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GILLES MORRIS-DUMOULIN

Le Forçat De L’underwood


Aux éditions MANYA

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Le mercredi 21 Mars 2013

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Gilles MORRIS-DUMOULIN




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Etre écrivain de littérature populaire, cela demande beaucoup d’abnégation, car, à de rares exceptions près, la reconnaissance du critique, du lecteur n’est pas toujours au rendez-vous.

Gilles Morris-Dumoulin fait partie de cette cohorte de romanciers qui depuis les années cinquante enchante bon nombre de lecteurs de ma génération, leur apportant le plaisir de lire et leur procurant évasion à bon compte. Malheureusement, et malgré les tirages conséquents, ces auteurs populaires restent cantonnés dans un statut rejeté par les intellectuels, traités par le mépris et le dédain.

Que l’on en juge au travers de quelques chiffres : dans les années 50-60, il n’était pas rare qu’un roman policier, paru au Masque, à la Série Noire ou au Fleuve Noir atteigne ou dépasse les 100.000 exemplaires. Il n’y avait nulle gloriole à cela, seulement la satisfaction du devoir accompli par des professionnels de l’écriture. Aujourd’hui les best-sellers atteignent péniblement ces tirages, et les heureux élus se frottent les mains, tout comme leurs éditeurs d’ailleurs. Il est vrai que la télévision, les jeux vidéos, Internet, ont fait une intrusion bouleversant les mœurs, bousculant le choix des loisirs, les journaux écrits ayant eux aussi subi cette concurrence.

Cette entrée en matière ne semble qu’être un ramassis de lieux communs, mais hélas elle n’exprime que trop bien la réalité.

Revenons à notre sujet, Gilles-Maurice Dumoulin, alias Gilles Morris-Dumoulin, alias G. Morris et quelques dérivés, alias Vic Saint-Val.

Né au Havre le 16 janvier 1924, Gilles Morris-Dumoulin a vécu une enfance entre une mère possessive et un père qui entrainé de par ses fonctions sur le port du Havre sombra dans un alcoolisme l’emportant trop jeune à l’affection des siens, comme écrirait un auteur de mélos. Gilles occupe ses loisirs à lire, et ingurgite les méthodes Assimil, en véritable autodidacte, de l’Anglais, de l’Allemand, du Néerlandais, de l’Espagnol et de l’Italien. Ses débuts à la machine à écrire seront assez pragmatiques puisqu’il se fera les doigts chez un importateur de coton brut en tapant les factures.

La guerre arrive avec son lot de bombes, et la ville du Havre n’est guère épargnée. Il suit avec sa mère le chemin des réfugiés vers le Sud de la France. Le démon de l’écriture le travaille déjà et il écrit une pièce de théâtre qu’il joue avec quelques camarades. Il est également attiré par la chanson, et c’est sur une scène qu’il connaitra Gilou qui deviendra sa femme, sa compagne, son soutien. Il faut assurer la pitance et c’est au camp Phillip Morris au Havre, où il travaillera six mois, qu’il engrangera quelques souvenirs fournissant la trame et l’atmosphère de Assassin, mon frère, l’un de ses romans. Puis il mettra le pied, ou plutôt la main à la traduction. Ce seront les années de galère, de sous-locations en appartements miteux. On lui doit, entre autres, la traduction du Carnaval des Gueux de Robert Ruark, de Tant qu’il y aura des hommes de James Jones, du Bal des maudits d’Irwin Shaw, et la série des Mike Hammer de Mickey Spillane qui fut un énorme succès.

De son premier livre écrit et présenté aux éditeurs qui pour lui représentaient alors le gratin, Le Seuil, Gallimard ou Denoël, de sa première désillusion, de son premier refus, non pas à cause de la qualité de son manuscrit mais parce qu’il était trop jeune, de ses rencontres avec Sven Nielsen, fondateur des Presses de la Cité et de la célèbre collection Un Mystère, avec Marcel Duhamel qui lui tint toujours grief de travailler pour Nielsen, de son Grand Prix de Littérature Policière 1955 pour Assassin, mon frère, de sa carrière au Fleuve Noir dans les diverses collections, de tous les choix qu’il fut obligé de prendre un jour ou l’autre et qui le conduisirent inexorablement dans des impasses, de toutes ses aventures et mésaventures, Gilles Morris-Dumoulin nous livre un panorama complet, d’une frappe caustique et parfois désabusée.

Il dresse l’inventaire de ces petites joies de l’existence et de ces moments de galère qu’ont connu bien d’autres écrivains, parce que ce sont des professionnels et non des dilettantes, qu’ils écrivent à un rythme infernal pour vivre. Et c’est ce rythme, cette abondance de titres, cette imagination, qui leur sont reprochés comme autant de défaut, les imbéciles croyant et claironnant aux quatre coins une incompatibilité entre rapidité d’écriture et talent.

Un livre de souvenirs pétri d’anecdotes, de mises au point, enrobé d’humour, écrit avec cette désinvolture propre à ceux qui ont connu le bon et le moins bon dans leur vie mais n’en garde aucune acrimonie. Gilles Morris-Dumoulin n’a pas été seulement romancier et traducteur, mais également scénariste, dialoguiste, auteur de chansons. Et lorsqu’il préféra se cantonner à la rédaction de son œuvre personnelle, on lui reprocha de ne plus assurer de traductions, métier exigeant mais mal payé car au forfait. Mais je reviendrai peut-être sur ses impressions et souvenirs de traducteur.

A noter que tous les titres des chapitres sont empruntés à des titres de ces romans.

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