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DULLE GRIET

Petits Meurtres Chez Ces Gens-là


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Le mercredi 6 Juillet 2012

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Dulle GRIET




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

En ce 17 novembre 2011, cela fait cinq ans que Serge Swanze a perdu sa femme. Définitivement, malgré les souvenirs qui restent accrochés à sa mémoire. Renversée, écrasée par une voiture folle. Un accident selon les uns, mais lui pense qu’il s’agit d’un meurtre prémédité. Pourtant Blanche est toujours là, présente dans cet appartement qui lui appartenait et qu’il n’a pas voulu vendre par respect. Et puis, Serge, ancien inspecteur principal de police, ancien alcoolique, parle à Blanche, ou plutôt aux photos représentant Blanche. Blanche qui aimait la peinture alors que lui, trop obnubilé par son travail et par l’alcool, ne s’y intéressait pas. Comme un rituel, il se rend chez Le Père Faro, un bistro antique tenu par Stu, commissaire divisionnaire en retraite et qui a repris le bouge, histoire de s’occuper. Parce qu’à part Serge, les clients renâclent à pousser la porte de l’estaminet caché au fond d’un jardin bruxellois. Et chaque 17 novembre, son ami Stu lui propose des cafés serrés, très serrés, avec au début une pointe d’armagnac, puis le breuvage gascon empiète sur le café. Le lendemain Serge se réveille avec une gueule de bois et ne comprend pas puisqu’il a abandonné l’alcool depuis cinq ans.

Le même jour, Arnaud Vandenbroeck (que je me contenterai d’appeler Arnaud dorénavant, tout comme pour Serge, ceci n’est pas une partie de Scrabble) quitte la prison de Lantin, non loin de Liège. Il a passé quinze ans derrière les barreaux, accusé d’inceste sur sa fille âgée alors d’un peu moins de douze ans. Il a proclamé tant qu’il a pu son innocence, mais rien n’y a fait. Sa femme s’est acharnée, et la gamine a suivi les préceptes maternels. Il en a bavé en prison, ses codétenus et le directeur du centre pénitentiaire n’aiment pas les violeurs en général, les pédophiles en particulier et les pères incestueux encore moins. A sa sortie le directeur lui remet toutefois un colis qui lui est adressé. Il s’installe dans un bar et ouvre l’emballage qui contient une lettre de son avocat ainsi qu’une autre boite laquelle renferme une arme à feu. Factice l’arme, sinon l’objet aurait été détecté. Ainsi qu’une somme d’argent assez conséquente et les clés d’un appartement qui a été loué à son nom. Et une arme à feu, une vraie cette fois, l’attend dans un tiroir. Sympathique comme attention, mais Arnaud ne comprend pas trop ce regain d’intérêt soudain, et surtout qui est cet ami anonyme. Il a beau vitupérer par téléphone, son avocat ne peut rien lui dire de plus. Alors il regagne Bruxelles par le train mais à sa descente il se trompe de sortie, son esprit encore occupé par cet envoi mystérieux. Il débouche dans la rue d’Aerschot (précision pour les amateurs) qui est l’une des rues chaudes de la capitale belge. Dans des bars vitrines, des jeunes femmes font tout pour attirer dans leur couche un client éventuel. C’est ainsi qu’il capte le regard d’une prostituée. Un sourire et le voilà envoûté. Il franchit la porte et la jeune femme l’emmène dans la pièce réservée aux ébats (faut pas croire que cela se passe à la vue de tous, faut pas exagérer quand même) mais ce n’est pas de câlins améliorés dont il a envie, besoin. De parler, de la revoir. Elle se nomme Kristina, vient d’un pays de l’Est et possède déjà un homme dans la vie. Nikolaï, son fils de huit ans. Elle accepte un rendez-vous avec Arnaud, le samedi matin, dans un bar près de chez elle. Même si elle le prévient qu’elle ne sort jamais avec les clients. Une certaine empathie les rapproche.

Bossemans joue un double-jeu. Il est un élu actif s’occupant de la faune et la flore et ne s’intéresse pas aux querelles linguistiques, sauf si un chèque conséquent lui est glissé dans la main. La face cachée est son occupation de lobbyiste. Il établit des contacts entre des personnes influentes, entre édiles et entrepreneurs, ou entre des individus qui préfèrent garder secrètes les transactions.

