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PHILIPPE HUET

Nuit D’encre


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Le jeudi 24 Mars 2012

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Philippe HUET




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

En Normandie, “Le Journal de Rouen”, propriété de la famille Fondelais depuis plusieurs générations, était une institution. En 1945, comme d’autre journaux qui avaient collaboré avec l’occupant, celui-ci fut repris par les autorités issues de la Résistance. Tandis que les Fondelais étaient condamnés, on plaça à la tête du nouveau journal “Normandie” Paul-Henri Sternis. Cet ancien imprimeur juif avait dû se cacher avec les siens durant ces années sombres. Sans doute, ce poste de patron aurait-il pu revenir à d’autres, qui furent plus impliqués au combat. Raoul Clairot, rentré mal en point de déportation, eût été légitime mais il n’était pas en état. Comme d’autres valeureux résistants, Clairot figura parmi les actionnaires du quotidien. Pendant un quart de siècle, Paul-Henri Sternis dirigea la rédaction avec intransigeance, veillant à une saine gestion du journal.

Vers 1970. Encore à la tête de “Normandie”, Sternis est un septuagénaire diminué par la maladie et les traitements. Son journal lui permet toujours d’affronter ses maux. Son factotum Carlos et sa jeune infirmière Pauline s’occupent bien de lui. Sa compagne Flora et son amie ex-résistante Madeleine, qu’il connaît toutes deux depuis la fin de la Guerre, sont fort utiles à son moral. Sternis est averti par un des actionnaires, Max Fortin, que l’on cherche à racheter le journal. L’opération est menée par les frères Gilbert et Patrice Gosselin, aidés par Franck Grainville. Ce dernier fut un vrai héros de la Résistance, avant de péricliter. Quant à Gilbert Gosselin, il a été un des plus fervents collabos de la région. Beaucoup de notables locaux s’en souviennent. Depuis quelques temps, Gilbert et son jeune frère sont en train de racheter de nombreux journaux à travers la France.

Ainsi que le pense Sternis, les Gosselin restent des minus. Mais il ignore que leur commanditaire n’est autre qu’Hubert Fondelais, installé à Berne. Il a missionné le duo pour se venger, en offrant de grosses sommes pour les actions détenues par les uns ou les autres. L’idéal pour les Gosselin serait d’avoir dans leur camp Raoul Clairot, ce résistant respecté et influent. Sternis ne s’avouera pas que lui-même, à la fin de la guerre, n’a pas été complètement honnête vis-à-vis des Fondelais, de Clairot ou de Roger Passart, qui était l’amant de Flora. Il vérifie qu’il a bien le soutien de plusieurs actionnaires, non vendeurs. Par des articles, il essaie d’alerter l’opinion publique sur les manœuvres en cours contre “Normandie”. Alors que Gilbert Gosselin piétine un peu, Fondelais lui donne trois semaines pour achever le rachat. Entre combines et coups tordus, il tente tout…

Récompensé par le Grand prix de Littérature policière en 1995, Philippe Huet est un auteur confirmé. Ancien journaliste, il connaît parfaitement le sujet évoqué ici. Quand il décrit cet univers très particulier que fut longtemps la fabrication d’un journal, on sent son attachement à cette tradition. Soulignons le beau portrait d’un patron de presse à l’ancienne, attaché plus que tout à son métier. Pour le décor, la ville dirigée pendant vingt-cinq ans par Jean Lecanuet reste symbolique d’une bourgeoisie feutrée. Sous un calme hypocrite, c’est en coulisses que se jouent donc les viles manigances. Il est vrai que l’immédiat Après-guerre fut cause de rivalités mal digérées, de sourdes rancœurs. L’Épuration n’a pas suffi à écarter les collabos actifs. Du côté des résistants, nouveaux maîtres d’alors, tous ne profitent pas au même niveau de leur action combattante. La traîtrise est un comportement universel, telle pourrait être la morale de cette histoire. La tonalité du récit est vive, entraînante, non sans ironie. À l’exemple du jeune typographe venu de la Résistance, qui se nomme Touvier (“homonyme” du milicien lyonnais condamné pour crime contre l’humanité). Contexte, ambiance et suspense, voilà les excellents ingrédients de cette intrigue très réussie.

