Le Cimetière Des Chimères PIACENTINI183

ELENA PIACENTINI

Le Cimetière Des Chimères


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Le mardi 31 Juillet 2013

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Elena PIACENTINI




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Originaire de Corse, le policier Pierre-Arsène Leoni est en poste à Lille. Il habite avec sa grand-mère Mémé Angèle, qui s'occupe de Lisandra, la fille en bas-âge de l'enquêteur. Veuf, Leoni est l'amant d’Éliane Ducatel, médecin légiste qui l'épaule souvent dans son métier. Assisté de Baudouin Vanberghe, Leoni dirige une équipe efficace de la PJ lilloise. En cette journée neigeuse, ils sont appelés au cimetière de l'Est de la ville. On y enterrait Franck Bracco, ambitieux chef d'entreprise âgé de trente-cinq ans qui s'est suicidé. Le gratin de la franc-maçonnerie locale était présent. Lors de la cérémonie, Hervé Podzinsky a été abattu par un tireur. Rédacteur en chef des Échos du Nord, ce journaliste célibataire ayant “beaucoup de relations mais pas d'amis” n'avait rien d'un reporter de choc. Prudent, il n'aimait guère faire de vagues malgré quelques scandales récents secouant la métropole du Nord. Tout juste sait-on qu'il était un photographe multipliant les clichés.

Leoni se demande si les tirs visaient Podzinsky ou un des notables assistant aux obsèques. Plutôt que le franc-maçon André Kaas, la cible pouvait être Vincent Stevenaert. Fringuant sexagénaire, il est le patron d'une importante société d'immobilier et de travaux publics. L'entreprise d'informatique dirigée par le défunt Franck Bracco appartient à son groupe. Si le puissant Stevenaert n'est pas loin de divorcer à ses frais, il a des ennuis autrement sérieux avec Joost Vanbavel, “Le Flamand”. Celui-ci exige des explications sur la coûteuse embrouille qui lui a fait perdre un tas d'argent. Stevenaert n'a visiblement pas maîtrisé tous les rouages de cette affaire. Les policiers ne souhaitent pas tourmenter davantage la mère de Franck Bracco, choquée par la mort de son fils. Celle-ci est quelque peu soutenue par Florence, avocate qui était la compagne de Bracco. Qu'un vieux fusil militaire ait été utilisé par le tireur, ça n'offre pas de piste vraiment intéressante.

Franck Bracco “s'est immolé par le feu, probablement après avoir absorbé l'alcool et les médicaments retrouvés dans son véhicule”. Un suicide étonnant, selon Leoni. Il parvient à convaincre la procureure, obtenant une exhumation et une autopsie qui sera réalisée par Éliane Ducatel. Si la magistrate est quasiment aveugle, elle reste opiniâtre et sait flairer les dossiers cruciaux. Elle est contactée par la capitaine Maria Galeano de l'OCRGDF, Office central de la répression de la grande délinquance financière. Le dossier détaillé qu'on a fait parvenir à ce service concerne une énorme fraude touchant des entreprises lilloises. Pour prouver ces faits, Maria Galeano pourra compter sur la procureure et sur l'équipe de Leoni. Les policiers voudraient également joindre Paul Vasseur, collaborateur et meilleur ami de Franck Bracco. S'il est introuvable, la disparition de l'avocate Florence s'avère encore plus inquiétante. Leoni s'interroge aussi sur Olivier Duquesne, solitaire gardien du cimetière qui n'a que peu d'estime pour l'espèce humaine, préférant les chats...

Voici la cinquième aventure du commandant Leoni, personnage créé par l'auteure depuis 2008. On ne peut nier qu'il s'agisse d'un roman d'enquête. Pourtant, le contexte exprime tout autant une véritable noirceur. D'une part, un vaste scandale financier couve derrière l'affaire purement criminelle. Du côté de Lille comme ailleurs, on trouve maints affairistes dénués de scrupules, imaginatifs quand ils montent des combinaisons fructueuses. Et puis, il faudrait aussi évoquer Nathalie et Milutka, deux amies intimes depuis leur adolescence, vingt ans plus tôt. Un couple féminin ayant traversé de douloureuses vicissitudes, qui a son mot à dire dans cette histoire. D'autres encore ont ici des secrets à cacher.

