Un Petit Jouet Mécanique NEUSER63

MARIE NEUSER

Un Petit Jouet Mécanique


Aux éditions L'ECAILLER

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Le vendredi 9 Septembre 2012

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Marie NEUSER




Une lecture de
JEANNE DESAUBRY

JEANNE DESAUBRY
Un petit Jouet MécaniqueMarie NeuserEditions L’Ecailler 2012Anna a seize ans. C’est dur, l’adolescence. Les vacances en tête à tête avec les parents, la même plage que depuis toujours, les mêmes murs, la solitude brûlante d’un village de bergers en Corse. Magnifique. Magnifique, mais étouffant.Les aspirations d’Anna la conduisent loin. Rome ou Paris, Londres ou New-York, une école de design, des rêves d’écriture. Quels parents peuvent comprendre ça ? Venant troubler cette routine estivale, débarque la sœur aînée, Hélène. Trente ans, blonde, ronde, quand Anna est sèche et brune. Nulle complicité entre les deux sœurs, nulle tendresse. Une indifférence autrefois, glissant aujourd’hui vers la rivalité et bientôt la haine. Hélène est venue avec Léa, son bébé de un an, qui conquiert instantanément le cœur d’Anna.Cependant que l’adolescente fond pour cette nièce qui apprend juste à marcher, le comportement de sa sœur l’intrigue, puis l’inquiète. Hélène pousse des cris de diva au moindre bobo de son bébé, se précipitant aux urgences pour une piqure de guêpe. Mais alors, pourquoi ne pas chasser les guêpes ? Pourquoi ne paUne angoisse permanente va se nicher dans le cœur d’Anna qui se sent pousser des ailes d’ange gardien. Sera-ce suffisant pour éviter le drame ?Marie Neuser nous offre une peinture particulièrement délicate et juste de l’adolescence et de son inconfort moral et affectif. Dans une langue au style fluide dont l’épuration n’a pu qu’être très travaillée, elle nous narre aussi la chaleur du maquis, les transparences de la méditerranée, la beauté du lever du soleil.Elle réussit à merveille le portrait délicat d’Anna, en équilibre douloureux sur le fil du rasoir de l’adolescence. Elle saisit d’instinct et avec justesse le schéma souterrain des relations familiales.La tension qu’elle instille dans cet été corse doit beaucoup à l’élégance de la langue, à sa subtilité. Les pensées d’Anna filent parfois plus vite qu’elle ne le voudrait, entrainant un flot d’émotion profond, parfois douloureux. Le jeu sur les mots révèle à merveille cette scansion intérieure tendue par l’angoisse.Avec « Je tue les enfants français dans les jardins », son premier roman, Marie Neuser avait surtout troublé par la rage qui empoignait sa plume. L’histoire dérangeante, les qualificatifs dont elle (dé)parait la jeunesse avait relégué la qualité de la plume au second rang. Aujourd’hui, avec ce court roman, violent comme un coup de soleil, elle révèle un grand talent narratif et littéraire.
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Une autre lecture du

Un Petit Jouet Mécanique

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

L’année des méduses.

Acquargento, quelque part dans le Cap Corse. Cela fait tout drôle d’y revenir vingt ans après. La vieille maison abandonnée a souffert, comme l’on dit, des outrages du temps. Il va falloir tout nettoyer, réparer, se débarrasser des bricoles qui étaient déjà hors d’usage ou qui se sont détériorées, les jeter ou les brûler, se réapproprier l’endroit, l’assainir. Mais pour l’instant ce sont les souvenirs qui affluent en masse et vous oppressent, l’accrétion de votre mémoire se focalise sur un petit canard mécanique au duvet râpé, mité, rouillé, grippé, retrouvé dans un placard.

La dernière fois que vous êtes venue à Acquargento, vous aviez seize ans, une apparence d’adolescente gothique androgyne, un peu rebelle. Durant sept années à la même période vous débarquiez dans cette maison, installée dans la routine. Vous étiez entourée d’un père qui passait ses journées à retaper l’intérieur, à monter des murets, à décliner le jardin en terrasses successives, d’une mère occupée à soigner ses fleurs, ses arbres fruitiers, à préparer des conserves, des confitures.

Vous ? Vous étiez seule, baladeur sur les oreilles, Nick Cave et quelques autres en boucle, descente à la plage située cinq kilomètres plus loin, plus bas.

