Argent Brûlé PIGLIA78

RICARDO PIGLIA

Argent Brûlé


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Le vendredi 24 Avril 2010

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Ricardo PIGLIA




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

En Argentine, durant l’automne 1965. Malito et ses complices ont préparé un braquage spectaculaire. La bande se compose de Bazán le Bancal, du chauffeur Mereles le Corbeau, et de ceux qu’on nomme les Jumeaux : le blond Gaucho Dorda et son ami Bébé Brignone. Quant à Malito, il veut ressembler aux criminels évoqués dans les journaux “…alors qu’aux yeux des gens, il passait pour un homme froid et calculateur, un scientifique qui montait ses coups avec une précision de chirurgien.” En réalité, son impitoyable cruauté sanglante ne connaît aucune limite. Excités par toutes sortes de drogues, ses complices sont également sans états d’âmes. Le 27 septembre après 15 h., la bande attaque un transport de fonds. L’action ne dure que quelques instants. La mitraillade est intense. Les agents chargés du transfert sont froidement abattus. Sauf le gros Spector, miraculeusement sauvé, car le projectile qui le visait est dévié.

Profitant de la confusion, la violente bande prend rapidement la fuite. Ils sont pourchassés, sans grand succès. Quand leur puissante voiture est accidentée, ils s’emparent d’une camionnette. Ils se réfugient dans leur planque, fournie par Nando. Ce péroniste nostalgique est le logisticien des braquages de Malito. Avec lui, activisme politique et banditisme se rejoignent. D’ailleurs, la presse du pays relate l’affaire en suggérant autant un coup d’anciens militaires ou de péronistes. C’est le policier Silva qui est chargé de retrouver les criminels. “Le commissaire Silva de la division Vols et effractions n’enquête pas, il se contente de torturer. Sa méthode : la délation (…) Il avait monté un escadron de la mort suivant le modèle brésilien. Pourtant, il agissait en toute légalité.” Il fait arrêter Bazán le Bancal, un de ses indics. Relâché peu après, le traître Bazán est exécuté quelques heures plus tard. Ce qui ne surprend guère le policier inflexible.

Fontan Reyes, complice ayant informé Malito avant le braquage, et Blanquita Galéano (dite La Petite), jeune concubine de Mereles, sont vite arrêtés à leur tour. Brignone, Dorda et Mereles s’installent à Montevideo, dans une nouvelle planque, en attendant de passer en Uruguay. Tandis que Dorda ressasse ses perversions déviantes, dopé au haschich Brignone confie à une prostituée une version fantasmée de sa vie. Des policiers sont sur le point d’arrêter la bande lorsqu’ils contactent leur passeur uruguayen. Sous les tirs, ils parviennent à fuir dans leur Studebaker. Malgré tout, ils se réfugient en Uruguay. L’appartement n°9 où ils se cachent est une souricière. La bande est bientôt cernée par les forces de police. Toute négociation est inutile, ainsi des tentatives d‘intervention armée. “Ce sera une lutte à mort (…) La fusillade se prolonge malgré quelques interruptions et les curieux se mettent à l’abri du crachin incessant, sous le porche des immeubles où les journalistes des chaînes de télévisions les interrogent.” L’essentiel du siège dure quinze heures d’affilée…

Ne voyons pas ici une fiction inspirée de faits réels, mais une reconstitution méthodique de l’affaire. “J’ai respecté la continuité de l’action et (dans la mesure du possible) le langage de ses protagonistes et des témoins de l’histoire.” précise l’auteur, dans l’épilogue. Il imagine des scènes, extrapolant d’après des sources vérifiées. La bande se compose donc de criminels sanguinaires, dans un contexte argentin lui-même violent. Ce sont des allumés, des hallucinés, animés par un jusqu’auboutisme suicidaire. Chacun des cas psychologiques et des parcours de ces types, caricaturaux par leurs propres excès, est détaillé. Le plus troublant reste probablement leur décalage avec la réalité, qui n’existe pas pour eux. Pour le policier Silva les situe comme “des cadavres vivants (…) L’adrénaline les aide à surmonter la terreur. Ce sont des camés, des machines à tuer.” Ce roman noir “vécu” est remarquable de qualité, absolument captivant.

