L’homme à La Carrure D’ours PAVLOFF135

FRANCK PAVLOFF

L’homme à La Carrure D’ours


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Le mardi 25 Janvier 2012

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Franck PAVLOFF




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Tout là haut, au-delà de 79 degrés de latitude nord, dans un territoire lapon, survivent les reclus. Ils sont disséminés, parqués dans une espèce de réserve, regroupés en communautés par affinités ou par leurs origines. Des Norvégiens, des Finlandais, des Ukrainiens, des Russes, des Lapons. Ils travaillaient, il y a plus de trente ans, au bord de la mer. Mais l’explosion de l’ancienne URSS a explosé en même temps leur vie. Ils sont confinés dans la Zone, répartis en Block, Trust, Comptoir, Verodvinsk, Gronika, anciennes appellations de cette usine rayée de la carte. Ils n’ont pas le droit de franchir la frontière, des gardes veillent. Dès qu’ils s’approchent des limites, des militaires leur tirent dessus. Des snipers qu’ile ne voient pas mais sont bien présents. Pour preuve les tirs, les détonations qu’ils entendent et auxquelles ils échappent en chaloupant dans la neige.

Avant existait un port en ruines, Voulkor mais ils ne peuvent l’aborder car il se trouve de l’autre côté de la frontière. Des sous-marins nucléaires ont été sabordés. Avant des mineurs travaillaient dans les mines, mais ils ont péri dans les explosions fomentées par les Autorités, et qui les ont ensevelis pour toujours. A l’horizon ils peuvent contempler l’îlot de Barentz, une terre hostile comme la leur mais qu’ils ne peuvent approcher ne possédant aucun moyen de navigation. En auraient-ils courage ?

Durant les premières années de réclusion, une épidémie étrange et meurtrière a sévi. Certains survécurent et ils parlèrent alors de malnutrition, de manque d’hygiène, mais c’est si loin tout ça. Pourtant les mémoires entretiennent cette époque sombre.

Parmi les membres de ces communautés qui se regardent en chiens de faïence, deux personnages émergent. Kolya, un Lapon qui vit seul. Il entretient une parcelle de terre, plantant des fleurs lorsque la belle saison revient. Son occupation consiste à sculpter des figurines d’ivoire et des plaquettes représentant des oies, puis de les enfouir dans son jardin secret. Il récupère des défenses de mammouth dans un endroit dont il tait jalousement l’emplacement. Lyouba est une jeune femme de vingt ans. Depuis ses dix-huit ans ne parle plus. Elle a été élevée par Misha, une vieille femme, car ses parents sont morts alors qu’elle était toute jeune. Sa mère de substitution de religion orthodoxe voue une adoration particulière à Marie Salomé. Le pope Basile règne sur ses ouailles, enfin ceux qui croient encore en la religion.

Kolya a pris Lyouba sous son aile protectrice, or un jour il s’inquiète. Lyouba a disparu. Il la retrouve dans les ruines d’un jardin d’enfant, de l’autre-côté de la frontière, endormie dans une sorte de tunnel, le corps recouvert d’une cape en peaux de loups.

La neige, le vent, le blizzard, la froidure balaient la Plaine. L’alimentation consiste en de vagues légumes récoltés aux beaux jours et en animaux attrapés difficilement. Les oies, lors de la migration, les lagopèdes, les lapins, les renards sont des proies estimées. Mais ils se passeraient bien des moustiques qui pullulent lorsque le soleil daigne apparaître après de longs mois d’hivers. Pour se réchauffer ils utilisent des briquettes de tourbe, un peu de bois. Mais surtout ils boivent du kvas, une boisson fermentée plus ou moins alcoolisée ainsi que des alcools plus forts et frelatés. Les esprits s’échauffent malgré le froid et le drame ne demande qu’à éclater, exploser dans une nature âpre, aride, sauvage, hostile.

Une fois de plus, mais personne ne s’en plaindra, Franck Pavloff nous offre une histoire dure, poignante, montrant les méfaits de la solitude imposée, du parcage d’êtres humains qui subissent les décisions des Autorités à cause de décisions politiques qui « oublient » les hommes au profit de contingences matérielles, politiques, économiques et scientifiques. Ni le lieu ni la date ne sont précisés mais le lecteur ne sera pas berné. Seule importe l’histoire qui, comme dans Matin Brun, est une parabole à décrypter selon ses sensibilités. Mais l’avenir que décrit Franck Pavloff au travers des vicissitudes de ces exclus n’est pas rose. Il est vrai que cela se passe dans un endroit reculé, loin de toute existence humaine, mais quand même, il n’est pas vain d’extrapoler.

L’ambiance du Grand Nord, les décors, les paysages, la rudesse des hommes, tout cela m’a fait penser à Jack London lorsqu’il décrit le Grand Nord Américain et Canadien, les orpailleurs, les trappeurs, les paysages, la faune, et bien évidemment les tensions qui s’exacerbent.

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