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MARCUS MALTE

Les Harmoniques


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Le vendredi 22 Janvier 2011

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Marcus MALTE




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Pour Mister, pianiste de jazz, il n’y en a pas, de mystère. Des cachotteries tout simplement, un détournement de la vérité. Véra Nad, d’origine yougoslave, est morte brûlée vive. Son corps a été retrouvé dans un entrepôt et les coupables appréhendés. L’histoire pourrait s’arrêter là, mais Mister ne croit pas du tout à la version dite officielle. Les deux hommes étaient de petits dealers et ont argué la version d’une dette. Mais entre la découverte du corps et l’arrestation des soi-disant coupables il ne s’est passé que 72 heures. La police est efficace, certes, mais à ce point, c’est difficilement compréhensible. Mister soupçonne que les deux meurtriers ont mal négocié leur contrat, que quelqu’un est derrière tout ça, bref des coupables désignés comme écran de fumée. Se souvenant que Véra, son amie Véra qu’il n’a pas bien connue, dont il ne sait s’il est amoureux, se rendait parfois à l’Atelier Lazare où elle suivait des cours de théâtre. Il se renseigne sur place auprès d’une jeune femme prénommée Karima. Celle-ci accompagnée d’un homme mutique délivre des infos, peu, à regret. Toutefois Mister reçoit dans le cabaret où le soir il se produit un appel téléphonique anonyme émanant d’une jeune femme lui suggérant d’aller visiter une galerie d’art. Sur place, Mister est soufflé : douze toiles représentant Véra sont accrochées et accessoirement à vendre. Sur la première Véra est en gros plan, un corbeau volant dans le lointain ; sur la dernière le corbeau prend toute la place et Véra n’est plus qu’une silhouette dans l’iris du volatile. En compagnie de son ami Bob, agrégé de philosophie, discipline qu’il enseigna pendant vingt ans avant de passer le relais, et devenir chauffeur de taxi dilettante à bord d’une 404 déglinguée mais qui roule toujours contre vents et marées, Mister va tenter de remonter une piste qui pourrait partir du peintre, de la drogue, mais prend peut-être sa source ailleurs, dans la poudrière des Balkans.

Ce Beau Danube Blues (sous-titre du roman) est un véritable concert avec des moments, des passages, des mouvements qui se montrent tour à tour, ou simultanément : fort, orageux, doux, champêtre, shakespearien, politique, pictural, et dont je me permets de vous en dévoiler quelques morceaux choisis, le tout formant une sorte de pot-pourri. D’abord, le chapitre 1, qui est un peu le prologue, pourrait être considéré comme un chapitre pour rien. Pour moi, c’est un peu la symbolique musicale, lorsque deux exécutants se mettent au diapason, règlent leurs instruments, répètent leurs gammes, leurs arpèges, afin de se mettre à l’unisson, de chauffer la salle, avant le début véritable du récital. Une improvisation primesautière est incarnée par la répétition d’une petite troupe théâtrale, la comédienne entonnant son texte en pédalant sur un vélo d’appartement, son compagnon de scène, grassouillet, ponctuant ses réparties avec une télécommande à la main. Les cuivres se déchaînent, entraînés par les grosses caisses des fanfares, lors de l’évocation de Vukovar et des événements tragiques dont la Serbie, La Croatie et la Bosnie furent les exécutants. La partie pastorale, genre Poète et paysan de Von Suppé dans un arrangement pour trois instruments, avec à la grosse caisse, celle de la batterie, le paysan, la partition au piano de Mister et aux cymbales et à la pédale Charleston Bob le taxi. Des solos en alternance, interprétés par Véra, comme le violon tzigane qui déroule un destin, pas plaintif mais pas joyeux non plus, comme des soupirs entre les différents mouvements, des lamentos, enjoués ou tragiques. Un duo accordéon-guitare de musiciens issus des Balkans, jouant dans le métro apporte la touche exotique, contraste entre vieux et jeune, aux accords d’à-peu-près, de fausses notes, mais empreints de fougue et d’enthousiasme afin de récolter quelque menue monnaie et qui se montreront indispensables dans un domaine où la musique est supplantée par des coups de gong. La partie politique, partition jouée au tuba, pointe le ministre de l’Intérieur, un certain Karoly, décrit en ces mots par Karima : « C’est un arriviste. Un affairiste. Un menteur, un hypocrite, un égoïste, un manipulateur, un pervers. Méprisant avec les faibles, servile avec les puissants. Il n’a aucun scrupule. Aucune morale ». Il est évident que ce rôle de composition ne saurait être attribué à un personnage existant ou ayant existé.

Quelques musiciens de réputation internationale sont également invités : Gerry Mulligan, Herbie Hancock, John Coltrane, Bill Evans, Billie Holiday, les frères Adderley…

Marcus Malte rend un petit hommage également à Pascal Garnier dont il fut le compagnon de route chez Zulma. Pas un hommage appuyé, en mettant en scène un personnage portant ce nom. Tout simplement en lui attribuant un nom de rue, ce qui est quand même une certaine reconnaissance.

Après Le doigt d’Horace et Le lac des singes, voici donc le troisième volet consacré à Mister, un pianiste de jazz noir, qui parfois s’empêtre dans ses soupçons, ses déductions hâtives, ses doutes, ses humeurs. Qui est remis sur la portée par son ami Bob. Peut-on penser que d’autres histoires s’ensuivront jusqu’à former une dodécalogie, comme la dodécaphonie, les douze mesures du blues ? Pourquoi pas si l’on se fie à Mister lui-même : « Tu ne m’avais jamais raconté cette histoire, reprit Bob. - Faut bien que j’en garde quelques unes pour nos vieux jours. ».