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PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Le canard au sang à la rouennaise !

Très malade, d’ailleurs ses proches et ses ennemis pensent qu’il n’a plus que quelques mois à vivre, Paul-Henry Sternis revit lorsqu’il se rend dans son fief : le quotidien régional Normandie, qu’il dirige depuis plus de vingt-cinq ans avec opiniâtreté. Rien ne l’arrête, pas même un ascenseur en panne. Dans ce cas, Oscar son chauffeur, le prend dans ses bras et le monte jusqu’à son bureau où il rédige l’éditorial du jour.

Sans qu’il le sache, l’avenir s’assombrit, et pas seulement à cause de son cancer qui lui ronge les os. A la fin de la guerre, ce fils d’imprimeur avait repris les locaux d’un journal d’avant-guerre, disparu avec la Libération, avait créé Normandie avec ses fonds et ceux de quelques comparses, et avait réussi à force de pugnacité, à l’imposer comme le quotidien régional de référence.

Seulement les frères Gosselin, mandaté par Fondelais qui réside en Suisse, tentent de circonvenir quelques-uns des actionnaires en leur offrant une somme pharamineuse. Ainsi ils contactent des éléments faibles d’une partie des actionnaires, tels que Franck Grainville, surnommé Bayard lorsqu’il était chef du réseau Libération-Nord de la Normandie et un des premiers décorés nationaux de la médaille de la Résistance et qui après ses heures de gloire est devenu une épave, ou des boutiquiers comme Pétrel, le grainetier pétri de dettes ou Trimblot le boucher qui rêve d’ouvrir une seconde boutique. Comme refuser cent-cinquante mille francs de 1971 par action alors qu’en 1945 ils n’avaient déboursé que trois cents francs par part. La garde plus ou moins rapprochée de Sternis, mis au courant de ces démarches déloyales veulent faire front. Raoul Clairot, d’abord, qui n’est plus qu’un mort en sursis, lui aussi, ou Max Fortin, ou encore Madeleine Cahour, surnommée Castor lorsqu’elle aussi faisait partie de la Résistance.

Un bras de fer s’engage d’autant que Sternis a toujours déclaré qu’il ne tomberait jamais dans les travers d’un capitalisme à dividendes.

Ce roman, dont l’action se déroule à l’orée des années 1970, ne relate pas le travail de journalisme, mais de cette guerre de tranchées financière, alors que des personnages sulfureux tentaient, et réussissaient, une main mise sur les journaux de province, afin d’agrandi un empire au mépris de l’éthique. Les différents protagonistes sont issus soit des rangs de la Résistance, soit d’anciens collaborateurs plus ou moins blanchis. Et sous couvert de fiction, Philippe Huet met en scène Robert Hersant, sans jamais le nommer, et ses méthodes pour le moins douteuses.

Les conflits larvés, les rivalités et les rancœurs, les jalousies, remontent à la surface. Certains n’ont jamais accepté que Sternis soit le patron du journal, le considérant comme un usurpateur, alors que d’autres pensaient, espéraient pouvoir tenir en main cet organe médiatique. D’autant qu’entre Résistants et collaborateurs, rien n’a jamais été vraiment effacé. Une rétrospective sur un monde à part, le quatrième pouvoir, alors que les quotidiens se vendaient encore bien, n’enregistrant qu’un début de déclin qui ira en croissant. Depuis, bon nombre de titres ont disparu des kiosques, soit par les rachats, les fusions, soit par manque de lecteurs et donc de financement. Un roman, qui se veut également document, vu par l’œil exercé et impitoyable d’un ancien journaliste qui a connu ces bouleversements, ces manœuvres déloyales et délictueuses, qui sonnaient le glas des années bonheur.

La tranquillité provinciale n’est qu’un leurre.

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