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THIERRY JONQUET

400 Coups De Ciseaux Et Autres Histoires


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Le vendredi 13 Avril 2013

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Thierry JONQUET




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Je sème à tous vents…

Cette célèbre devise empruntée à un non moins célèbre créateur d’un dictionnaire, les romanciers, qu’ils écrivent des romans noirs, des romans policiers ou œuvrent dans d’autres formes de la littérature, se l’ont faite leur.

En effet ils propagent leurs nouvelles dans divers supports écrits, journaux, magazines, revues confidentielles à des fins qui ne sont pas forcément lucratives ou dans le souci de se faire connaître. Souvent ils agissent ainsi dans un but louable. Si de nombreux journaux régionaux ou nationaux font appel à leur plume, c’est afin de proposer pendant une durée déterminée à leurs lecteurs une page, ou plusieurs, destinées souvent à des événements ponctuels. Vacances estivales par exemple. Et les auteurs pressentis sont déjà connus en général du grand public, ce qui assure une meilleure mise en place, les ventes allant de pair. Les auteurs sont souvent sollicités pour étoffer aussi les fanzines, et dans ce cas il s’agit bien d’un but louable, car s’ils acceptent d’écrire un texte, ils ne sont pas la plupart du temps rémunérés. Il en va de même lorsqu’ils doivent pondre une nouvelle lors d’un salon du livre ou d’un festival. Les organisateurs jouent sur la notoriété de l’auteur.

Thierry Jonquet était l’un de ces dispensateurs de textes éparpillés un peu partout, souvent introuvables, et il était bon de les regrouper dans un recueil afin de les sortir de l’oubli, de leur offrir un lectorat digne de son nom et de son œuvre.

Après l’admirable préface d’Hervé Delouche, le premier texte n’est pas une nouvelle mais un texte publié dans la revue Les Temps Modernes (3ème trimestre 1997), revue fondée par Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre.

Voilà comment ça c’est passé… Thierry Jonquet revient sur sa jeunesse, les différentes étapes de sa vie professionnelle dans le corps médical, dans des gériatries, des pédiatries, et des dispensaires, soignant enfants ou adolescents, vieillards malades physiquement ou mentalement. Une période de sa vie qu’il a mis en scène dans ses premiers romans dont Le Bal des débris, nombre de fois réédité. Mais aussi son engagement politique, chez les Trotskystes, ses démêlés avec les membres du Parti Communiste (Surtout les Staliniens. Ils ne sont pas tous à mettre dans le même panier comme dit le dicton populaire. Peut-être parce que le panier n’est pas assez grand !), ses illusions et désillusions. La découverte des camps de concentrations, des exterminations de Juifs. De la lecture aussi et de la claque reçue en lisant Manchette. Un texte quelque peu désabusé, dans lequel l’ironie masque un certain désenchantement. Et si vous ne deviez lire qu’un texte, ce serait assurément celui-là : il donne envie de découvrir les autres.

Thierry Jonquet a également participé à des hommages. Par exemple Sommeil, publié dans le recueil collectif Sous la robe erre le noir, anthologie concoctée par Claude Mesplède en hommage à Robert Soulat, alors patron de la Série Noire après le décès de Marcel Duhamel, et publié aux éditions du Mascaret en 1989. Dans Paris dévasté, croulant sous les ruines à la suite d’une catastrophe, des bandes de loubards tiennent les quartiers sous leur coupe. Un jeune homme poussant un landau contenant des boites de conserves déambule tranquillement lorsqu’il est agressé. Un coup de sifflet et sortent alors de sous la capote une myriade de mygales. Par la suite il va rencontrer un vieil homme qui se nomme Songe. Un conte qui fait froid dans le dos. Mais qui sait, si une explosion nucléaire se produisait… ! Thierry Jonquet cite furtivement le titre de l’un de ses romans, mais ce n’est pas forcément celui auquel on pourrait penser.

Dans Art conceptuel (paru dans la revue Ras l’front, N°76 de juillet-aout 2000), Giulio est un artiste qui en a marre de l’art tel qu’il se décline depuis quelque temps. Ras le bol des artistes qui emballent le Pont-Neuf dans des tissus, de ceux qui défèquent dans des boites de conserve en les présentant ensuite comme Merde d’artiste, et autres fariboles dont la chair est mise à contribution. Il a imaginé un nouveau concept qu’il propose à un attaché culturel. On retrouve l’ironie mordante de Jonquet qui sous forme d’une grosse rigolade se moque de ceux qui pour se faire connaître n’hésitent à faire tout et n’importe quoi. Surtout n’importe quoi !

Votre histoire ne tient pas la route propose plusieurs pistes de lecture, lesquelles s’enchainent comme les titres sur un microsillon (ou un CD). Tout jeune Adrien est remarqué dans sa classe par une gentille écrivaine venue leur donner un cours d’écriture et qui lui fait remarquer que ses rédactions sont bien troussées. Elle lui promet même un bel avenir. Alors il participe à des stages d’écriture et rédige une trentaine d’œuvres qui sont toutes refusées. Après s’être essayé à tous les genres il ne lui reste plus qu’à aborder le Polar. Thierry Jonquet s’est inspiré pour écrire cette nouvelle d’une affaire qui a défrayé la chronique en territoire bourguignon, et de ses expériences d’écrivain dans des écoles et des centres d’incarcération. Et il bat en brèche les stages d’écriture.

En tout vingt et un textes, dont un inédit qui donne son nom à ce recueil, et qui sont un concentré des hantises, des obsessions, des angoisses, des révoltes de Thierry Jonquet. Tous les sans : sans-papiers donc forcément sans-boulots et par déclinaison sans-abris sont mis à l’honneur. Un humour grinçant, ça passe mieux avec le sourire, avec un tantinet de fantastique, ça éloigne quelque peu de la réalité, et une vision quasi désespérée du monde en déliquescence. Thierry Jonquet était un humaniste qui s’ignorait.

Il est dommage que toute la production de Thierry Jonquet ne soit pas répertoriée à la fin du livre. Il manque par exemple les deux ouvrages signés Ramon Mercader, publié au Fleuve dans la collection Grands Succès : Cours moins vite camarade, le vieux monde est derrière toi (1984) et URSS, go home (1985). Le secret du rabbin, quant à lui, a été édité pour la première fois chez Joseph Clims en 1986.

Un recueil légué en héritage par Thierry Jonquet et dans lequel il démontre tout son talent, si c’était encore à confirmer.

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