L’autel Des Naufragés MAUREL301

OLIVIER MAUREL

L’autel Des Naufragés


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Le dimanche 29 Juillet 2013

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Olivier MAUREL




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Si nous portons tous en nous des gènes héréditaires, certains individus reçoivent en héritage des signes particuliers, physiques ou psychiques, qui les handicapent plus qu’autre chose. Des marques de fabrique comme des taches de naissance, ou la propension à une surcharge pondérale, ou autres. Je ne vais pas rédiger un catalogue de ce genre de désagrément. Ainsi dans la famille Slick, on est policier de père en fils, ou presque, car le géniteur d’Andrea fut soldat et tueur avant de se suicider.

Non, le signe particulier des Slick réside dans cette particularité de prévoir qu’une personne qui les regarde va mourir dans peu de temps. Les yeux de leur interlocuteur (ou interlocutrice, il faut respecter l’égalité des sexes dans tous les domaines) s’ils sont blancs, que l’iris et la pupille sont vitreux, c’est l’assurance d’un décès dans quelques minutes ou quelques heures. En général d’un accident violent. Et les Slick ne peuvent guère changer le destin, sauf en de rares circonstances.

Ce don de voyance, Andréa Slick l’a découvert à l’âge de sept ans, le jour où il a trouvé son père suicidé. Sa mère est morte peu auparavant d’un accident de la circulation. Selon son grand-père, un ancien de la DST qui en 1963 a éliminé sans état d’âme un criminel de guerre nazi, ce cadeau héréditaire s’estompe vers les quarante ans. Mais entre temps, que de contrariétés à subir et de fardeaux à porter.

Le corps d’une jeune femme, mutilé, rasé entièrement de la tête aux pieds, numéroté, tatoué d’un soleil noir et d’une citation de Darwin constitue le premier cadavre d’une longue série. Les orbites, après énucléation, ont été bouchées par une sorte de cire blanche.

Commissaire à la BRI, Andréa est chargé de l’enquête qui s’annonce douloureuse. Aidé par son collègue Alex, plus jeune et à l’humour parfois lourd et déconcertant, et d’autres membres de différents services, dont Laura Blatteswski dont la mission est de croiser les informations dans des bases de données informatiques, Andréa va bientôt pouvoir identifier le cadavre. Un nouveau corps est retrouvé, celui d’une Asiatique dont les parents vivent dans le quartier de Chinatown new-yorkais. Selon la mère de Jade, la première victime, sa fille adolescente sortait avec un homme imberbe et crane rasé, habillé en motard. Mais en comparant deux photos dans de Jade, Andréa est interloqué. Sur l’une Jade possède une chevelure noire, sur l’autre elle est rousse. La mère avoue que depuis quelque temps Jade arborait un look gothique.

Après une négociation avec un preneur d’otage qui se termine mal, Andréa se rend à New-York où il rencontre les parents de Lily, la deuxième victime dont la disparition avait été signalée depuis quelques semaines. Lily était rousse. Bientôt un faisceau de convergences conduisent les policiers vers les Hells Angels parisiens, plus particulièrement une section dissidente.

Andréa détient en Anna une bouée de sauvetage. Anna possède un secret de naissance dont elle ne connait qu’une partie. Et entre les deux partenaires, les deux amants, c’est elle la plus forte mentalement, tandis qu’Andréa succombe souvent à ses démons, à l’alcool et aux envies de suicide. Il replonge de temps à autres dans l’enfer de l’éthylisme mais il compte bien s’en sortir un jour grâce à Anna.

Anna a un rendez-vous chez un gynécologue mais elle ne donne plus de nouvelles à Andréa qui s’inquiète. A raison, surtout lorsque le policier établit une relation avec les cadavres. Anna est rousse.

Violent, sanguinolent, morbide et fascinant, ce roman d’Olivier Maurel nous plonge dans l’enfer d’un schizophrène dont le lecteur suit comme un voyeur malsain les forfaits. Peu à peu cet individu se dévoile et son identité est dévoilée, mais le roman n’est pas fini pour autant. Si les policiers savent son nom, ils ne connaissent pas ses motivations, et ses points de chute. Ils sont en possession de quelques éléments qu’il leur faut affiner et surtout éviter que d’autres cadavres viennent jalonner leur enquête.

L’aspect parfois trop documenté, par exemple j’aurais aimé que la description des pratiques anatomiques du tueur soit moins explicite, ou encore les différentes coordinations entre services de police avec acronymes à la clé, alourdit la lecture pour quelqu’un qui est sensible et souhaite que l’action soit privilégiée au détriment d’aspects peu ragoûtants ou techniques. D’autres se régaleront à la découverte des scènes dites gore, se plongeant avec délice dans l’horreur. L’auteur qui a été directeur de prisons et est aujourd’hui sous-préfet se complait dans les descriptions, écrivant comme s’il était voulait combattre des phantasmes. Ce n’est pas ma tasse de thé, mais reconnaissons-lui un réel talent de conteur et de metteur en scène.

Un roman qui entraine un phénomène de répulsion attractive ; un livre que l’on repousse mais que l’on reprend fasciné, comme les gamins qui mettent leurs mains devant les yeux afin de ne pas voir quelque chose qui les horrifie mais qui prennent bien soin d’écarter les doigts.

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