Deux jours plus tard, alors que la veille Serge s’est recueilli sur la tombe de sa femme, une jeune femme pénètre dans le bar du Père Faro, chapeautée d’un Borsalino et portant un baggy (le genre de pantalon dont le fond descend jusqu’aux genoux et qui donne l’impression que la personne qui en est affublée a eu des problèmes intestinaux). Stupéfaction générale des deux hommes, Stu et Serge. Pourtant c’est bien Serge qu’elle désire rencontrer. Lilas Klaus est une jeune inspectrice, qui connait bien les antécédents de l’ancien policier et surtout sa renommée. Elle souhaite que celui-ci reprenne officieusement du service. C’est sa première grosse enquête criminelle et elle a besoin de l’aide de l’ancien flic. Le juge Lannoye vient d’être assassiné et sa hiérarchie lui a demandé de concentrer son enquête sur les milieux extrémistes flamingants, et plus particulièrement sur le parti N-VA qui revendique l’indépendance de la Flandre. Or cette piste ne la convainc pas. Et elle a raison. Le lecteur non plus ne sera pas convaincu par cette assertion puisqu’il sait déjà que Lannoye fut le juge qui condamna Arnaud pour viol et inceste malgré les dénégations de celui-ci. Mais d’autres meurtres seront perpétrés dont je vous tais les noms des défunts, mais sachez que tous ont joué un rôle plus ou moins important dans l’inculpation d’Arnaud.

Cette enquête scoubidou (Vous ne connaissez pas ? Normal, je viens d’inventer cette expression. Je vous explique : quatre personnages représentent les quatre fils d’un scoubidou, trois très colorés, presque fluo, Arnaud, Serge, Lilas, autour desquels sont entortillés d’autres petits fils, Kristina, Nikolaï, la femme d’Arnaud et sa fille, son ancien associé, et un plus transparent qui se confond parmi les autres, Bossemans. Leurs aventures vont se croiser tels les fils du scoubidou, pour à la fin constituer une intrigue carrée) cette enquête scoubidou donc a été imaginée par un auteur Bruxellois qui est le pseudonyme d’un romancier connu et primé nous affirme l’éditeur. Qui se cache derrière cet alias ? Personnellement je pense à Jean-Baptiste Baronian, qui a signé aussi des romans noirs sous le nom d’Alexandre Lous. D’ailleurs il utilisait ces deux noms lorsqu’il signait des articles pour Le Magazine Littéraire. Des chroniques policières sous celui de Lous, et des chroniques bibliophiles sous celui de Baronian. Or les références bibliophiliques sont légion dans ce roman. Mais comme je ne suis pas sûr de ce que j’avance, considérez que je n’ai rien écrit.

Donc, quoiqu’il en soit, l’auteur Dulle Griet (dont le nom provient d’une figure folklorique qui pourrait être traduite par Margot la Folle, un tableau de Peter Bruegel l’Ancien) en plus de cette énigme qui réserve bien des surprises, nous propose de visiter Bruxelles, loin des sentiers touristiques. Et il met l’accent sur les dissensions entre Wallons et Flamands, remontant l’histoire et narrant l’origine de cette brouille. Bien évidemment les tensions entre ces deux cultures sont décryptées et cela ne manque pas de saveur. Notamment en ce qui concerne la langue, les Flamands refusant plus ou moins de parler wallon, mais exigeant qu’un francophone parle couramment leur langue lorsqu’il s’installe chez eux. Des petites digressions nécessaires pour mieux comprendre l’état d’esprit de ces deux communautés qui se chamaillent alors que la Belgique est un des pays fondateurs de l’Union Européenne. Un non-sens. Mais Dulle Griet est un auteur de bon sens qui fait dire à l’un de ses protagonistes : On n’a plus le droit de critiquer la politique d’Israël sans être antisémite. Révoltez-vous contre les dérives de certains imams, vous êtes raciste. Et si vous avez le malheur de dire d’une femme qu’elle est idiote, vous passez pour un misogyne.

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