Trash Circus INCARDONA12

JOSEPH INCARDONA

Trash Circus


Aux éditions PARIGRAMME (NOIR 7.5)

1340

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Le jeudi 10 Fevrier 2012

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Joseph INCARDONA




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Exhiber sans pudeur le malheur des gens, sous couvert de compassion exploiter la médiocrité pour faire de l’audience, tel est le concept hypocrite de l’émission-phare de Canal7. Auriol la présente; Thierry Muget la produit. Frédéric Haltier se charge de trouver victimes et bourreaux, prêts à témoigner en exclusivité pour du fric. Trente-trois ans, sportif, veuf d’Hélène, père de jumelles de douze ans, Porsche, Rolex, appartement luxueux, vêtements coûteux, Frédéric Haltier a le profil du gagnant dans l’univers des médias. Son autre facette, ignorée de tous ses proches, est nettement plus sombre. Supporter du PSG, il fait partie de ceux qui pratiquent la baston en marge des matchs, la castagne sauvage mêlant skins fachos et hooligans sans pitié. Cette violence, il en a aussi besoin lors de ses rapports sexuels, traitant les femmes tels de simples objets de luxure.

Que son père soit hospitalisé dans le coma, il s’en fiche. Que ses filles, éduquées dans un collège huppé soient des gamines turbulentes, pas son problème. Que sa belle-famille bourgeoise fasse ou non semblant de l’accepter, qu’importe. Pour Frédéric Haltier, dopé aux excitants, seuls comptent les rapports de force, en particulier pour ses relations féminines. Généralement ça marche, comme avec la jeune Éléonore, qu’il entraîne dans une partouze “de libertins”. Parfois ça dérape, comme avec sa collègue Jenny, pas consentante pour le sexe brutal. Il y a aussi le cas de Mourad, un employé de Canal7 qui estime avoir été humilié par Haltier. Ça pourrait finir par un duel, combat réglo. Mais Frédéric choisit de se montrer conciliant. En réalité, il va attirer Mourad dans un sale guet-apens. Dire qu’il ne peut même pas consoler la blonde et sensuelle épouse de celui-ci !

Tandis qu’arrive le mois de décembre, Frédéric Haltier est de plus en plus à cran. Son assistante Rebecca en fait les frais. Il lui semble impossible de renouer avec Jenny. Les soirées sexe en clubs avec de jeunes partenaires lui suffisent à peine pour évacuer le stress. Et voilà qu’un flic de la DCRI, l’ayant repéré parmi les amateurs de baston, lui propose un deal. Plus inquiétant, il reçoit des messages téléphoniques pouvant indiquer que l’on connaît sa vie cachée. Une personne de chez Canal7 en est l’auteur mais, perdu dans son rythme effréné, Haltier ne sait qui soupçonner. Un mystère qui augmente encore sa tension schizophrénique. Autour de la fête de fin d’année, destinée à célébrer les succès des productions de Canal7, l’anxiété violente de Frédéric Haltier est plus forte que jamais…

Dans les médias télévisuels où tout n’est qu’apparence, fric et sexe, nul doute que les intéressés s’y reconnaîtront. Pourquoi se priveraient-ils d’humilier leurs téléspectateurs, eux qui appartiennent à une caste supérieure ? Un univers bien plus superficiel ou précaire qu’il y parait, pourtant. Parmi les supporters “ultras”, pour lesquels le foot n’est que prétexte à libérer leurs bas instincts, ceux qui savent lire s’y retrouveront. Bizness du foot et comédie de l’admiration pour un club, combines qui masquent tant de haine. Quant aux femmes ambitieuses dont le principal talent réside dans leurs aptitudes sexuelles, celles qui sous couvert de “relations libertines” disent chercher le prince charmant, elles ont leur place dans cette histoire. Voilà donc un roman qui devrait faire l’unanimité chez ces divers publics. Bienvenue dans la noire réalité des années 2010 ! C’est un portrait de notre époque, dans ses aspects les plus véreux, que dessine ici admirablement Joseph Incardona. Son personnage central est-il vraiment plus cynique que beaucoup de nos contemporains ayant une parcelle de pouvoir ? Plus égoïste, estimant que tout lui est dû ? On se le demande. Dans une société sans freins, Haltier fonce furieusement vers le gouffre. Cette fiction n’est pas seulement criante de vérité. Elle a le mérite d’être parfaitement bien écrite, car l’auteur veille à soigner le style. Quand les excès vont jusqu’à l’écœurement, il n’y a pas de raison d’atténuer le propos. Écriture mordante, ironique, diablement maîtrisée, qui ne peut laisser insensible. Coup de cœur pour un pur roman noir, exprimant le sombre reflet de notre monde.

