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ANDRE FORTIN

Restez Dans L’ombre


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Le dimanche 2 Octobre 2012

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André FORTIN




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Et faites la lumière !

Il ne faut pas croire, malgré l’obstination des juges d’instruction, leur éthique, leur sens du devoir, des affaires parfois ne sont pas résolues, au grand dam d’ailleurs de ceux-ci. C’est ainsi que le juge Galtier qui a sous sa coupe deux juges auditrices de justice, c’est-à-dire des apprenties juges, les invite à déjeuner pour leur fin de stage. Les deux jeunes filles demandent à Galtier de leur raconter une affaire qui l’a marqué. Au lieu de narrer une histoire élucidée, il remémore une affaire dont l’épilogue reste aléatoire.

Tout commence par le meurtre d’un octogénaire un soir de novembre 2002. L’homme a été lardé d’une douzaine de coups de couteaux dont deux au moins ont été mortels. Son identité ne sera dévoilée que quelques temps plus tard, lorsqu’une femme rapporte un portefeuille qu’elle a trouvé posé sur un muret. Seulement il n’y a plus d’argent à l’intérieur. La question primordiale qui se pose est de savoir s’il s’agit d’un crime crapuleux ou si le larfeuille est vide parce que celle qui l’a découvert s’est servie au passage.

L’identité du mort est bientôt révélée, il s’agit d’une dénommé Théodore Fontsec, un riche personnage, modèle de discrétion. Son fils est à la tête d’un patrimoine immobilier conséquent dont l’origine est nébuleuse. C’est un homme agressif et sa femme n’est guère plus avenante. Alors Galtier décide de se renseigner plus avant en interrogeant la petite-fille Charlotte qui a été confiée à un internat suisse. Parallèlement il demande à Juston, son ami policier qui apparait dans les précédentes enquêtes de Galtier, de faire le point sur le mort.

Charlotte est une adolescente difficile, à problèmes, et d’ailleurs c’est à cause de l’un de ces problèmes que ses parents l’ont envoyée en Suisse dans un pensionnat dirigée par Marie-Hortense Rochefort-Beloiseau, originaire des Antilles. Elle n’a pas d’amie, sauf peut-être Julia qu’elle désigne comme une copine ou une cousine. Marie-Hortense, Marie-Ho pour les intimes, la prend sous sa coupe, lui offre son amitié, et peu à peu Charlotte perd de sa réserve, tout en gardant une partie de ses secrets.

Ce que ne sait pas Galtier, mais qu’il finira par apprendre, je ne dévoile rien puisque le lecteur s’immisce dans la jeunesse de Théodore dès le début du récit, fin 1940, c’est que Fontsec s’appelait à l’origine Da Fonseca. Son père, d’origine portugaise, est docker à Marseille. Contrairement à ses collègues, il ne fréquente pas les syndicats ni les partis politiques, surtout pas les communistes. Il traficote et l’argent ne manque pas à la maison. Théodore est fasciné par ce père intransigeant quand à son avenir. D’ailleurs c’est son paternel qui l’encourage à devenir policier, suite à la venue à Marseille du Maréchal et de la mobilisation de la plupart des policiers dans l’armée. Mobilisation à laquelle le jeune Théodore échappe grâce aux amis influents de son père qui le met ensuite en contact avec le commissaire Altieri, de la Mondaine. Il se met à emboiter les pas de son père dans les petits trafics, à mettre de l’argent malhonnêtement gagné de côté, avec l’aval de Palmiéri, un truand en cheville avec Altieri. Et ce malgré les soupçons d’un autre policier, Sarafian. Tout va bien jusqu’au jour où est organisée une rafle des Juifs. Il sauve de la déportation une gamine juive et la cache. Après guerre, il disparait dans la nature.