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CLAUDE LE NOCHER
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Une autre lecture du

Argent Brûlé

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Septembre 1965, à San Fernando dans la banlieue résidentielle de Buenos Aires, quatre malfrats ont décidé de s’emparer de l’argent destiné à des services municipaux. Une coquette somme qui doit être convoyée de la Banque des Provinces jusqu’à l’hôtel de ville. Le fourgon blindé n’a que deux cents mètres à effectuer pour sept minutes de trajet. En effet à cause d’un sens unique, le véhicule est obligé de faire le tour de la place de son point de départ jusqu’à l’arrivée. Bébé Brignone et Dorda le Gaucho, surnommés les jumeaux car ils sont inséparables, Mereles le Corbeau, le chauffeur, Malito le chef, et Bazan le Bancal ont tout prévu. Ll’opération devrait bien se passer, d’autant que les renseignements concernant ce transfert ont été obtenus auprès de policiers et d’employés municipaux. Comme le grain de sable dans les rouages est inévitable, l’affrontement entre l’escorte de deux flics dirigés par le commissaire Silva qui accompagnent les transporteurs et les membres du commando laissent des traces sanglantes et quelques corps sur la chaussée. Du côté des agresseurs seul Dorda est légèrement touché. Certains des assaillants portaient des bas sur le visage, malgré tout des témoins ont pu fournir quelques précisions sur leur apparence et leur visage. Les braqueurs sont obligés de laisser leur véhicule et continue leur cavale à bord du voiture volée. Ils se retranchent dans un des appartements qu’ils avaient loués mais la police est sur leurs traces. Alors ils détalent à Montevideo, Uruguay, avec toujours en tête de continuer leur folle équipée jusqu’à New-York et de s’y installer, mais ils agissent plus ou moins comme des amateurs. De plus leur propension à se shooter avec diverses drogues et ingurgiter force bouteilles d’alcool leur fait perdre toute prudence. Les témoignages affluent sur leur présence en tel ou tel endroit. Les policiers uruguayens encouragés par le commissaire Silva encerclent l’immeuble dans lequel Brignone, Mereles et Dorda se sont réfugiés, les journalistes et la télévision couvrant ce fait-divers peu commun. Une journée épique sanglante relatée en direct.

Cet événement a réellement eu lieu en 1965 et l’auteur relate ce fait-divers comme s’il écrivait un reportage romancé sous la forme d’une reconstitution des événements constatés, vus, ressentis par divers témoins, directs ou indirects, quidams de la rue, policiers, journalistes et autres, mais seulement suggérés. Souvent on retrouve des expressions telles que « C’est ce qu’écrivit le jeune homme qui s’occupait de la page policière au journal El Mundo… », « Une autre version non confirmée… », « Une autre version indique que… », « Une source qui préféra garder l’anonymat… », « Une version dit que la police…», « d’après l’article du jeune homme… », et ainsi de suite. En usant de tels artifices, Ricardo Piglia nous plonge au cœur de l’action, et nous fait partager les réflexions, les actes des malfaiteurs sans pour autant vouloir pencher vers une quelconque empathie. La dernière partie du roman est décrite comme s’il s’agissait d’un Fort Chabrol, vu de l’intérieur, et l’on se croirait plongé au cœur de l’action façon cinéma. Un livre étonnant et puissant, et le parcours depuis sa plus tendre enfance de Dorda est décrite d’une façon particulièrement émouvante, misérabiliste presque, ce qui ne lui donne pour autant aucune excuse. Dorda, qui est un homme fort peu disert narre entre autre, sous forme de parabole, un épisode de sa vie d’adolescent et effectue le parallèle entre l’être humain et des chardonnerets captifs. Quant à Silva, le commissaire de police, son comportement ne suscite qu’aversion, dégoût et répulsion. Il ne faut pas oublier non plus le cadre politique dans lequel évoluent ces personnages : l’après Perón, les malfrats deviennant aux yeux des policiers, et surtout de leurs supérieurs, des activistes et des terroristes.
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PAUL MAUGENDRE
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