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PASCAL GARNIER

Les Insulaires Et Autres Romans


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Pascal GARNIER




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Pascal Garnier est décédé le 5 mars dernier, mais il ne faut pas croire pour autant que les éditions Zulma profitent de cette circonstance pour rééditer trois de ses livres publiés il ya dix ans, car cette trilogie était programmée avant la disparition de celui qui restera un grand écrivain, méconnu, et dont les romans exploraient l’univers des petites gens. Par pudeur, par discrétion, l’éditeur ne propose aucun avant-propos, aucune préface, aucuns prolégomènes, aussi je me contente donc de vous proposer tout simplement les textes des chroniques que j’avais effectuées en leur temps pour des revues et des fanzines aujourd’hui disparues, sans rien changer sauf les corrections orthographiques nécessaires. Voici donc ces trois romans réunis en un seul volume et comprenant :

La place du mort. (réédition de Fleuve Noir, 1997)

Le décès de sa femme Sylvie dans un accident de voiture indiffère presque Fabien Delorme. Le couple s'était enlisé dans un confort que rien ne devait troubler. Même pas l'arrivée d’un enfant. La seule fois que Sylvie s'était trouvée enceinte, elle avait eu recours à l'I.V.G. L'accident s'est produit près de Dijon, un endroit où elle n'était pas censée se trouver, et Sylvie était en compagnie de son amant. C'est ainsi que Fabien apprend qu'il est veuf et cocu en même temps. Profitant de l'inattention du policier venu l'interroger, Fabien récupère l'adresse de la veuve de son rival. Tout en étant hébergé chez Gilles, un ami, Fabien piste Martine la veuve. La jeune femme est continuellement chaperonnée par une nommée Madeleine qui s'avère être la première épouse du mort. Fabien visite l'appartement de Martine en l'absence des deux femmes, les suit tout en essayant de ne pas se faire repérer. Il part en même temps qu'elles aux Baléares et alors qu'il se noie ayant présumé de ses forces, elles le repêchent. Un bon moyen pour faire connaissance mais Madeleine n'apprécie pas l'intrusion de ce mâle, même s'il se présente sous une fausse identité. Martine et lui couchent ensemble et rentrés à Paris, ils se rencontrent souvent chez la jeune femme. Un jour Madeleine propose une virée en Bourgogne dans une maison isolée qu'elle possède. Ce n'est qu'un guet-apens. Elle a découvert la véritable identité de Fabien, le menace d'une arme à feu et le blesse à la jambe. Martine, tout en le soignant, lui avoue avoir tué Madeleine et caché son corps dans le congélateur. Lorsqu'elle sort pour effectuer des courses ou autre, elle l'enferme à clé.
Cette histoire intimiste d'un homme velléitaire nous replonge dans l'atmosphère des romans écrits par les auteurs du Fleuve Noir des années cinquante à soixante-dix. On ne peut dire que la trame en elle-même soit novatrice mais la lecture de ce roman mettant en scène un personnage ordinaire, inconsistant, évoluant parmi d'autres individus tout aussi ordinaires, tient en haleine le lecteur. Pas de débordement de sang, de sexe, et c'est reposant dans une déferlante littéraire de tueurs en série, où la recherche du sensationnel prime parfois sur la construction.

Les insulaires. (réédition de Fleuve Noir, 1998)

