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FORTUNE DU BOISGOBEY

Rubis Sur L’ongle


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Fortuné DU BOISGOBEY




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE
Lire, ou relire, des romans édités au XIXème siècle permet d’effectuer quelques parallèles avec notre époque. Ainsi Rubis sur l’ongle de Fortuné du Boisgobey m’a incité quelques réflexions qui confirment que l’histoire n’est qu’un éternel recommencement. Du moins en ce qui concerne certaines scènes, certains épisodes de l’existence qui se recoupent, qui possèdent bien des points communs avec quelques divergences bien entendu.

Par exemple : « En échange des dix mille francs que je vais vous compter, vous allez me souscrire un effet à onze mille francs, à trois mois. Je vous prête donc à un intérêt que les sots appellent usuraire. Moi, j’ai sur ce point des idées particulières. Je soutiens que l’argent est une marchandise dont la valeur varie comme celle d’une maison que son propriétaire loue plus ou moins cher, suivant qu’il trouve plus ou moins facilement des locataires. Et la preuve que j’ai raison, c’est que la Banque de France élève ou abaisse à son gré le taux de ses escomptes, en se basant sur la rareté ou l’abondance du numéraire ». Celui qui s’exprime ainsi est un usurier, Marcandier de son patronyme et surnommé Rubis sur l’ongle à cause de son habitude de payer comptant les clients qui se rendent dans son officine. Mais cette forme de prêt et surtout les intérêts pratiqués ne vous font-ils pas penser à des sociétés de crédit qui dépannent peut-être des individus dans la difficulté mais dont les taux n’enfoncent qu’un peu plus les emprunteurs dans l’infortune ? Quant à la parabole sur les propriétaires immobiliers elle est toujours d’actualité, à laquelle on pourrait ajouter les spéculateurs qui font s’envoler de nos jours les cours sur les matières premières.

Autre exemple : Violette, dont je vais bientôt vous entretenir, doit être engagée dans un théâtre comme chanteuse lyrique. Mais Monsieur de Mornac, un ancien colonel vivant de ses rentes, prévient son jeune ami Robert de Bécherel que celle-ci jouera dans une pièce dont « la scène se passe dans des pays extravagants, et que les actrices seront fort décolletées, quand elles ne porteront pas des maillots ultra collants. Tu vas me dire que tu n’en es pas fâché… les amoureux sont bêtes… mais me garantis-tu que cette petite se résignera à montrer ses jambes… et le reste, devant quinze cents spectateurs armés d’excellents lorgnettes. Il faudrait d’abord savoir si elles sont bien faites, ses jambes ». Et d’enfoncer le clou en déclarant : « Les jambes... c’est presqu’aussi important que la voix ». De nos jours, ce n’est pas tant que les jambes qu’il faut dévoiler, mais une poitrine avantageuse capable de détourner les oreilles au profit des yeux. Mais foin de billevesées, si nous nous intéressions de plus près au contenu de ce roman.

