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KARIM MISKE

Arab Jazz


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Le mercredi 12 Octobre 2012

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Karim MISKE




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Hôtesse de l’air, Laura Vignola a été assassinée chez elle, dans un immeuble du 19e arrondissement de Paris. Elle est morte d’hémorragie après avoir été mutilée, torturée. La jeune femme était issue d’une famille de Niort adepte des Témoins de Jéhovah, avec laquelle elle avait rompu tout contact. La police a été alertée par un appel téléphonique venant du 18e. Les flics de ce quartier n’ont pas trouvé de témoins, ou sont réticents à collaborer avec leurs collègues du 19e. En réalité, le premier qui a découvert le cadavre, c’est Ahmed Taroudant, voisin de la victime. Âgé de trente ans, ce métis arabe vivote en touchant l’Allocation Adulte Handicapé. Il fut suivi par le Dr Germain, un psy, suite à une sévère dépression. La passion d’Ahmed, ce sont les polars classiques ou moins bons qu’il achète au bouquiniste brocanteur du coin, le vieux M.Paul. Par ailleurs, Ahmed se laisse souvent envahir par des rêves et des réminiscences de son passé tourmenté.

N’ignorant pas qu’il ferait un parfait suspect, d’autant que la belle Laura n’était pas insensible à son charme, Ahmed prétend ne rien savoir face aux enquêteurs. Un curieux duo, ces deux protégés du commissaire Mercator. La rousse Rachel Kupferstein, Juive ashkénaze, admiratrice d’Ellroy comme Ahmed, s’interroge sur le possible sens religieux du meurtre de Laura. Sceptique face aux croyances, elle est certaine qu’on a voulu souiller la victime. Son partenaire Jean Hamelot est fils de communiste de Saint-Pol-de-Léon. Ce Breton lunaire préfère Horace Mac Coy ou Hammett, parmi les valeurs sûres du roman noir. Au commissariat, Rachel sait pouvoir se fier au jeune flic Kevin Gomes, beaucoup moins à leur collègue Meyer. Selon Gomes, les parents de Laura sont des Témoins de Jéhovah aux convictions extrémistes. De son côté, Ahmed doit reprendre quelques séances chez le psy, s’il veut avoir l’esprit clair afin de contribuer à l’enquête sur la mort de sa voisine.

Rachel et Jean espèrent que les amies étudiantes de Laura leur offriront une piste exploitable. Si le crime est religieux, faut-il suspecter plutôt parmi les jeunes le Juif hassidique Ruben ou le prêcheur musulman Moktar. Politisés au temps de leur groupe de rap 75-Zorro-19, ils s’investissent désormais dans l’excès religieux. Le rôle du coiffeur juif Sam ou d’un imam autoproclamé du secteur resterait autant à déterminer.“Je ne sais pas ce que cache cet assassinat, mais il est bien à l’image du quartier. Avec des fous de Dieu postés à tous les carrefours” résume Rachel. Peut-être, l’origine du crime vient-elle de New York. Là-bas, Dov Jakubovicz, un juif rasta intello, a créé un hallucinant produit, la psilocybine, distribué sous le nom de Godzwill avec l’aide de Susan et James Barnes, frères et sœurs. Ahmed, Rachel et Jean pourront-ils vraiment éclairer les mystères de cette affaire ?

Ce roman (dont le titre s’inspire du “White Jazz” de James Ellroy) a été récompensé par le Grand prix de Littérature policière 2012. Un très bon choix du jury. Certes, les trois principaux personnages sont amateurs de polars, ce qui offre déjà une complicité avec les lecteurs. Ahmed et son mur de livres, les passionnés s’y reconnaîtront. Deuxième atout favorable, ces trois-là ont un passé compliqué, chargé, qui induit sans doute leur difficulté quant à l’approche du sexe. L’ombre de Freud et de Lacan plane sur leur personnalité, autant que leur vécu familial. Enfin et surtout, religions et communautarismes sont au centre de cette histoire complexe. Un thème actuel, omniprésent dans cet arrondissement bigarré dont l’auteur se plait à décrire l’ambiance. Ahmed ou Rachel ont pris de la distance par rapport aux croyances. À l’inverse, on observe ici une radicalité dans la pratique religieuse, les intégrismes de tous bords manipulant les esprits et les trafics. Banalisé par une intégration relative dans la société, un phénomène pas si aisé à décrypter. Le roman noir témoigne de telles questions sociétales, c’est bien ce que fait Karim Miské dans cette sinueuse et passionnante histoire.

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Une autre lecture du

Arab Jazz

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Comme disait ma grand-mère : Il ne faut pas confondre Témoins de Jéhovah et témoins de Gévéor. Au moins ces derniers ne refusent pas une transfusion par voie stomacale le sang du Seigneur contenu en bouteilles d’un litre.

A quoi servent les prix littéraires ? A reconnaître la valeur littéraire d’un roman et celle de son auteur. Sans l’obtention du Grand Prix de Littérature Policière 2012, je ne suis pas sûr que je me sois penché sur cet ouvrage. Et c’eut été dommage.

