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JEROME LEROY

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Le vendredi 13 Avril 2013

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Jérôme LEROY




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Cher visiteur

Depuis huit mois je végète dans une chambre de l’hôpital de la clinique Reine-Astrid. Je végète même si mon corps est intact, sauf les blessures que je me suis infligée en voulant de me débarrasser de mon tee-shirt sur lequel figurait Che Guevara et qui était entièrement tâché de sang. Pas du mien mais de celui mes camarades. Non le sang n’était pas sur moi, mais dans ma tête. J’avais pris une douche brûlante et ma peau avait cloqué. Il en reste des stigmates. Mais c’est surtout dans ma tête, dans mon esprit qu’il faut que je fasse le ménage. J’ai déjà écrit un long cahier destiné à Emilie, ma correspondante française qui habite à Rouen, une amie sui m’est chère et que j’ai vu à plusieurs reprises ici, à Ardis, pas à la clinique, ou chez elle, mais cela ne suffit pas. J’ai besoin d’un autre interlocuteur, anonyme, comme vous.

Mais je manque à tous mes devoirs, je m’embrouille et je risque de vous embrouiller aussi. Je me présente. Je m’appelle Clara, j’ai dix-sept ans et je suis maigre. Enfin j’étais maigre, tout comme Emilie d’ailleurs, d’ailleurs on nous surnommait les Sauterelles. Maintenant je ressemble à une allumette suédoise tout en longueur, normal j’habite la Norlande, un pays nordique limitrophe à la Suéde, et dont le nombre d’habitants est inférieur à celui de Paris.

Ma mère vient me voir tous les jours. Elle aussi a changé. Il lui manque deux doigts, elle marche avec une canne. A treize ans elle avait gagné comme gymnaste une médaille de bronze aux jeux olympiques de Los Angeles en 1984. Et elle savait encore à quarante ans effectuer un salto arrière. Ce qui nous épatait toujours autant Emilie et moi. Maman, Morgana Pitiksen, est ministre des affaires étrangères, mais pour autant elle n’a pas changé. Elle se promène seule, enfin se promenait seule, sans garde du corps, tout comme tous les autres membres du gouvernement de Norlande. Car chez nous, pays d’accueil, on ne craignait rien, jusqu’à la catastrophe, au massacre.

Mais depuis ce que tout le monde appelle par pudeur ou par honte, je ne sais pas trop, L’événement, ce n’est plus pareil. Non, en réalité cela avait commencé bien avant. Lors d’élections dans la province frontalière de Beck, les Chevaliers de Norlande avaient enregistré un engouement et la mentalité avait changé. Les étrangers n’étaient plus vus avec le même œil et certains leur battaient froid. Même les commerçants de notre quartier. Bon nombre de Norlandais étaient devenus xénophobes, mais ce drame ne serait peut-être pas arrivé si inconsciemment je n’en avais pas été la courroie de transmission. On me dit que non, que de toute façon la tuerie sur l’île de Clamarnic aurait eu lieu tout pareil. Pourtant je suis sûr de porter une part de responsabilité. Ce n’est pas tant à cause de mon engagement auprès du Mouvement des jeunesses norlandaises pour la paix que de mon inscription sur Facebook. Le Mouvement était composé de jeunes qui surveillaient sur Internet les messages racistes et xénophobes émanant des Chevaliers et d’autres groupements comme les Survivalistes, mais je reste persuadée que je suis la responsable de tout ce qui est arrivé. Et de la mort de Per Strindberg, le fils du psychiatre qui me suit à la clinique Reine-Astrid, et de son amie Sharmila, une Indienne et de bien d’autres.

Et puis il faudrait, cher visiteur, que je te parle de mon père, que je n’ai jamais connu, ma mère ne m’en ayant jamais parlé quand j’étais jeune. Mais un jour elle s’est décidée à révéler le secret de ma naissance, en compagnie d’Emilie, et cela l’a peut-être rassérénée. Moi aussi d’ailleurs. Car non seulement je sais qui est, était, mon père, mais de plus je peux être fière de lui, même si je sais que jamais je ne le reverrais.

J’ai encore plein de choses à écrire, que j’ai déjà confiées à Emilie, mais tout d’abord je dois remercier monsieur Jérôme Leroy, un ami de la famille, qui m’a incitée à écrire, qui m’a aidée à me soulager, à expliquer ce qui est arrivé, et peut-être à me reconstruire. Jérôme Leroy, je l’ai connu en France, quelques mois avant le massacre de Clamarnic, au festival des Boréales de Caen. Tous les ans un festival consacré aux pays nordiques se déroule en novembre, réunissant écrivains et artistes des pays scandinaves. Ma grand-mère, Helena Zemski, est une auteure renommée de contes pour enfants, et elle avait été invitée dans le cadre de ce festival. Des auteurs français participaient aussi comme c’est la coutume et nous avions sympathisé avec Jérôme Leroy qui dédicaçait ses romans. Et après le massacre perpétré par l’Autre, il est venu nous rendre visite à ma mère ainsi qu’à moi-même et je dois avouer que ses paroles de réconfort m’ont autant aidée que celles du docteur Strindberg. Il a largement contribué à me faire prendre conscience que peut-être, je n’en suis pas encore sûre, même si je n’avais pas connu l’Autre, tout serait arrivé quand même.

Merci à vous monsieur Jérôme Leroy et que ce qui s’est déroulé ne se reproduise jamais. Mais on ne peut jamais revenir en arrière et il restera toujours dans nos pensées une fracture dans laquelle s’introduiront d’autres Chevaliers, de Norlande ou d’ailleurs, car comme le cancer, rien n’est jamais jugulé. Le crabe de la xénophobie reste enfoui au fond d’esprits malléables et des cellules malades ne demandent qu’à se propager.

J'allais oublier. C'est monsieur Jérôme Leroy qui m'a soufflé cette phrase :

La politique, si elle est menée avec cœur et intelligence, c'est l'art de faire vivre les gens ensemble.

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