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RAPHAEL FAYOLLE

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Le mardi 12 Janvier 2011

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Raphaël FAYOLLE




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Ce titre en forme de palindrome reflète à lui seul l’atmosphère qui imprègne ce roman. Une oscillation entre rêverie et réalité, entre onirisme et brutalité, entre mirage et réel, entre abstrait et concret.

En ce 26 décembre 2002, Jérôme Mattogalli, dit Matto, a pris une décision irrévocable pour la nouvelle année qui se profile, celle de ne pas la voir poindre le bout de son nez. Il a décidé de se suicider. La trentaine bien affirmée, Matto se traine dans les couloirs d’un hôpital psychiatrique depuis des années, l’Hôpital du Sacré-Coeur. Il a décidé ça unilatéralement, et rien ne pourra y changer quoi que ce soit. Il baguenaude de la salle de télévision aux chambres des autres pensionnaires. De la fenêtre de son univers clos il peut apercevoir l’immeuble où il a vécu, l’école et le lycée où il s’est forgé des souvenirs, les copains qu’il a eu, ses relations avec les autres condisciples, avec les jeunes filles puis les femmes. Relations plus platoniques que charnelles avec ses dernières. Et les voyages qu’il a effectués, mais tout se bouscule dans sa tête. Des voyages imaginés, espérés ou vraiment accomplis ? Les seuls voyages qu’il effectue ce soir, ce sont ceux qu’il accomplit réellement, comme en état d’apesanteur dans les couloirs, et les seules visites qu’il reçoit ce sont celles d’infirmières et de docteurs. Non, cela ne l’empêche pas de revoir son copain de table, Hapi, le gros Hapi, celui qui sera toujours derrière lui, quêtant son amitié, même lorsque Matto le dénonce pour des vétilles auprès de l’instituteur. Enfin, pas vraiment des vétilles, mais quand on est potes, cela ne se fait pas. Mais Hapi ne lui en veut pas. Matto, c’était la grosse tête de la classe, toujours dans les premiers, et Hapi, cela l’arrangeait bien. En fait, ce n’était pas Hapi le meilleur copain de Matto, non c’était Christophe, mais Hapi obéissait à Matto, alors c’est comme si c’était son meilleur copain. Et puis il a Marie, avait plutôt, car depuis qu’il est enfermé il ne voit plus de femmes. Que sa mère et sa sœur, mais ça ne compte pas. Si il en voit, les infirmières et des pensionnaires, mais celles-là ne comptent pas non plus. Ah, Marie ! Tous les bons moments qu’il a passés avec elle, à moins qu’il les ait imaginés, eux-aussi. Lorsqu’il était couché à côté d’elle et qu’il la… Mais l’a-t-il vraiment aimée, possédée, au sens biblique du terme ? Ce serait à approfondir. Comme tous ces voyages qui l’ont entraîné à Tanger, au Bangladesh, à Shanghaï, à Buenos Aires, à Gdansk ou en Thaïlande. Autant de voyages, autant d’aventures, réelles, imaginaires, que le narrateur aime à se remémorer, à évoquer, à se passer en boucle comme un film dont il ne se lasse pas. Des rêveries interrompues parfois par des visites inopinées, des cris de pensionnaires, une femme réclamant son mari ou le contraire.

Schizophrène, mythomane, Matto est mal dans sa peau, mal dans ses souvenirs.

Namor, titre qui prend toute sa signification lorsque l’on sait que ce roman à l’envers, est une biographie peut-être pas si imaginaire, pas si fictive, car ce texte est dédié à un ami qui s’est suicidé un 27 décembre 2002, entre cinq et sept heure du matin, dans sa chambre de l’Hôpital Psychiatrique Sainte-Marie du Puy en Velay. Et ce que Raphaël Fayolle nous offre dans cet ouvrage poignant, c’est un peu la main tendue à tous ceux qui souffrent dans leur corps, dans leur tête, qui s’évadent spirituellement à défaut de pouvoir le faire réellement. C’est un hommage, une déclaration, un témoignage, en même temps un au revoir, une façon de le ressusciter, de préserver sa mémoire, peut-être de se préserver soi-même. Un livre intimiste, troublant, émouvant, subtil, tout en finesse, ode à l’amitié sans pathos, que je n’aurais pas connu si une visiteuse ne me l’avait pas signalé dans un commentaire laissé sur mon article du recueil de nouvelles : A la fin, tout le monde est mort.
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