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Une autre lecture du

Trash Circus

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

En lisant les avis enthousiastes de mes confrères et néanmoins amis blogueurs, puis en découvrant à travers leurs chroniques l’univers de ce roman, un univers qui heurte ma sensibilité, n’étant pas un adepte de la violence, de téléréalités débiles, du sadisme, je me suis dit, ce livre n’est pas pour moi. Le titre en lui-même me heurtait légèrement. Trash Circus. Circus, qui renvoie aux jeux du cirque romains. Trash, qui selon mon petit dictionnaire franco-anglais, signifie rebut, camelote, fadaise. Bref pas véritablement engageant, mais pas vraiment décourageant non plus. Pourtant, vraisemblablement l’influence de mon côté masochiste, lorsque Babelio me l’a proposé en lecture, peut-être parce qu’aucun lecteur ne s’était senti le courage de le chroniquer, je accepté. Avant donc de vous donner mon opinion, sans complaisance, entrons donc dans le vif du sujet, si je puis me permettre, car le « héros » lui ne s’en prive pas.

Frédéric Haltier, qui porte bien mal phonétiquement son patronyme, est directeur de la programmation sur Canal7, une chaine télévisée dont la renommée s’est construite sur des émissions de téléréalités douteuses. Dernière en date imaginée conjointement avec son collègue Thierry Muget : inviter sur le même plateau un Japonais cannibale qui avait défrayé la chronique des années auparavant et le père d’une de ses victimes. Mais Haltier possède un pénis qui lui sert de cerveau et il réagit en fonction des envies et des besoins de son attribut synonyme de virilité. Alors il s’en sert, ou essaie, en toutes circonstances, en tous lieux et avec n’importe qui, collègues consentantes ou non, jeunes femmes carriéristes, ou hétaïres tarifées, ou employés (au masculin) de salons de massages spécialisés. Il sert également de rabatteur pour son patron.

Toujours sapé costards de luxe, possédant une montre présidentielle, une voiture de sport allemande, il aime aussi troquer ses costumes de ville contre des tenues vestimentaires plus prolétaires et pseudo sportives. Quoiqu’il apprécie les boissons alcoolisées et les drogues dures, les médicaments énergisants, il est également adepte des salles de musculation où il peut évacuer ses toxines. Mais surtout il se mêle avec plaisir aux supporters du Paris Saint Germain, participant avec volupté aux bastons les opposant aux casseurs des équipes visiteuses.

Un différent l’oppose à un informaticien de Canal7 et il l’entraîne, afin de sceller soi-disant une paix précaire, à un match au Parc des Princes. Le pauvre Mourad, qui ne doute de rien, sera sérieusement blessé dans l’altercation. Un guet-apens organisé. Un policier qui avait à l’œil Haltier lors d’une précédente échauffourée lui demande de coopérer, de servir de sous-marin.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là et d’autres péripéties attendent Haltier, qui à force de jouer avec un boomerang pourrait bien voir ses petites manigances se retourner contre lui.

Archétype de l’antihéros, franchement odieux, abject, Haltier n’engendre pas la sympathie. Loin de là. Ce n’est pas tellement le personnage en lui-même qui m’a importuné, provoqué des nausées, mais les descriptions complaisantes de l’auteur, l’ambiance délétère qui se glisse comme des fumerolles méphitiques. Je suis sorti de ce livre mal à l’aise, et je ne comprends pas que l’on puisse aimer. Certains glosent sur les Brigades Mondaines, les aventures érotico sadiques de SAS, cataloguant ces ouvrages basses catégories destinés à des prolétaires en mal de sensations fortes. Pour le peu que j’en ai lu, ce n’est pas pire que dans ce roman, ils seraient même à classer dans la catégorie bière sans alcool.

Ce roman réponds peut-être à un besoin, comme les émissions de téléréalités qui sont suivies par des millions de téléspectateurs, de se sentir racaille par procuration, d’assouvir des phantasmes. De toute façon, que ce roman ait du succès ou non, je pense que d’ores et déjà les frais d’impression du livre ont été amortis, si les annonceurs jouent le jeu, car c’est un véritable catalogue publicitaire.

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