Il Faut Tuer Lewis Winter MACKAY272

MALCOLM MACKAY

Il Faut Tuer Lewis Winter


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Le mercredi 1 Fevrier 2013

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Malcolm MACKAY




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Ne jamais descendre une cible qu’on n’a pas besoin de supprimer. Tel est le crédo de Calum MacLean, tout juste vingt-neuf ans, tueur à gages indépendant. Un métier, une vocation, un sacerdoce, qu’il applique à la lettre. Et lorsqu’il doit effectuer un effacement, il prépare tout minutieusement, ne laissant rien de côté, étudiant les lieux, les habitudes de son objectif, afin de ne pas se faire repérer lors de ses repérages, de ne pas laisser d’indices. Tout ce qu’un tueur honnête et consciencieux devrait appliquer à la lettre s’il veut réussir dans son entreprise.

John Young, de l’organisation Peter Jamieson, contacte Calum, car leur tueur attitré, Franck MacLeod, ne peut assurer le contrat, suite à une opération de la hanche. Alors Young a pensé à un intérimaire comme Calum qui est vierge sur les fichiers de la police.

Lewis Winter, un dealer sans véritable grande ambition affichée, commence à gêner l’organisation dirigée par Jamieson. C’est un gagne-petit dont les succès ont été immédiatement balayés par des échecs retentissants. Un gars banal, oscillant entre la quarantaine et la cinquantaine, les tempes grisonnantes, luttant pour rester plus ou moins svelte, l’allure fatiguée, comme au bout du rouleau. Apparemment un contrat aisé à réaliser mais il ne faut pas se fier justement à la facilité.

Avant le Jour J, ou plutôt la Nuit N, Calum étudie le mode de vie nocturne de sa proie. Lewis Winter vit avec Zara Cope, une belle femme beaucoup plus jeune que lui, mère d’une petite fille gardée par ses grands-parents. Lewis n’est pas habitué à sortir pourtant elle l’entraîne dans des boites de nuit le soir, et lorsqu’ils rentrent ils sont passablement éméchés et souvent accompagnés de personnes rencontrées fortuitement dans ces lieux où l’alcool coule à flot. Calum pense que le mieux serait d’être accompagné, au cas où un impondérable se produirait. C’est ainsi qu’il fait appel à Georges, un camarade avec lequel il a déjà réalisé quelques contrats. Un associé en quelque sorte en lequel il a toute confiance. Enfin, le grand soir se profile.

Les deux amants font appel à un taxi qui les conduit dans un club. Calum et Georges les suivent mais n’entrent pas dans la boite. Ils se contentent d’attendre la sortie de Lewis et de Zara. Peu après minuit, Lewis et Zara ressortent. Lewis est manifestement ivre et un jeune homme aide Zara à le mettre dans un taxi. Puis ils rentrent chez eux. Calum et Georges enfilent des vêtements appropriés, s’encagoulent et s’introduisent avec fracas dans le pavillon. Zara est nue, et son amant d’un soir est paniqué. Calum tue Lewis qui dort, complètement bourré, sur son lit dans la chambre située au premier étage, tandis que Georges tient les deux amants en respect. Un travail propre et une sortie digne.

Le premier arrivé sur place est Paul Greig, un policier dont la conscience n’est pas nette. Mais il s’en accommode. Zara a déjà préparé son petit scénario. Elle est apparemment éplorée. Stewart, son amant d’un soir, est reparti par les arrières du pavillon, emmenant avec lui une boite à chaussures qu’elle lui a confiée. Le contenu est composé de drogue et d’argent, un trésor qu’elle récupérera plus tard. Fisher, l’inspecteur chargé de l’enquête sent qu’il s’agit d’une mise en scène et s’évertue à faire parler Zara.

Pendant ce temps, Calum pourrait couler des jours heureux, si l’organisation Jamieson n’était pas confrontée à des problèmes de jalousie entre bandes rivales.

 

Le lecteur est invité à participer comme témoin, assisté, à cette histoire. Il se coule dans la tête du tueur ainsi que dans celle des divers protagonistes. Il est associé à une introspection intéressante, à partager les pensées des personnages, à s’immiscer entre le moi et le il. Il suit principalement les pensées du tueur, mais aussi celles de Zara, de Winter et des autres acteurs, comme s’il assistait à un cours en direct, chaque action étant décrite, raisonnée, méditée à voix haute. Le Il de la description laisse place au On ou au Tu. Les phrases sont sobres, incisives, directes, dénuées de tout délayage intempestif. Un peu comme si l’auteur énonçait parfois ce qu’il faut faire ou ne pas faire pour réaliser un contrat. L’auteur se mue en professeur.

Un livre prenant, à la tonalité scandée, slamée pour utiliser un mot à la mode, différente et distanciée.

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