Dès les premières pages de ce roman je me suis senti, comme Alice, aspiré par une force qui propulse de l’autre côté du conscient et projette l’esprit dans un vide abyssal tapissé de livres.

Ploc, ploc, ploc… Ahmed Taroudant qui rêvasse sur le balcon de son petit appartement du 19ème arrondissement parisien effectue subitement un retour à la réalité. Il pleut. Ploc ! Première goutte sur le visage. Ploc ! Deuxième goutte qui s’écrase sur la manche de sa gallabiyah blanche. Ploc ! Troisième goutte sur le bout de son nez. Force lui est de constater qu’il ne s’agit pas d’eau mais de sang. Levant les yeux Ahmed découvre un pied puis un corps. Celui de Laura, sa voisine du dessus. Il n’a pas besoin d’utiliser la clé que la jeune femme lui avait confiée pour soigner ses plantes lors de ses absences, elle est hôtesse de l’air, car la porte est entrouverte.

Ahmed est un grand lecteur de romans policiers. Il achète ses bouquins au kilo chez Monsieur Paul, un bouquiniste arménien du quartier. Un fois lus, il empile les romans contre les murs de son studio. Il a calculé, le poids est évalué à deux tonnes cinq. Tout ça pour dire qu’Ahmed sait ce qu’il ne faut pas faire : se déplacer jusqu’au corps sans laisser d’empreintes. A peine redescendu chez lui, les policiers, représentés par Rachel Kupferstein, une rousse flamboyante, et Jean Hamelot, un brun ténébreux, se pointent chez Laura, accompagnés de membres de la Scientifique. Un appel anonyme en provenance d’une cabine téléphonique située dans le 18ème arrondissement, les a prévenus de ce meurtre et du cadavre en exposition. Une sorte de mise en scène macabre les interloque : un rôti de porc cru trône sur la table et les fleurs des trois orchidées décapitées sont disposées en triangle sur la cuvette des W.C.

Ahmed se sent redevable envers Laura qu’il soupçonnait de l’aimer sans oser se déclarer. Alors il décide de retrouver son meurtrier, concomitamment à l’enquête des deux policiers. Grâce à la bignole de l’immeuble, les deux policiers peuvent baliser leurs recherches. Laura, outre Ahmed, avait trois amies : Bintou, Aïcha et Rebecca. Or Rebecca a disparu d’un seul coup, comme ça sans prévenir. Le patron d’un kebab que Jean fréquente régulièrement lui apprend qu’une nouvelle substance circule dans le quartier, des pilules qui ressemblent à de l’ecstasy mais en beaucoup plus fort. Bintou et Aïcha sont elles aussi des fidèles du kebab et une rencontre improvisée permet aux deux policiers d’apprendre de la part des deux jeunes filles que les parents de Laura sont Témoins de Jéhovah et qu’ils habitent à Niort. D’ailleurs Laura avait claqué la porte de chez elle à sa majorité. Elles parlent aussi de garçons trop religieux, que Jean connait plus ou moins. Moktar et Ruben, un salafiste et un hassid, et leurs frères Alpha et Mourad. Tous quatre s’étaient constitués en groupe de rap, les 75-Zorro-19. Si Moktar, Mourad et Alpha fréquentent régulièrement une salle de prière salafiste, Ruben quant à lui appartient à une nouvelle mouvance hassidique, groupe formé par des Juifs de Tiznit au Maroc, dissident d’un mouvement d’origine biélorusse et qui se sont donné leur propre chef religieux messianique à Brooklyn.

Ce roman dégage une ambiance personnelle proche de celles de Simenon, une journée étrange comme en apesanteur… et de Fred Vargas, sans que l’on puisse parler de véritable influence. Les personnages ne se fondent pas dans un moule, mais sont tous comme des modèles uniques. Ahmed par exemple, lecteur vorace, est en arrête-maladie depuis cinq ans et perçoit l’Allocation Adulte Handicapé depuis plus de trois ans. Il est atteint de dépression chronique depuis que veilleur de nuit dans un magasin de meubles il a été le témoin d’un meurtre. Il a même séjourné dans un hôpital psychiatrique où il a retrouvé l’un des habitants du quartier. Le commissaire Mercator, afin de mieux se concentrer sur les rapports oraux de ses adjoints, dessine sur du papier qu’il achète sur ses propres deniers des ronds, un cercle par feuille, toujours centré et de la même taille, à main levée. Seuls les policiers du 18ème ne dérogent pas vraiment à l’idée que l’on se fait des brebis galeuses. Quant aux autres protagonistes, ils sont aussi à découvrir.

Une communauté qui en englobe plusieurs, où Arabes Islamistes et Juifs vivent en bonne intelligence, jusqu’à un certain point. Car il est bien connu que si l’on ne veut pas se fâcher avec sa famille et ses amis il vaut mieux éviter de parler politique et religion. Et l’on s’aperçoit que les convictions religieuses affichées ne sont parfois que des façades qui permettent d’obtenir un statut et de jouer un rôle prépondérant dans la société.

 

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