Marcus Malte se fait rare, il prend son temps pour affiner son intrigue, son style, et le résultat est époustouflant. Marcus Malte n’écrit pas un roman, il le vit. Et les lecteurs vivent avec lui, en même temps que lui, devenant musiciens sans instruments, acteurs sans paroles, mimes en symbiose. Quelqu’un a écrit, je ne sais plus qui et ce n’est pas important : un livre, ça se mérite. Une belle phrase, mais creuse, une affirmation à l’emporte-pièce. Un livre, ça s’achète, ça se donne, ça se prête, ça s’offre. Mais un lecteur, oui, ça se mérite. Ça s’agrippe, ça se séduit, ça se fidélise. Et nul doute que Marcus Malte parvienne à emporter plus encore l’adhésion de nombreux lecteurs avec Les Harmoniques, même si ce roman est publié dans une collection plus ciblée que l’était Garden of love, qui a multiplié les récompenses. A méditer cette citation : Quand un être humain cesse d’en être un pour devenir une icône, c’est la porte ouverte à tous les fanatismes (page 64).
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CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Bob est chauffeur de taxi, au volant d’une antique 404, philosophe à ses heures. Son ami Mister est un musicien noir, pianiste dans un club de jazz parisien, le Dauphin Vert. Ce dernier reste perturbé par le meurtre de Véra Nad, âgée de 26 ans. Elle semble avoir été victime d’un règlement de compte dans un quelconque trafic de drogue. Ses assassins, Carlin et Mandic, ont été rapidement identifiés et arrêtés. Sans doute trop vite, comme si ces exécutants sans importance avaient été balancés. Mister persiste à croire qu’il y a autre chose à trouver, le véritable commanditaire et les circonstances de l’assassinat de son amie. Reprendre sa propre enquête, se remémorer un nom, un lieu, un détail ? Mister se souvient que Véra évoqua l’Atelier Lazare. Cet endroit est un cours de théâtre dirigé par Mme Stein, froide prof âgée, dont l’apprentie comédienne Véra Nad fut une des élèves. Ni cette dame, ni la jeune Karima, n’apportent d’infos utiles à Mister.

Un appel téléphonique anonyme offre une piste au pianiste. Bob et lui visitent la galerie d’art qu’on leur a indiqué. On y expose une série dodécatyque de douze portraits de Véra, des toiles du peintre Josef Kristi. Un artiste qu’on n’approche pas facilement. Tandis que Bob s’intéresse au CV de la jeune femme, originaire de l’ancienne Yougoslavie, Mister sympathise avec deux musiciens du métro, Milosav Pesic et son aïeul aveugle Dobrica Pesic. Il ne tarde pas à gagner la confiance des deux immigrés venus des Balkans. Mister et Bob sont invités à rencontrer Josef Kristi, dans sa propriété de Neauphle-le-Château (Yvelines). En réalité, l’endroit appartient toujours à son ex-femme Célia Valdéron, devenue l’épouse du ministre de l’Intérieur Karoly. Pour le peintre, Véra fut plus qu’un simple modèle. Évidemment à cause de leurs origines yougoslaves, de Vukovar, de la famille de guerriers dont faisait autrefois partie Joseph Kristi.

Ne dédaignant pas la piste d’un trafic de drogue, Mister et Bob planquent par la suite non loin de chez le peintre. Ils sont bientôt un suspect, un jeune aux airs de berger rasta. Il s’agit de Jean-Baptiste, le fils du peintre et de son ex-épouse. Un coup pour rien, ou presque. Car le duo apprend que le ministre Karoly voulait acquérir la série de tableaux représentant Véra. Il aurait bien voulu que celle-ci devienne sa maîtresse mais, malgré chantage et menace, elle persista dans son refus. Célia pouvait être au courant des désirs de son mari actuel. Une nuit, à la sortie du club de jazz, Mister est pris à partie par un type hostile et armé. Les Pesic arrivent à point nommé pour assommer l’agresseur, que Mister embarque dans la voiture de Bob. Ce dernier ironise sur les raisonnements approximatifs de Mister. Faire parler leur prisonnier, ancien de la Légion, ne sera pas facile…

Voilà un bon petit roman d’enquête, avec ses ingrédients confirmés : duo de détectives amateurs, références musicales, scènes nocturnes, pistes de hasard. La vérité prend sa source dans les drames sanglants de l’ex-Yougoslavie, on le comprend assez tôt. La mafia serbe, issue d’une guerre dont quelques-uns tirèrent bénéfice, est aussi soupçonnable qu’un ministre et son entourage, ou que le peintre manchot auteur des toiles sur le thème “la colombe et le corbeau”. Sans doute est-il préférable d’avoir lu de précédents titres de cet auteur pour en apprécier pleinement l’univers. “Le cercle s’élargissait. De plus en plus, glissant sur la pente de l’empathie, Mister se sentait y appartenir. À son tour il entrait dans la danse, dans la ronde macabre où une place lui était retenue. Une main dans celle de la comédienne, une autre dans celle du peintre. Qu’est-ce qui les unissait, sinon une trop grande sensibilité ? Le charognard s’attaque d’abord aux morceaux les plus tendres.” Par ailleurs, certains traits d’humour sont agréables, d’autres caricatures nettement moins convaincantes. Néanmoins, il est plaisant de suivre Mister et Bob dans leurs investigations. On souhaite à Marcus Malte de vendre autant d’exemplaires que Demis Roussos pour Rain and tears (qu’il brocarde tout au long de ce roman).

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marcus malte



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