 

Le juge Galtier vit avec ses doutes et si l’affaire est résolue pour les lecteurs, ce ne l’est pas entièrement pour lui : Je voulais leur faire toucher du doigt que la fameuse vérité judiciaire à laquelle tout le monde aspire et que doit mettre à jour le juge d’instruction, est tout à fait aléatoire, qu’il arrive souvent qu’on n’y parvienne pas et que, lorsqu’on croit y être parvenu, on se leurre. Il y a avant tout la vraie histoire, inventée par le seul destin et qui, dans l’absolu, ne pourrait être racontée que par lui. Il y a celle plus ou moins bâtie par le juge avec ses ignorances, ses erreurs, ses approximations et ses partis pris. Et puis il y a l’histoire de chacun des protagonistes, une toute autre histoire que celle du juge, qui s’est déroulée avant, qui se déroule aussi souvent à côté ou ailleurs, y compris pendant ses recherches et qui lui échappe.

 

Restez dans l’ombre est un roman tout en sobriété, qui rompt avec la drogue et autres délits qui alimentent actuellement les intrigues des romans noirs mais nous plonge une fois de plus dans les affaires glauques de l’Histoire. Le 22 janvier 1943 et les jours suivants ont été traités par Maurice Gouiran dans son roman Train bleu, train noir, aussi André Fortin ne s’y attarde guère. Il s’agit pour lui de décrire les premières années d’un policier véreux, collaborateur, mais également de réfléchir sur les doutes des juges dans les années 2000. Et de la façon dont la Justice est malmenée par des décisions parfois incompréhensibles venues d’en haut.

Ce sont les nouveaux procureurs, Juston, et les nouveaux présidents qui vont avec. La justice gérée comme une entreprise. Rentabilité, baisse des coûts, productivité et tout le toutim. Il faut croire que ma productivité est plutôt faible…

Il est des activités publiques, Education Nationale, Justice, Services de Santé, auxquelles sont exigées la rentabilité et la productivité au détriment de leur rôle sociétal. A quand leur introduction en Bourse ? Ceci est une affaire de bon sens que les économistes balaient d’un revers de main, rejetant les fonctionnaires comme des miettes de pain sur une table, oubliant qu’il n’y a pas que le profit dans la vie. Ceci, André Fortin ne le dit pas dans son roman, mais on sent une forme de désabusement de la part de son héros, le juge Galtier, même si celui-ci garde la foi parce qu’il croit en son métier, parce qu’il a la vocation. Et heureusement Billie, sa femme, pédopsychiatre, est là pour l’encourager ou lui montrer une voie à laquelle il n’avait pas pensé.

Une référence est faite à l’oncle Paul. Il ne s’agit pas de moi, mais de ce personnage de bande dessinée créé par Jean-Michel Charlier et Eddy Paape, d’autres scénaristes et dessinateurs prenant ensuite la relève, pour le magazine Spirou le 1er février 1951. Les belles histoires de l’oncle Paul abordaient tous les genres, le plus souvent historiques.

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Un vieil homme est lardé de coups de couteau alors qu’il se promenait paisiblement dans les rues de son quartier pourtant réputé paisible.Ce meurtre ne peut être que l’œuvre d’un rodeur, un rodeur qui a d’ailleurs dérobé le portefeuille de l’octogénaire.Le juge Galtier se voit confier cette affaire anodine…Mais très vite il s’interroge :Meurtre d’un rodeur ou affaire complexe ?L’identité de la victime lui fournit la réponse… Et la conclusion de cette enquête confirmera ses soupçons.

Dix ans plus tard, cette vieille affaire aujourd’hui classée, le juge Galtier se la remémore devant un auditoire de deux juges stagiaires de sexe féminin…Chacun connait le juge Galtier, pour avoir suivi un grand nombre des affaires qu’il a eues en charge, et chacun sait que l’homme voue une fidélité sans faille à son épouse, ce qui, bien sûr, ne lui interdit pas de se valoriser dans certaines circonstances et devant certaines personnes.

Quant au juge André Fortin, il profite des faiblesses de Galtier pour nous entrainer, grâce au récit croisé des protagonistes directs ou indirects de cette affaire, dans le lointain passé de l’occupation et des milices, au temps où la frontière entre police et truands s’était estompée, au temps où les uns se confondaient avec les autres, au temps des rafles et des spoliations, au temps où des fortunes se sont construites, au temps où seuls ceux qui ont su rester dans l’ombre ont traversé sans encombre

« Ce roman est une fiction. Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé serait donc purement fortuite.
Oui ce roman est une fiction, car, n’en doutons pas, la réalité était et est, de-ci de-là, bien plus sordide.

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