Vous aviez neuf ans lorsque vos parents se sont entichés de cette maison perdue dans la nature. Avant, les vacances estivales, deux mois, s’échelonnaient de location en location. Et puis le coup de foudre et tous les ans, voiture bondée de cartons emplis de vieilleries, on ne sait jamais, cela peut toujours servir, direction Acquargento, sa chambre bleue, sa chambre jaune, sa chambre rose, la vôtre. Puis vous avez demandé à investir une pièce dans les combles, avec une vue magnifique sur la mer. Un régal pour vos yeux d’artiste, vous qui aimez reproduire vos impressions à l’aide de crayons, de fusains.

L’année de vos seize ans, bouleversement dans les habitudes. Votre sœur Hélène débarque à l’improviste accompagnée de sa fille Léa, un an, un bébé qu’elle a eu toute seule. Vous ne vous êtes jamais senties proches, complices. Forcément, douze ans de différence, cela compte et lorsque vous avez été en âge de pouvoir jouer avec Hélène, de passer vos vacances ensembles, votre sœur était partie afin de suivre des études d’infirmière, ici, là, ailleurs, déménageant sans cesse.

Et vous, Anna, vous avez poussé seule, entre deux ou trois copines, des cours de danse, même pas d’amoureux pour relever, pimenter vos journées. Petit coquelicot fragile monté en graine, déjà fané.

L’intrusion d’Hélène possède un avantage non négligeable, car la petite Léa vous conquiert et vous adopte immédiatement sans que vous soyez obligée de bêtifier. Un grand sourire franc, ravageur, de petits bras potelés qui se tendent vers vous, une démarche pataude lors de crapahutages sur la terrasse recouverte de dalles de pierre posées de guingois, ou sur le sable. La surveiller lorsqu’elle approche trop près de l’éboulis, là où le muret n’est pas fini d’être édifié, ne pas trop s’éloigner.

En arrivant Hélène s’est répandue en récriminations, critiquant le danger potentiel de l’éboulis, des murets, des prises électriques, de l’escalier, tout un tas de récriminations dont vos parents sont forts marris. Après tout c’est Hélène qui s’est invitée ! Vous vous posez des questions, car enfin, Hélène, pourrait s’en occuper un peu de Léa, au lieu de farnienter au soleil.

Un vrai contraste vous deux. Vous, Anna la gothique filiforme, elle Hélène la bimbo blonde aux chairs épanouies. Et puis Hélène ne s’adresse à vous que pour vous balancer des piques, des paroles blessantes, dégradantes. Jamais de gentillesse. Vous êtes comme chat et chien et les parents qui ne se rendent compte de rien, ou qui ne veulent pas, trop occupés à vaquer ici et là, et le père à cuver le soir les quelques bières ingurgitées de trop dans la journée.

Il fait chaud, très chaud, et Léa attrape un rhume, une rhino, une bronchite, quelque chose comme ça. Alors Hélène l’infirmière s’affole, sans s’affoler, se rend chez le médecin, un jeune homme très bien, achète les médicaments prescrits, le rôle normal d’une maman poule. Sauf que vous êtes quand même étonnée lorsque vous découvrez, par hasard, en fouillant dans la valisette de toilette d’Hélène, mais était-ce vraiment fouiller, que la pharmacopée est toujours dans ses emballages intacts. Seule la bouteille de sirop antitussif est largement entamée. Un premier incident suivi d’autres dont celui de la méduse. Les voisins de plage avaient prévenu, mais Léa s’était éloignée seule vers l’eau. Une méduse s’est amusée à la chatouiller, Hélène à brailler et vous Anna êtes restée médusée.

Un drôle d’été que cet été de vos seize ans, et ce n’est pas le bel éphèbe, Italien ou Russe, accompagné d’une femme nettement plus âgée que lui, mutiques tous les deux, qui fixent l’horizon, qui va colmater les brèches qui s’installent dans votre cerveau quant au comportement versatile, lunatique, de votre sœur. Comme si elle possédait deux personnalités, comme si elle jouait un double rôle de spectatrice et de mère éplorée.

Oui, un drôle d’été, l’année des méduses, et du petit canard mécanique au duvet râpé avec lequel jouait Léa.

