La Franc-maçonnerie Des Femmes MONSELET218

CHARLES MONSELET

La Franc-maçonnerie Des Femmes


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Le jeudi 16 Septembre 2011

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Charles MONSELET




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Qui se souvient aujourd’hui de Charles Monselet ? Il fait partie de cette longue cohorte des écrivains français du XIXème siècle chassés des étagères des bibliothèques et relégués dans le fin fond des oubliettes, en compagnie d’auteurs comme Paul Saunière, Gustave de La Landelle, Ernest Capendu, Maurice Drack ou encore Fortuné du Boisgobey. Ce fut un journaliste, romancier, poète et auteur dramatique français, surnommé « le roi des gastronomes » par ses contemporains. Il possède à son actif une quarantaine d’ouvrages dont La Franc-maçonnerie des femmes que je vous présente aujourd’hui et qui parut en quatre volumes en 1856 chez Michel Levy frères. Ironie du sort, il a publié chez le même éditeur Les Originaux du siècle dernier, les oubliés et les dédaignés. Pouvait-il prévoir que pareille mésaventure lui serait préjudiciable ?

Les bains de mer ne sont pas encore à la mode pourtant quelques personnes de bonne famille daignent s’y rendre, notamment à La Teste de Buch, petite commune située dans le bassin d’Arcachon. En ce mois d’août 1843, Irénée de Trémeleu, jeune gentilhomme parisien y retrouve la comtesse d’Ingrande et sa jeune fille Amélie, âgée de quatorze ans, ainsi que la marquise de Pressigny. Les deux sœurs souhaitent vivement qu’Irénée s’intéresse à Amélie et qu’un mariage soit concrétisé. Seulement Irénée aime à la folie une jeune cantatrice, la Mariana, qui de son côté s’est entichée d’un bellâtre, ambitieux, fat et misogyne, Philipe Beyle. Celui-ci a fait de Marianna sa maîtresse mais il aimerait s’en débarrasser. Seulement Mariana s’accroche à lui, persuadée qu’elle saura l’amener à de meilleurs sentiments. Monsieur Blanchard, homme seul et énigmatique, après avoir essuyer de nombreux refus et significations de non-recevoir auprès des deux aristocrates, demande à Irénée de le présenter à mesdames d’Ingrande et de Pressigny.

Amélie manque se noyer lors d’une promenade en barque sur le bassin et Marianna parvient à la sauver. Ce n’est pas pour autant que ces dames la considèrent comme une femme de qualité. D’origine modeste, élevée à l’instar d’une Cendrillon et ne devant sa notoriété que grâce à un éditeur musical, elle est devenue célèbre comme cantatrice, mais elle n’est justement qu’une artiste. Blanchard parvient enfin à ses fins et remet à madame de Pressigny une cassette qu’il a recueillie auprès d’une vieille dame qui se mourrait, assassinée, près d’Ecouen en région parisienne. Une fois seule Madame de Pressigny ouvre le précieux dépôt qui contient outre des papiers d’importance, une croix à sept pointes ornée de pierreries et qui l’intronise grande maîtresse de la Franc-maçonnerie des femmes. A cause de Marianna, un duel doit opposer Beyle à de Trémeleu avec pour témoins Blanchard et Péché, un marinier local.

Un an plus tard : le comte d’Ingrande se rend chez une jeune femme nommée Pandore. Alors qu’il attend d’être introduit dans les appartements de Pandore, il aperçoit un papier qui traîne. Une enveloppe qui possède un cachet représentant un essaim d’abeilles frappant au visage un imprudent et sur lequel est inscrit « Toutes pour une, une pour toute ». Ce qui amène Ingrande à se présenter chez la Pandore, une femme qu’il entretient, se résume en une consigne : faire attention à un certain Philippe Beyle. Or la suscription de la lettre, il l’apprendra plus tard, est claire. Pandore doit ruiner Beyle, lequel s’éprend d’Amélie.

Cette devise vous remémorera sûrement celle qui fut le cri de ralliement des Mousquetaires dans le roman d’Alexandre Dumas. Mais nous ne sommes point au temps de Louis XIII et de Richelieu. Cette histoire se passe dans les années 1840, dans un contexte totalement différent de ce qui se déroulait deux siècles auparavant au temps des Mousquetaires du Roi. Et pourtant il existe quelques similitudes. Les duels évidemment ; les femmes fatales, également ; les secrets enfouis dans des cassettes et des meubles à tiroirs. Et pourtant, ce roman témoigne d’une modernité indéniable et ce n’est pas l’écriture de Charles Monselet qui y contribue pour beaucoup. Si certains passages s’étirent dans une lenteur exquise sans pourtant être alambiquée et sans emphase, la plupart du temps Monselet emploie des phrases courtes, directes, vivantes, comme dans le premier chapitre. Mais comme pour un film, chaque séance se doit d’être traitée avec souplesse, vivacité, douceur, poésie, violence, lyrisme, éclat. Des étirements de phrases qui parfois sont légèrement ampoulées, c’était la mode, mais il se moque de lui-même lorsqu’il fait déclarer à Pandore lors d’une discussion avec Ingrande : Que vous avez une rhétorique vieillie !

Parfois les chroniqueurs littéraires ont tendance a prélever une phrase, une séquence, afin d’illustrer le propos. Mais ceci s’avère dangereux dans certains cas, car le texte proposé hors contexte peut être détourné de sa signification, et exprimer tout le contraire de ce que l’auteur voulait exprimer. Ainsi je ne pourrais prélever un passage lorsque Beyle se répand en propos exécrables à l’encontre des femmes, de la gent féminine qu’il place plus bas que terre sans dénaturer les propos qui pourraient être imputer à Monselet alors qu’il démordre la misogynie de Beyle.

Cependant je ne peux m’empêcher d’extraire deux phrases qui prouvent la modernité de la pensée de Charles Monselet, en plus de son évidente attirance pour la condition féminine trop souvent bafouée. Deux réflexions qui sont de plus en plus d’actualité : Dans des pays comme la France, où tout le monde ne mange pas, ceux qui mangent devraient au moins se cacher. C’est le contraire qui arrive. En effet alors que le Secours Populaire, les Restos du Cœur, la Banque Alimentaire enregistrent de plus en plus de demandeurs, l’on voit fleurir à la télévision des émissions culinaires et dans les kiosques des magazines consacrés au bien-manger.

La politique est également abordée, et si cette phrase n’avait pas été écrite au milieu du XIXème siècle nul doute qu’aujourd’hui on pourrait la trouver sous la plume de philosophes impartiaux : Interrogez nos plus profonds politique. Tous vous diront que, dans un Etat sagement constitué, un ambitieux est un élément de désorganisation bien autrement redoutable qu’un chef de brigands.

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