Légitimement fière de ses origines, Elena Piacentini nous gratifie de quelques expressions corses en version originale. Quant à son héros taciturne, elle nous rappelle (sans lourdeur) qu'il a traversé de précédentes épreuves. Heureusement qu'il est aidé par sa grand-mère, la délicieuse Mémé Angèle. On note certains clins d'œil souriants, mais la tonalité du récit reste plutôt énigmatique et sombre, comme il se doit. Construction impeccable de l'intrigue, faits relatés sur un tempo souple, pistes nuancées, écriture subtile et précise, ce roman possède d'excellents atouts. Il n'est pas trop tard pour découvrir l'univers de Leoni, et le talent d'Elena Piacentini.

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Une autre lecture du

Le Cimetière Des Chimères

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Parution 27 juin 2013. 344 pages. 18,00€.

Un PAL à mettre en évidence sur sa PAL. Décryptage : Un Pierre-Arsène Léoni à mettre en évidence sur sa Pile à Lire.

Le cimetière des chimères n'est pas celui des indigents, peut-être celui des innocents.

Certains romans, à peine déposés sur l'étal des libraires se trouvent propulsés Meilleures Ventes de Livres. Est-ce grâce à une publicité savamment orchestrée par des éditeurs qui disposent d'assez de fond pour leur promotion ? Grâce à une mise en avant par le libraire et une pile impressionnante d'ouvrages à la disposition des chalands ? A cause de l'aura de l'auteur auprès du public, ce qui n'est pas forcément synonyme de qualité ?

Un peu de tout cela sûrement mais au détriment d'autres romans qui étant publiés par des éditeurs ne possédant pas la force de frappe de leurs confrères se trouvent relégués dans des cachettes, en bas de rayonnages ou en nombre moins conséquent ce qui oblige les éventuels chalands à les commander, ce qu'ils ne font pas toujours.

Mais certains de ces romans discrets parviennent à tirer leur épingle du jeu grâce souvent à des avis élogieux, mais non laudateurs ou flagorneurs, publiés par des fanzines ou sur des blogs tenus par des chroniqueurs amateurs éclairés. Et le bouche à oreille fonctionne ne propulsant pas forcément ces romans en tête des ventes mais leur permettant de vivre plus longtemps et même d'obtenir ou d'être nominés à des prix qui ne sont pas frelatés.

Le cimetière des chimères d'Elena Piacentini fait partie de ces romans sélectionné pour le Prix 813 et je propose donc avec plaisir une séance de rattrapage.

Plop, plop, plop... Non, ce n'est pas une soupe qui glougloute dans une marmite en ce 13 janvier 2009, alors que la neige tombe sur Lille. Il s'agit de trois coups de feu tirés dans le cimetière de l'Est alors que les Pompes Funèbres procèdent à l'enterrement de Franck Bracco. Sont présents à cette cérémonie des amis du défunt, Vincent Stevenaert riche promoteur immobilier dirigeant d'une entreprise de travaux publics, André Kaas, notaire et président du club Phi 59, une association qui regroupe différents acteurs du monde de la finance locale, et tous deux Franc-maçon. Se tient près d'eux Hervé Podzinsky, rédacteur en chef des Echos du Nord, et une soixante d'autres personnes. Parmi les femmes Christine Bracco la mère et Florence Roussel, avocate pénaliste et compagne du suicidé. Car tout semble supposer que Bracco se soit immolé par le feu.

Hervé Podzinsky recueille deux des balles tandis que la troisième effleure le crâne de Stevenaert. Le commissaire Pierre-Arsène Léoni et sa fine équipe sont immédiatement sur les lieux afin de recueillir les premières dépositions et relever les indices. Sont donc présents sur le site, outre les agents affectés à protéger les environs, l'adjoint de PAL, le commandant Baudoin Vanberghe, renommé plus pour sa gourmandise que pour son affabilité qui pourtant n'est pas de façade, François de Saint Vénan, un habitué des confessions puisque dans une vie antérieure il fut prêtre, le lieutenant Grégoire Parsky ancien militaire au faciès de boxeur et ayant désobéi par humanisme aux ordres de son supérieur lorsqu'il était en poste en ex-Yougoslavie et, enfin, le benjamin de l'équipe Thierry Muissen, qui en dépit des regards énamourés que lui jettent ses collègues féminines reste fidèle à sa femme, elle même lieutenant affectée à la Mondaine.