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PAUL MAUGENDRE
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Un Petit Jouet Mécanique

de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Anna, âgée aujourd'hui de trente-six, est mariée à Pierre. Avec leur fils Youri, le couple est de retour pour les vacances dans la maison corse de la famille d'Anna, à Acquargento. Il y a vingt ans que plus personne de la famille Jorand n'a y mis les pieds, laissant la demeure à l'abandon. Anna se remémore les séjours qu'elle fit dans cette maison, entre les âges de neuf ans et seize ans, avec ses parents Rosa et Gilles. Enfant, elle était fière de venir dans la maison au cœur d'un village déserté. Adolescente, elle s'y ennuyait ferme malgré la plage lui offrant, en contrebas, quelques plaisirs. Elle se créa un espace personnel qu'elle baptisa le Cosmos. Se sentant telle Anna Brontë, elle y ruminait ses goûts pour le rock tendance Nick Cave ou Christian Death, pour l'art obscur et les films connus d'elle seule.

En ce mois de juillet 1989, Anna réalisait qu'avoir seize ans, c'est être sortie de l'époque enfantine. Elle éprouvait des envies de découvertes, de villes étrangères, trouvant pesant ce séjour-contrainte avec Gilles et Rosa. Malaise intérieur, silence du village, même plage, rien d'excitant. C'est alors qu'arriva sa sœur Hélène, et son bébé d'un an, Léa. Il existait une large différence de génération, donc d'état d'esprit, entre elle et son aînée de douze années. Infirmière blonde aux yeux bleus, Hélène se débrouillait sans compagnon pour élever sa fille. Quant au reste, Anna la trouvait d'une futilité exaspérante. Une cagole, qu'elle finirait par considérer comme une véritable connasse. Hélène ne vit en elle qu'une gamine mal dégrossie, Rosa se tenant à une neutralité plutôt favorable à l'aînée.

Anna fut sous le charme de la petite Léa, moins fascinée que les autres : “Mais vous ne parvenez pas, comme font vos parents, à vous extasier bruyamment sur le répugnant barbouillis des repos, les borborygmes bestiaux, les sourires édentés. Tout cela, en définitive, vous emmerde au plus haut point.” Léa méritait une protection permanente, à l'évidence dans ce rugueux décor de Corse, tout obstacle étant dangereux. À cause du changement d'air, à cet âge, il n'était pas surprenant que Léa tombe malade. Anna trouva que sa sœur ne soignait pas correctement son bébé. Étonnant de la part d'une infirmière, qui n'avait même pas ouvert certains médicaments.

Ça n'allait pas améliorer les rapports entre les deux sœurs, cet incident. Anna resta d'autant plus attentive à sa nièce. Ce ne fut pas le seul problème autour de la petite Léa. Anna simula un rapprochement avec Hélène, dans le but de contrôler tant soit peu la situation. Et d'étayer ses hypothèses. Mais peut-être valait-il mieux qu'elle s'occupe de ses affaires, qu'elle aille à la plage et se laisse séduire par ce bel Italien de Bologne, étudiant en architecture ? Après tout, Hélène était responsable de son enfant…

Une histoire en forme de huis-clos, considérant que tout se passe sur un lieu de vacances. Décor aéré, puisqu'une route en lacets permet de descendre du village à la plage. Ce qui n'empêche pas un certain isolement pour les protagonistes. Le thème exploité n'est absolument pas nouveau : il s'agit du soupçon. Comme, par exemple, dans bon nombre de films d'Hitchcock. L'originalité vient ici de la narratrice, une adolescente. Car le regard que porte sur son monde une jeune fille de seize ans est souvent biseauté. Elle commence à se créer un univers personnel, forcément éloigné des références parentales. Elle ose une opinion qui lui paraît réfléchie, avec tout le sérieux du début de maturité qui l'habite. Mais sa parole, son questionnement, comptent encore peu.

La manière narrative est fort intéressante, aussi. C'est à la fois l'adolescente qui témoigne, qui retrace cet épisode de sa vie, mais avec le recul de l'adulte, vingt ans plus tard. Anna ne se juge pas elle-même, n'incrimine pas sa famille. Elle décrit l'atmosphère telle qu'elle l'a ressenti alors, avec l'idée qu'elle semblait la seule à éprouver : une suspicion teintée de jalousie, peut-être et même sûrement, envers une sœur aînée différente, jeune mère trop peu maternelle à ses yeux. Des personnages crédibles, des caractères réalistes, en effet. Un très bon suspense psychologique.

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