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HERVE JAOUEN

Dans L’œil Du Schizo


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Le mercredi 12 Octobre 2012

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Hervé JAOUEN




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Delphine et Jean-Luc Gouézec forment un couple ordinaire de notre époque. Ils se sont connus étant étudiants, à Brest. Les parents de Delphine sont de modestes employés municipaux. Habitant Vannes, ceux de Jean-Luc appartiennent à une bourgeoisie quelque peu hautaine. Delphine est bientôt devenue prof de Lettres, après leur mariage. Brillant diplômé d’une école de commerce, Jean-Luc se lance dans une première expérience professionnelle. C’est loin du succès escompté, car l’investisseur n’est pas fiable. Delphine ne s’inquiète pas vraiment quand Jean-Luc montre des signes dépressifs. L’arrivée de leur bébé, Maël, pourrait améliorer la situation. Mais Jean-Luc reste un père fantomatique, ruminant son échec. Un état quasi paranoïaque, où il parait se complaire.

Finalement, “Jean-Luc rebondit sur le trampoline des relations de ses parents”. Grâce à l’intervention paternelle, il obtient un emploi à Vannes. Cette fois, Jean-Luc est enthousiaste, la société Isolda 2000 lui permettra d’atteindre ses légitimes ambitions. Il est motivé, il sera le meilleur. La famille s’installe dans le Morbihan, s’agrandit avec la naissance de la petite Enora. Sans doute Delphine remarque-t-elle le caractère cyclothymique de son mari. Ce qui agit probablement dans son métier, car les résultats de Jean-Luc ne sont pas à la hauteur. Glissant vers un inévitable licenciement, il s’est acheté une carabine pour le très gros gibier, arme hyper-perfectionnée. Delphine s’inquiète sérieusement : “Elle aurait payé cher pour avoir un double des clés de son cerveau”. D’autant qu’elle n’ignore pas qu’il adresse des courriers délirants aux plus hautes autorités.

Le psy vannetais qu’elle contacte donne un juste diagnostic. Pourtant, il n’a rien à proposer d’autre qu’un internement pour Jean-Luc, ce que Delphine espère éviter. Le jour où elle envisage enfin la fuite avec ses enfants, c’est le grand dérapage dans l’esprit de Jean-Luc. Pour un schizophrène décidé, une UMD (Unité pour Malades Difficiles) en plein cœur de la Bretagne n’est pas une prison assez solide. Les victimes se multiplient sur la route sanglante de Jean-Luc, qui a basculé dans une guerre personnelle. Il se dirige vers les Monts d’Arrée, terre sauvage selon sa vision du monde, où vivent quelques adeptes d’un celtisme rural et militant. Plus rien ne semble pouvoir arrêter la folie hallucinatoire de Jean-Luc Gouézec…

Beaucoup des romans récents d’Hervé Jaouen sont empreints d’ambiances assez sombres. Lucide ou réaliste, c’est un écrivain qui décrit la vie dans sa rudesse, où les moments heureux sont plus rares que les épisodes dramatiques. Le parcours des personnages n’est jamais un long fleuve tranquille dans un paradis terrestre, fut-il irlandais et riche en saumons. Grand prix de Littérature policière 1990 (pour “Hôpital souterrain”), Hervé Jaouen renoue cette fois avec la pure noirceur. Si la schizophrénie est une maladie mentale complexe semblant sans véritable solution thérapeutique, on évite ici l’approche médicale proprement dite. Non qu’elle soit absente, mais c’est l’évolution du comportement psychotique qui importe. Le cas de Jean-Luc ne peut que dégénérer, vers un passage à l’acte criminel. Toutefois, l’histoire ne se concentre pas seulement sur lui. En contrepoint, la normalité du quotidien existe à travers les portraits de Delphine désemparée face au problème, de leurs parents respectifs, de l’infirmière de l’UMD ou des habitants de cette campagne bretonne. Décalage entre leurs vies aussi cohérentes que possible, et cette paranoïa qui entraîne tant de violence. Péripéties nombreuses et intrigue maîtrisée, on retrouve dans ce suspense mouvementé tous les qualités d’Hervé Jaouen.

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CLAUDE LE NOCHER
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Une autre lecture du

Dans L’œil Du Schizo

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Il n’a pas pété les plombs, c’est en entier que le transfo interne a explosé !

Être bardé de diplômes n’est pas gage de réussite professionnelle, Jean-Luc Gouézec peut en témoigner. Pourtant son avenir semblait flamboyant comme une aurore rayonnante au dessus d’un pic montagneux. Bientôt cela va se convertir comme un coucher de soleil baignant dans des eaux rougeoyantes, sanglantes.

Pour raconter objectivement la rencontre avec celui qui deviendra son amant puis le père de ses enfants, narrer la montée foudroyante puis la longe descente aux Enfers de Jean-Luc, il fallait la plume impartiale de Delphine qui a vécu et subi les événements, d’abord sans trop y croire puis a bien été obligée de se faire une raison du déraisonnable.

