Un été Grec FORTIN53

ANDRE FORTIN

Un été Grec


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Le dimanche 13 Avril 2009

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un été grec

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André FORTIN




Une lecture de
L A

L A

Un gamin est retrouvé noyé dans les calanques… à première vue, il s’agit d’un accident. Mais le juge d’instruction sur qui échoit l’affaire n’est pas convaincu. Il pressent une embrouille et ceci d’autant plus que la famille a une attitude étonnante. Alors il décide de ne pas classer immédiatement le dossier. Seulement voilà sa femme a décidé de partir en vacances avec ses deux enfants en Grèce, et le départ est pour demain.
Que faire? Confier le dossier au collègue de permanence? Celui-ci serait trop content de le refermer aussitôt… Il ne lui reste plus qu’à trouver un flic de confiance pour s’occuper de ce noyé.
C’est donc à distance, depuis un petit village de Grèce, que le juge va continuer à instruire, à déjouer les pièges de ses collègues et à faire bonne figure en famille… jusqu’à son retour à Marseille, jusqu’aux auditions du coupable.

Et pendant que ce juge instruit une affaire de meurtre, André Fortin, juge de son état, instruit une autre affaire, oubliée et occultée à grand renfort de cartes postales, une affaire qu’aucun tribunal international ne traitera jamais, peut-être parce qu’il y a prescription.
Mais qu’importe, la mémoire ne connaît pas de délais légaux, et il convient de ne pas oublier que le 12 avril 1967, des officiers emmenés par le colonel Yeóryos Papadópoulos prirent le pouvoir en Grèce avec la bienveillante passivité d’une CIA prompte à reconnaître ses vrais amis.

Ne pas oublier… tel semble être le mobile du meurtrier fictif, véritable rescapé de la barbarie dictatoriale, de la rue Bouboulinas, victime de la malédiction des hommes bien plus que de celle des Dieux.



Une autre lecture du

Un été Grec

de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Cela aurait pu n’être qu’un banal accident, la noyade d’un jeune homme dans les calanques de Marseille. Du moins rien qui puisse empêcher le Juge de partir avec femme, enfants et bagages vers la Grèce pour des vacances organisées par Billie, son épouse. Pas de quoi l’enchanter le juge ces longs déplacements, mais il faut bien faire plaisir. Ce noyé le turlupine et le Juge a comme l’intuition qu’il pourrait bien s’agir d’un meurtre déguisé, mais ce n’est qu’un sentiment diffus, comme le flair inhérent de quelqu’un qui a l’habitude d’instruire des affaires pas catholiques. Avant sa virée hellène, il a toutefois le temps de recevoir les parents dans son cabinet, séparément, afin de pouvoir mieux analyser les réactions. Le père est conseiller juridique, n’ayant qu’un seul client, l’entreprise de son beau-père, armateur international. La mère est effondrée, on le conçoit aisément. Elle est accompagnée de son père, un Argentin nommé Chaquiri. Le petit doigt du juge lui conseille de ne rien négliger et surtout de ne pas classer le dossier sans suite. Alors il requiert les services d’un commissaire de police compétent mis au placard car considéré comme électron libre, donc dangereux pour certaines personnalités. Ne pouvant lui-même superviser l’enquête le policer délègue un de ses adjoints, Juston, qui ne manquera pas de s’atteler à la tâche avec conscience, et fournira ses rapports téléphoniques au Juge, durant le séjour de celui-ci près de la mer Egée.

Quarante ans auparavant, dans un petit village grec, le jeune Apostolos parfait son éducation auprès d’un vieil instituteur déchu considéré comme gauchiste, pis comme communiste. D’où cette disgrâce. Car Spiros, son mentor, lui révèle les agissements tenus souvent secrets sur les déportations d’enfants en camps ou dans des pays comme la Roumanie, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Des faits tus par le pouvoir en place. Il encourage toutefois Apostolos à continuer ses études dans la capitale. Un peu perdu dans cette grande ville et avec la paperasserie à fournir pour l’inscription à l’université, Apostolos trouve un soutien en la personne de la belle Marina, issue d’une famille bourgeoise, mais qui ne se reconnaît pas dans les opinions politiques familiales. Elle l’entraîne dans des réunions de lambrakistes, du nom d’un ministre prônant des idées démocratiques, ou gauchistes, et peu à peu ils se sentent attirés l’un par l’autre. Jusqu’à ce terrible jour du 21 avril 1967, jour où l’armée prend le pouvoir sous la férule de colonels soutenus par les Etats-Unis, et principalement la CIA.

Ce qui rejoint ces deux fragments d’histoires, le lecteur le découvrira peu à peu, dans ce roman construit comme un mille feuille. Un roman qui dépasse le cadre strict du polar dans lequel il est confiné par le nom de la collection dans laquelle il est édité. Il s’agit plus d’un roman noir historique, à l’instar de ceux écrits par Didier Daeninckx comme Meurtres pour mémoire et tous ceux qui se sont engouffrés dans ces brèches de l’Histoire dédaignées par les médias. Souvent le rôle joué par les Etats-Unis, et plus précisément par la CIA, dans l’ingérence des affaires politiques de pays étrangers, européens, africains et autres, a été dénoncé, principalement dans des romans d’espionnage (de même que celui de l’URSS, mais décrit par des auteurs de sensibilité politique différente), mais il est bon de continuer à dénoncer ses agissements, même si l’influence de cet organisme tend à s’estomper. Du moins on aimerait le croire. A cela s’ajoute une histoire d’amour entre deux jeunes gens épris de liberté, de justice, et la vision d’un juge d’instruction français sur ces événements. Car il faut savoir qu’André Fortin, tout comme son narrateur, est lui-même juge d’instruction, et juge pour enfant. Il sait ce dont il parle, ou plutôt écrit. Et outre cette plongée dans le temps, on ne peut s’empêcher de lorgner du côté de la justice française et des tentatives qui sont effectuées pour la bâillonner, ou du moins l’assujettir. Ce qui n’est pas bon dans un pays qui se dit le chantre des droits de l’homme. Mais n’ais-je pas tout compris de l’actualité.

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