Le hasard fait bien les choses, a-t-on coutume de dire. Dans le cas de Robert de Bécherel, jeune provincial devenu secrétaire du banquier Lafitte grâce à des connaissances, le hasard lui joue un mauvais tour. Il retrouve inopinément boulevard Montmartre Gustave Pitou avec lequel il a effectué son service militaire en tant que volontaire cinq ans auparavant. Depuis Pitou est devenu agent de change à son compte à la Bourse et sans rouler sur l’or il se débrouille avec de sérieuses prétentions à la richesse. Il le convie, après avoir fêté leurs retrouvailles dans un restaurant, à se rendre chez la comtesse de Malvoisine où il le présentera à la jeune fille de la maison nommée Herminie dont il fait l’éloge. Malgré l’aspect financier non négligeable dont elle jouit, Herminie n’a pas encore trouvé de prétendant et la comtesse de Malvoisie qui se déclare tutrice de la jeune fille, aimerait pouvoir la placer dans les bras d’un homme. Mais Bécherel est captivé par Violette, une jeune fille qui, employée par la comtesse, joue et chante admirablement. Ils devisent sereinement et se donnent rendez-vous. Mais bientôt Bécherel voit planer sur lui les nuages noirs. Des parties de cartes battent leur plein comme si le salon de la comtesse n’était qu’un tripot huppé. Pitou est un acharné et après avoir gagné s’obstine à vouloir continuer malgré la déveine qui le guette. Bécherel est entraîné bien malgré lui, naïf il croit en l’amitié de son ex-camarade de régiment, et afin d’aider Pitou, il lui remet une forte somme d’argent que lui avait confiée le banquier Lafitte et qu’il devait remettre à une tierce personne. Or il ne possède rien en propre, seulement quelques terres en Bretagne qui lui assurent une rente confortable mais il ne peut rembourser le banquier. Fort mécontent auprès de Pitou, il s’attire l’ire de Galimas, un coulissier, c’est à-dire d’un courtier en valeurs mobilières, et il ne lui restera plus qu’à effectuer un emprunt auprès d’un usurier le lendemain. Mais dans ces conditions malheureuses qui s’abattent sur lui, il trouve toutefois quelque réconfort auprès du Colonel de Mornac qui fut un ami de son père et qui se propose de devenir son mentor. Le lendemain il se rend chez Rubis sur l’ongle, le fameux usurier, de son vrai nom Marcandier. L’immeuble, décrépit et apparemment inhabité, est farouchement gardé par une concierge acquise à la cause de son maître. Bravant la cerbère, Bécherel grimpe les trois étages et arrivé sur le palier se trompe d’entrée. Il entre dans un appartement complètement vide, non éclairé, et au bout d’un couloir se heurte à une porte en fer. Il entend des gémissements mais ne peut entrer. Enfin il honore son rendez-vous avec Marcandier qui déjà au courant des vicissitudes endurées par le jeune homme lui prête l’argent. Puis Bécherel se rend chez Lafitte, lui aussi mis au courant. Que l’argent lui soit remis l’importe peu. Il est fâché par l’indélicatesse de Bécherel et lui signifie son congé. Bécherel n’en a cure. Pour lui le plus important est de retrouver Violette qui lui narre sa jeunesse. Enfant abandonnée, elle a été élevée chez les sœurs puis le hasard aidant s’est retrouvée chez la comtesse. Elle se souvient vaguement de quelques épisodes qu’elle dévoile à Bécherel, mais se refuse à ce qu’il lui avouât son amour, du moins pour le moment. Bécherel intrigué par les gémissements va tenter de localiser la personne qui les poussait et dans le même temps accède à la proposition de faire embaucher la jeune fille dans un théâtre parisien en tant qu’artiste principale. Bécherel va être aussi victime d’une nouvelle arnaque de la part de Pitou. L’homme fait courir une rumeur selon laquelle des titres seraient dévalorisés, puis profitant de la baisse en achète en grande quantité, puis une nouvelle rumeur est lancée, contredisant la première. En quelques minutes, le voici en possession d’un portefeuille confortablement garni. Mais Bécherel refuse de se prêter à ce petit jeu et d’endosser à son nom la somme acquise dans des conditions qu’il juge malhonnêtes.

Ce mélodrame est tout à la fois enquête policière, roman d’énigme, roman de mœurs, roman d’atmosphère et roman sentimental. Fort bien écrit, vivant, il reflète la littérature de cette fin de XIXème siècle et il est à l’honneur des éditions du Masque de l’avoir exhumé dans ce purgatoire dans lequel il végétait sans l’avoir mérité. Il serait bon que cette heureuse initiative soit suivie de la parution d’autres romans de cet auteur méconnu. A signaler que, par une pure coïncidence, Bécherel est un charmant petit village d’Ille et Vilaine, devenu une cité du livre fort prisée.

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