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Les Rues De Barcelone


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Une lecture de
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L’Espagne des années 80… Barcelone… El Barrio Chino, la plaza Real, Poble Sec, el puerto…
Des rues, des ruelles… des impasses… des escaliers, d’où s’écoulent, au beau milieu des prostituées qui hèlent grassement le passant quelque peu voyeur, les souvenirs… la nostalgie… les fantômes :
« Nobles figures que Macià et Companys qui offraient l’avantage de ne plus pouvoir se tromper. Peu de choses en politique sont aptes à concourir avec l’aura et le prestige des morts »
Et sur ce dédale urbain qui charrie la misère, la grasse, les odeurs de pisse et sperme ou de foutre, au beau milieu de « magasins aux noms de propriétaires morts depuis longtemps », règne un flic, un vieux flic qui refuse obstinément de quitter ce monde pourri du 5° district de Barcelone, qui observe et ausculte la ville du haut « du balcon du commissariat au-dessus du fleuve de la calle Nueva »
Mendez, car tel est le nom de ce flic sale et impuissant
« Mendez se rendit à son domicile, rue Lancaster, une perpendiculaire à la calle Nueva (…) il fallait traverser un bar, découvrir une porte à côté des lavabos (…)grimper quelques marches d’échelle de meunier, parcourir un couloir bordé de chambres louées aux clients (…) on accédait aux appartements de Mendez (…) dans la chambre trônait un lit et un bidet »
« il observa toutes ses femmes qui, à moins que l’on n’invente un jour l’érection assistée ne seraient jamais siennes »
Un flic rescapé du franquisme :
« Méndez vivait depuis de longues années dans une Barcelone qui n'existait que pour lui seul, une Barcelone de vacheries teigneuses, robustes et durables en tout premier lieu. Méndez se rappelait les vacheries légères d'usage, des vacheries d'occasion, comme le jour où il avait interrogé l'Amores - simple routine -, l'un de ces « interrogatoires psychologiques » qu'il avait appris en côtoyant les frères Creix au bon vieux temps de la Brigade politico-sociale barcelonaise, à l'époque où les flics étaient dignes de ce nom. »
Et ce Mendez hante les rues à la recherche de dieu sait quoi
« Nul n'avait vu les visages blêmes, les murs crasseux, les bidets noirs, les maisons de passe où les putains n'empochaient qu'une péséte. Les boutiques où Méndez avait presque mendié : elles aussi disparues ; peut-être n'étaient-elles qu'une chimère du passé. Lui seul les connaissait, lui seul les mentionnait lors des longs cycles de la nuit. Les noms qu'il évoquait à l'aube, au hasard d'une conversation, tandis qu'entraient par le balcon les relents citadins, on les attribuait à son imagination car jamais personne n'en avait entendu parler »
Alpaguant de-ci de là un dealer, un vieux proxénète… les menaçant de sa justice personnelle: « de leur raser le gland »




« elle lui annonça (…) que tous deux connaîtraient un rare instant de bonheur. En mal de tendresse ou désireux du moins qu'on l'écoute, Amores accepta et tous deux s'engagèrent dans la nuit à bord d'un taxi vénérable, tandis que ses mamelons se frottaient à son nez (…). Ils s'engagèrent dans la nuit jusqu'à un escalier en spirale, l'escalier en colimaçon des enfers, et ils gravirent tous deux les marches l'un derrière l'autre tandis qu'elle lui offrait son cul en plein visage (…) jusqu'à la porte dont elle avait la clef, et tous deux s'enfoncèrent dans le couloir hanté par les odeurs émanant des cuisines. (…). C'est alors qu'elle lui dit chéri, l'heure est maintenant venue de faire les présentations, mon ange, je suis une femme au plus profond du coeur et elle guida sa main vers un service trois-pièces bien plus volumineux que celui d'Amores (…) A cet instant donc Amores, gémissant, comprit qu'il y avait eu méprise anatomique et pensa que la malchance qui préserve la venu de l'homme et l'hymen de la femme pesait encore sur ce chapitre de son existence.(…) Alors Amores céda car, tout compte fait, il avait soif de compagnie et de chaleur humaine (…) ils se dirigèrent vers l'immense lit de bois plus propice à l'extrême-onction qu'à l'éjaculation, et tandis qu'Amores se faisait une raison (…) il vit la main par terre dans une flaque de sang, inerte pour toujours, la main d'une femme morte cachée sous le lit.
L’avocat d’affaire, Sergi Llor, parce qu’il est originaire de Pueblo Seco et que les banques souhaitent s’implanter dans ce quartier, abandonne, le temps des week-ends, son luxueux appartement de l’Ensanche pour un modeste deux pièces de la rue Cabanyes. Mais l’assassinat de Maria Teresa Pau, secrétaire de direction, l’oblige à s’immerger plus profondément dans ce quartier que hantent les fantômes de la Barcelone Républicaine.
Carlos Bey, journaliste à la Vanguarda, va lui aussi tenter d’élucider ce mystère…
Quant à Mendez, il rôde toujours dans le 5° district…

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