La Boule Bleue HUGHES10

DOROTHY B. HUGHES

La Boule Bleue


Aux éditions LE MASQUE


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Le lundi 7 Octobre 2003

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Dorothy b. HUGHES




Une lecture de
MARC MADOURAUD

MARC MADOURAUD
Un vieux classique, réédité au Masque, pour changer. Une jeune femme qui commence à perdre la boule… parce qu’elle n’arrive pas à la retrouver ! Un trio de tueurs improbables, qui laisse derrière lui des morts comme d’autres distribuent des pourboires… Une bille légendaire, renfermant des secrets immémoriaux… Et la peur qui s’installe !

Griselda, une jeune modéliste divorcée, s’installe temporairement à New York dans l’appartement de son ancien mari, absent pour le moment. Son séjour tourne au cauchemar lorsqu’elle commence à être harcelée par deux étranges personnages, des jumeaux dandys et psychopathes. Ceux-ci lui réclament une mystérieuse bille bleue, qu’aurait détenue son ex-époux, et n’hésitent pas à trucider, à coups de canne-épée, les importuns qui se dressent sur leur passage. La bille contiendrait des secrets millénaires assurant à leur propriétaire un pouvoir presque infini… Et Griselda est d’autant plus horrifiée quand elle constate que leur égérie n’est autre que sa propre sœur, une adolescente encore plus perverse et sanguinaire qu’eux. Forcée d’assister à l’hécatombe que les jumeaux provoquent autour d’elle, comment la jeune femme pourra-t-elle échapper à ses tortionnaires ?

Impossible d’en dire davantage sous peine de dévoiler toute l’intrigue, qui ne brille déjà guère par sa complexité. Lors de la première traduction (1948, cela ne nous rajeunit pas), l’éditeur précisait qu’il ne s’agissait pas d’un roman d’énigme, mais bien d’un « roman d’atmosphère » : précision utile puisque, si l’histoire se déroule dans le milieu aisé cher aux énigmes classiques, l’ambiance est tout de même résolument noire. Seulement, ici, pas de détective désabusé, de blonde séductrice ou de policier corrompu, mais des tueurs façon Beau Brummel et des autorités agissant dans l’ombre. L’action (si on peut parler d’action) se concentre sur les mésaventures de Griselda, qui se sent de plus en plus oppressée par la toile mortelle que tissent autour d’elle les frères sanguinaires, qui clouent les victimes de leurs lames avec flegme et élégance.

C’est effectivement cette atmosphère trouble, presque irréelle, qui fait tout le sel du roman. L’héroïne ne cesse de se débattre en plein cauchemar, persécutée par des monstres aussi beaux que cruels. Hélas, les choix de l’auteur, tant dans la description des caractères de ses personnages que dans leurs comportements, ôtent toute crédibilité à l’intrigue. Griselda ne cesse d’agir en dépit du bon sens : sa panique est certes compréhensible, mais il semble qu’elle s’ingénie à se jeter systématiquement dans la gueule du loup (ou plutôt des loups). Les jumeaux apparaissent tout aussi irritants : comment croire un seul instant que ces psychopathes mondains puissent semer autant de cadavres sans que la police intervienne ? Celle-ci semble en catalepsie jusqu’au final, où elle cueille le duo gentiment et sans violence. Sans parler du héros (l’ex-mari de Griselda), quasi absent et tout aussi apathique…

Autre particularité du roman : le rôle central du Mc Guffin cher à Hitchcock (vous savez, cet objet inconnu et mythique que tous les protagonistes recherchent avec avidité), également employé dans Le Faucon maltais ou En quatrième vitesse, pour ne citer qu’eux. Là encore, cette fameuse bille manque cruellement de vraisemblance, même si son aura de légende apporte son écot à l’ambiance fantasmatique.

Etait-il bien indispensable que le Masque réédite La Boule bleue ? La question se pose : depuis, la littérature policière a nettement fait mieux dans le style cauchemardesque, alors que l’histoire est très datée et peu crédible. Soyons charitables, il s’agissait du tout premier roman de Dorothy B. Hughes, qui s’améliora par la suite dans la construction de ses textes. Sanction : ne vaut guère le détour…

LA BOULE BLEUE de Dorothy B. HUGHES
(traduction de "The So Blue Marble", 1940).
1ère édition : Ditis, Genève, "Détective-Club" n° 34, 1947.
2ème édition : J'ai lu, Paris, "J'ai lu policier" n° 53, 1967.
3ème édition : NéO, Paris, "Le Miroir obscur" n° 25, 1981.
4ème édition : Librairie des Champs-Elysées, Paris, "Le Masque" n° 2070, "Les Maîtres du roman policier", 1991.

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