Si Jean-Luc est issu d’une famille bourgeoise, père proviseur, mère agrégée, Delphine est le rejeton de modestes employés municipaux. Cette différence de statut social n’entrave en rien leur amour. A peine sorti haut la main d’une école de commerce, Jean-Luc s’est vu proposer une situation mirifique, la création d’un centre d’appels téléphoniques, financée par un fonds de capital-risque, dont il serait le directeur promoteur. Le local est déjà loué, il ne lui reste plus qu’à peaufiner le projet : sélectionner avec rigueur et embaucher une vingtaine d’opérateurs, solliciter les subventions auprès des pouvoirs publics, démarcher des clients potentiels, faire tourner l’entreprise en dégageant un maximum de bénéfices. Alors, afin d’acquérir une assise plus conforme à ses ambitions, il propose le mariage à Delphine qui travaille dans un collège brestois, une cérémonie qui se déroule uniquement à la mairie et se développe en fête païenne, sous les regards réprobateurs de la famille Gouézec, puis il s’attelle à la tâche qui lui a été confiée.

Il se voyait déjà en haut de l’affiche sauf que celle-ci glisse inexorablement le long du mur pour se retrouver dans le caniveau. Son commanditaire n’était qu’un aigrefin qui s’est volatilisé avec les fonds recueillis, et Jean-Luc se retrouve boulette de papier jetée dans une corbeille. Le couple est obligé de déménager, de s’installer dans un quartier nettement moins huppé, de végéter. Heureusement Delphine a gardé son emploi. Mais le pigeon plumé reste au nid, démoralisé, désenchanté, découragé, désœuvré. Et pour remonter la pente il ne trouve rien de mieux que de se laisser aller, soignant sa déprime au cannabis, se rendant chez madame ANPE comme on se rend au cimetière en invité surprise. Et les petits boulots qu’on lui présente ne l’intéressent pas, madame ANPE et lui ne partagent pas les mêmes valeurs.

Les mois passent, Delphine pense à la séparation, au divorce, et dans le même temps estime que la venue d’un enfant au foyer permettrait à Jean-Luc de se stabiliser, de lui trouver un pôle d’attraction, de le remotiver. Et c’est dans cette ambiance délétère que nait le petit Maël. Tout n’est pas perdu, car les parents de Jean-Luc, qui possèdent de nombreuses relations influentes, travaillent en sous-main pour l’aider à rebondir. Pas tant pour lui, qui se montre odieux, mais pour leur belle-fille qu’ils estiment et leurs enfants. Ils lui fournissent la possibilité d’entrer dans une société de courtage basée à Vannes. Au départ Jean-Luc est réticent mais il se plie devant les arguments avancés. Seulement il possède sa fierté et au bout de quelques années, il ne supporte plus d’avoir un supérieur hiérarchique, surtout une femme. Et à nouveau cela se dégrade. Il implose lorsque, après avoir envoyé une demande de graphologie à la responsable de la rubrique du journal local, il reçoit cette réponse : Personnalité complexe et complexée. Inhibitions diverses et obsessionnelles, et leur contraire : surestimation de l’égo. Dénuée de sentiments positifs à l’égard d’autrui, une nature déplaisante, rigide et dominatrice. La personne devra s’amender si elle veut devenir plus fréquentable.

Alors il va écrire, écrire encore, envoyant ses récriminations du bas de l’échelle jusqu’au plus haut, et son cerveau va court-circuiter.

Hervé Jaouen, délaissant sa saga familiale qu’il reprendra peut-être un jour (Les filles de Roz-Kellen, Ceux de Ker Askoo, Les sœurs Gwenann et Ceux de Menglazeg) revient aux fondamentaux, une critique sociale à travers un personnage qui disjoncte à cause de deux facteurs : sa propre faiblesse mentale, quoiqu’il se sente supérieur, et l’univers des dérives financières et sociétales. Hervé Jaouen se livre à un travail d’analyse qui ne porte pas sur un personnage abstrait, de fiction, mais bien sur une réalité quotidienne. Combien de fois avons-nous entendu aux infos parler de ses pères de famille qui poussés au bout du rouleau se livrent à un véritable massacre familial parce qu’ils n’en peuvent plus, broyés par l’implacable mécanique de la recherche de travail, imbus de leur supériorité, supposée, qu’ils possèderaient grâce à des diplômes obtenus haut la main et qui en fin de compte ne leur offrent pas plus de débouchés qu’un honorable Bac. Et tous ceux qui descendent inexorablement la pente et que l’on retrouve un jour SDF.

Une étude de mœurs, une peinture au couteau d’une frange de la société en déliquescence. Le Jaouen nouveau est arrivé, invitez-le chez vous.

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PAUL MAUGENDRE
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