Le Tri Sélectif Des Orudres GENDRON57

SEBASTIEN GENDRON

Le Tri Sélectif Des Orudres


Aux éditions BERNARD PASCUITO


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Le dimanche 9 Mars 2009

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Sébastien GENDRON




Une lecture de
FRANCOIS BRAUD

FRANCOIS BRAUD

Les astres l’ont prédit, vous lirez ce livre ! (épisode 4)

 

L’ABC du métier

 

 

Signe Taureau : du 21 avril au 20 mai. Le Taureau maîtrise le cou, la gorge et le couteau électrique. La paix, la joie de vivre, la sensualité sont essentielles pour le Taureau : c’est une nature simple et calme, sauf quand on l’énerve ou quand il doit faire disparaître un cadavre. Sa couleur est le vert ou le brun quand il n’y a plus de vert, son minéral l'émeraude, son jour le vendredi, ses métiers, l'immobilier, les arts, la cuisine, la finance, les ordures ménagères et la petite entreprise discount.... C’est ainsi que vous vous jetterez sur le Tri sélectif des ordures de Gendron…

 

 

 

Sébastien Gendron n’est pas un garçon très sérieux. Alors qu’il menait jusque-là une vie banale, qui lui pesait certainement au lu de ce que l’on écrit de lui sur le rabat de la couverture, il est soudainement – c’est une figure de style – pris de folie – en effet, ces choses-là viennent cauteleusement, tout le monde le sait – il se met à écrire un roman. Inquiétant, non ? Et encore, eut-il écrit un roman fleurant bon le terroir dont il est issu ou une abracadabrantesque histoire de jeunes chiraquiens à Mouilleron-le-Captif, on l’eût pardonné, mais le bougre se met à taper dans le polar, burlesque en plus, est-ce bien sérieux ? La réponse est non. Et c’est tant mieux pour nous, pauvres lecteurs abreuvés de frileurs ricains ou de sagas nordiques que de tomber sur un livre scotchant que ce [Le] tri sélectif des ordures, recyclé avec talent par Bernard Pascuito éditeur.

Il aurait pu prénommer son héros Johnny mais il a préféré Dick. Chacun ses goûts. Pour le nommer, il a pensé à Lapelouse. Pourquoi a-t-il ignoré, voire rejeté Wittgenstein ? Peut-être s’endormait-il en cours de philo… Toujours est-il que le héros narrateur se présente ainsi : « Je m’appelle Dick Lapelouse. J’ai quarante-deux ans ». On reste sur le cul. « Des trucs pas croyables, j’en ai vu des palettes entières. Des machins à la con, j’en ai fait assez pour meubler quatre fois la vie d’une tortue des Galápagos ». On tombe encore plus bas. Trucs, machins, le gars, il a du vocabulaire, il a dû dormir à côté du radiateur avec pour voisin Vermot. « À un moment donné, j’ai même fait détective privé, tellement les propositions d’orientation me déprimaient ». L’a pas vu la COP non plus. « Mais les histoires de garces et de chats perdus m’ont fatigué dès la deuxième saison. Alors, j’ai monté mon bizness ».

Et c’est là que tout dérape et le lecteur de se gondoler.

Dick Lapelouze décide de devenir tueur à gages et propose le marché au public à un prix défiant toute concurrence : « Un catalogue (…) pas moins. Avec plages plastifiées, nomenclature simplifiée, grille de tarifs HT, TVA, TTC. Je suis un homme d’exercices et de variété et je propose pas moins de quarante-quatre options, toutes accompagnées d’un complément de mise à disposition du décès – pudique terminologie que j’emploie pour désigner les divers moyens de faire disparaître des corps (ensevelissement dans coffret de béton, broyage en usine, abandon sur la voie publique après extirpation de la dentition et des globes oculaires, etc.). Vous imaginez bien (…) qu’en peu de temps j’aurai acquis un sérieux fonds de commerce ». Ce discours libéral est tenu à un banquier, il faut bien un petit capital pour démarrer. Et quand ce dernier lui oppose les risques d’une telle illégalité et ses conséquences fâcheuses, Dick a tout prévu : « Mon bureau sera équipé d’un pointu système vidéo qui me permettra de filmer la totalité des entretiens qui s’y dérouleront. (…) S’il [le client] me dénonce aux forces de l’ordre, je n’ai qu’à remettre, via mon avocat, la bande de l’entretien préalable qui l’incrimine autant que moi, si ce n’est plus (…) ». Et le banquier, quasi épaté : « Bien, je vais monter le dossier et je vous rappelle d’ici trois semaines ».

Il y avait longtemps, je vous assure que c’est vrai, que je n’avais lu un texte aussi réjouissant. Et on se prend à penser au privé de Brautigan, en plus cynique, Babylone est loin, ici, on reste franchouillard, et l’on s’en félicite. Enfin, un auteur qui se prend au sérieux avec humour et qui nous livre un OVNI littéraire qui remet en cause toute tentative de classification.

Cela dit, le livre ne manque pas de noir, comme pour nous prouver qu’il est temps de prendre les comiques au sérieux (comme le disait si bien Michel Lebrun). Page je-ne-sais-plus-combien, il nous décrit sans ménagement, comment il est difficile de dépecer un cadavre quand on ne dispose que d’un couteau électrique et que l’on ne veut pas laisser de trace. Hé oui, Dick Lapelouse a vu Les Experts. Vous me direz, c’est facile de citer sans annoncer les pages, oui c’est facile. Cela dit, l’auteur est là pour nous aider à nous repérer, pauvres boussoles affolées que nous sommes : « Sa voix aggravée par une consommation quotidienne de cigarettes blondes vient de se briser. Sonia ». Merde se dit le lecteur, qui c’est Sonia ? Va falloir relire tout le bouquin ou quoi ? Hé ben non, juste après : «  La grande fille blonde du chapitre 12 ». Et en plus, vous pouvez vérifiez que je n’invente rien, ce sont les pages 222 et 223. Comme quoi je suis un critique sérieux, je cite mes sources, enfin des fois… Je n’ai donc pas peur du ridicule. À propos de ce qui ne tue pas, paraît-il, les méchants sont aussi ridicules qu’un Al Pacino qui aurait un coup de mou : « Dégingandé, pas élégant, vulgaire et inappliqué, même les mains propres, il laisserait des traces de doigt sur du papier de verre. (…) M. Paoletto m’accueille comme un fils : en robe de chambre et mules. »  On y croit, non ?

Allez, jetez-vous dans la lecture de ce roman de 244 pages et vous vous bidonnerez comme ceux que l’auteur remercie à la fin du livre pour « avoir ricané à [ses] idées ».

 

Sébastien GENDRON (France) – Le Tri sélectif des ordures – Pascuito éditeur (avril 2008) – 244 pages – 15,95€ / inédit

 

François BRAUD, Mes dix polars de l’année 2008 (Tome 4)

 

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