu de l’Amérique. Quant à la construction du récit, elle est tout simplement exemplaire. Ce roman magistral méritait effectivement d’être récompensé par le Grand prix de Littérature policière 2012.

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