Olivier, qui a suivi quelques années auparavant une cure de désintoxication, quitte le Midi et sa femme Odile, pour se rendre à Versailles. Sa mère vient de décéder, à quelques jours de Noël. Seulement l’inhumation ne sera effective qu’après la fête religieuse. Désœuvré, Olivier se rend chez sa voisine de palier. Avec stupeur, Jeanne et lui se reconnaissent. Ils se sont connus vingt cinq ans auparavant. Tout jeunes ils étaient inséparables, à quinze ans ils avaient eu leur première et unique union charnelle, mais également ils portaient en eux un terrible secret. Ils s’étaient perdus de vue mais leurs retrouvailles s’effectuent comme s’ils ne s’étaient quittés que depuis la veille. Jeanne vit avec Rodolphe, son frère aveugle, un être cynique qui jouit des désagréments qu’il prodigue envers ses congénères. Ce soir là il rentre ayant pris sous sa coupe Roland, un S.D.F. rencontré dans une église. Il lui a acheté des vêtements et inviter à manger. Olivier retombe dans l’alcool et le lendemain il découvre Roland étranglé dans sa baignoire, une de ses cravates autour du coup. Olivier ne se rappelle de rien. Ils se débarrassent du cadavre en l’enfouissant dans un bois. Rodolphe connaît le passé d’Olivier et de Jeanne. Adolescents ils se réfugiaient sur une île imaginaire et avaient enlevé un bambin afin d’obtenir une rançon. Mais le kidnapping s’était mal terminé. Entre Jeanne et Olivier la flamme qui les animait les embrase à nouveau malgré l’alcoolisme dans lequel Olivier a sombré. Après l’enterrement de sa femme Olivier décide de rester à Versailles et de couper les ponts avec sa femme. Le cadavre de Roland st retrouvé et un inspecteur remonte jusqu’à Rodolphe à cause des vêtements qu’il lui a acheté. Toutefois comme il est aveugle, la piste s’arrête là.
L’atmosphère sordide et cruelle, la description des personnages, leur déchéance, la situation dans laquelle ils évoluent, tout fait penser à l’univers des petites gens si bien décrit et mainte fois exploité par Simenon, ainsi qu’en témoigne cette citation : “ Lentement la chaleur reprenait possession de son corps, il redevenait flou, flasque, collant à la vie comme une boule de pâte molle ”. Peu de personnages, presque un huis clos feutré, parsemé de quelques touches d’humour qui mettent en valeur la noirceur du texte. Pascal Garnier raconte sans grandiloquence, sans effet de manchettes, sans coups de feu excessifs, et le résultat n’en est que plus efficace.

Trop près du bord. (réédition de Fleuve Noir, 1999) 

Vouloir comparer un romancier à l’un de ses pairs, de ses prédécesseurs, est facile dans l’idée du chroniqueur, surtout lorsque celui-ci veut démontrer le plaisir qu’il a pris à lire un ouvrage écrit par un auteur peu connu du grand public. Mettre en parallèle le style, l’atmosphère, l’intrigue, la force des personnages, les dialogues etc.
Mais si pour le public cette façon de procéder lui permet de lire un livre qu’il aurait peut-être ignoré, n’est-ce pas frustrant, pour l’auteur qui désire posséder son identité propre, à créer son propre monde, sa propre image d’écrivain ? Vouloir à tout prix coller une étiquette comparative n’est bénéfique que si le résultat est positif.
Ainsi en lisant les romans de Pascal Garnier, je n’ai pu m’empêcher de retrouver une impression qui m’avait déjà effleurée avec Les Insulaires. Il y a du Simenon et du G.-J. Arnaud dans ces textes qui narrent des fêlures, pour ne pas dire des fractures, dans la vie quotidienne des personnages banals en apparence.
Eliette, veuve depuis quelques années, végète dans sa maison ardéchoise, n’ayant de relations qu’avec ses proches voisins, un couple sympathique de fermiers, et ses deux enfants, mariés et vivant au loin. Afin de préserver son autonomie elle s’est acheté une voiturette. Une petite vie tranquille, secouée de temps à autre par une libido de sexagénaire bien conservée. Juste de petites pensées qui traversent son esprit mais qu’elle repousse vite fait, par honte et en souvenir de son mari. Un jour, alors qu’elle vient de crever au bord de la route, elle est dépannée par un homme qui lui-même est tombé en panne de voiture, quelques kilomètres plus loin. Elle lui offre l’hébergement. Un geste anodin qui l’entraîne dans des complications dont elle ne soupçonnait pas l’existence. Le lendemain matin elle apprend que l’un des fils de ses voisins s’est tué la veille en voiture et une jeune fille débarque d’un taxi, insultant et frappant son invité. Ce qu’elle prend pour une querelle de ménage n’est qu’une altercation entre père et fille. Ce quadragénaire dont elle s’est épris et dont elle ne connaît rien, n’est pas si blanc que ça. Et sa prétendue fille, qui l’est en réalité, est également son amante, pas par inceste mais par hasard. Une histoire de drogue plus quelques autres avatars dévoilés au fil des pages, font de cette histoire de dérapage mal contrôlé par les protagonistes, un roman à l’intrigue serrée et à l’atmosphère lourde, gluante, collant le livre dans les mains du lecteur qui ne peut s’en défaire avant d’être arrivé au bout de la dernière ligne.

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