La localisation du tireur, à défaut de son nom, est facilitée grâce au gardien du cimetière, et une douille est retrouvée. L'homme, à l'allure dégingandée et habillé de bric et de broc, effectue sa tournée tous les matins et tous les soirs et le reste du temps il veille sur ses protégés, des chats. D'ailleurs il en manque un, Kahn, retrouvé un peu plus tard sous des branchages. Le matou est amoché et PAL contacte son amie Eliane, médecin légiste afin d'obtenir l'adresse d'un vétérinaire. Mais l'important n'est pas là. Il faut savoir si Stevenaert était visé et si Podzinsky ne fut qu'une victime collatérale.

Les recherches sont axées sur le journaliste, qui possédait comme passion la photographie, seule chose d'ailleurs en laquelle il excelle. Et PAL et ses hommes remarquent que Podzinsky avait une nette préférence pour les clichés pris en réunion et montrant ses concitoyens en discussion ou autres. L'ordinateur révèle d'ailleurs quelques prises de vue fort intéressantes. L'agent Cimonard, une jeune policière férue d'informatique mais fort timide est chargée de puiser les renseignements à gauche et à droite via la toile. Une plaque a été disposée sur la tombe de Bracco, émanant d'un certain Paulo, Paul Vasseur, le meilleur ami du défunt mais le fameux Paulo n'était pas présent lors de la cérémonie funèbre et il semble s'être évanoui dans la nature. Mais il faut également chercher dans l'entourage plus ou moins proche de ce Bracco pas niais.

A Nanterre la capitaine Maria Galeano, de l'Office central de la répression de la grande délinquance financière, se voit remettre une enveloppe récupérée au courrier par son adjoint un jeune stagiaire. Or cette enveloppe contient des renseignements qui concerne une affaire lilloise et elle se trouvera à collaborer avec Leoni et la procureur Danielle Arzilagne qui, malgré une vue défaillante, ne perd pas des yeux les affaires qui lui sont confiées.

Plus que l'enquête, ce sont les à-côtés qui sont importants dans cette histoire traversée par celle de Nath et de Milutka, deux adolescentes d'une quinzaine d'années et dont le lecteur fait connaissance en été 1989. Elles habitent toutes les deux Lille, fréquentent le même établissement scolaire mais il existe une profonde différence sociale entre les deux amies. Nath est fille d'ouvriers, tandis que Milutka a une père médecin et une mère institutrice. D'ailleurs les deux mères se côtoient car celle de Nath exerce ses talents au ménage et à la cantine de l'établissement où celle de Milutka enseigne. Les deux gamines sont très proches et leur destin va basculer le jour où le père de Nath apprend qu'il va perdre son logement, son propriétaire et patron ayant vendu le terrain sur lequel les habitations de la courée sont disposés à un groupe immobilier. Le père garagiste s'était retrouvé du jour au lendemain à la porte, avec aucun dédommagement, étant payé la plupart du temps de la main à la main et la location étant déduite de la feuille de paie lorsqu'il y en avait une.

Donc nous suivons les deux gamines de ce terrible été 1989 jusqu'en cet hiver 2009, dans un récit intercalé dans l'enquête. Autre point principal du récit, c'est la focalisation sur certains personnages dont une grande partie est consacrée à PAL. Se retrouver dans un cimetière lui ravive de douloureux souvenirs, sa femme étant décédée en mettant au monde sa fille Lisandra. Lisandra est élevée par la grand-mère Angèle qui elle-même l'avait élevée dans le respect et la dignité. Tous trois habitent ensemble dans la même maison disposée sur plusieurs étages. PAL aime Eliane, la médecin légiste qui prend une part non négligeable dans l'enquête, et la réciproque est réelle. Elle est acceptée par Angèle mais ils ne vivent pas ensemble, partageant parfois une nuit.

Un roman qui s'attache plus à l'humain qu'aux actes en eux-mêmes et surtout qui montre les conséquences néfastes de certains décisions prisent dans un esprit mercantile. Et comme le déclare le gardien du cimetière à PAL : Les flics, ça vous pose toujours un tas de questions : quand, comment, pourquoi... Et finalement, ça oublie d'écouter ce qui a vraiment de l'importance.

La vérité sortira de la tombe où elle pensait pouvoir se faire oublier.

Quant au mobile de ce meurtre, il prend sa source dans le marché de la taxe carbone, et surtout aux arnaques et aux fraudes, mais Elena Piacentini nous en parle beaucoup mieux que je ne saurais le faire dans son annexe fort intéressant placé en fin de volume. Enfin je n'aurai garde d'oublier deux petits clins d'yeux de l'auteur à Maxime Gillio et à l'ami blogueur québécois Richard de Polar Noir et blanc.

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