Chair Fraîche Sur Le Pavé De Paname DRACK215

MAURICE DRACK

Chair Fraîche Sur Le Pavé De Paname


Aux éditions EDITIONS DU PETIT PAVE

985

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Le mercredi 23 Septembre 2010

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Maurice DRACK




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Collection Arkhaia. Préface de Stéphane Beau 

Certains artistes, écrivains, peintres, musiciens… tombent dans l’oubli sans que leurs œuvres déméritent, tandis que d’autres ne connaissent pas l’érosion du temps. Ainsi Maurice Drack, pseudonyme d’Auguste Alfred Poitevin, né en 1834 et décédé en 1897 à Paris, dont le nom resté attaché à l’adaptation théâtrale de la San Felice d’Alexandre Dumas, est tombé dans les oubliettes de la mémoire et de l’histoire de la littérature, sauf de celles de quelques spécialistes qui s’échinent à les sortir des limbes. Hommage soit ainsi rendu à Stéphane Beau de nous proposer cette Chair fraîche sur le pavé de Paname dont le titre à lui seul est un véritable programme et une incitation à ouvrir une œuvre tombée en désuétude. Pourtant le style littéraire, l’écriture, la narration, la trame, l’histoire en elle-même, ne sont en rien moins aboutis, moins intéressants, moins captivants, que des ouvrages signés Ponson du Terrail, Gaston Leroux ou encore Maurice Leblanc, par exemple, dont les œuvres sont postérieures. Quel mauvais sort a pesé sur son œuvre pour qu’elle soit ainsi occultée ? Nul ne pourra peut-être répondre à cette question, mais contentons-nous déjà de découvrir cet ouvrage et peut-être aurons nous le plaisir, si le succès est là, de découvrir d’autres petits trésors oubliés écrits par d’autres auteurs négligés.

Revenant de voyage, au cours duquel il a remarqué une belle jeune fille accompagnée d’un chaperon de sexe masculin au faciès désavantageux, Maxime Charly, étudiant en médecine, rencontre inopinément son ami Christian Sévérus d’origine danoise, sculpteur dont le nom commence à s’imposer dans la capitale. Dans la foule qui gravite autour de la gare Saint-Lazare, les deux hommes échangent quelques propos tout en épiant le manège de la belle inconnue qui ne l’est plus très longtemps. Il s’agit d’Amalia, une compatriote d’ascendance noble, avec laquelle Christian avait des projets de fiançailles, mais ceux-ci ont capoté à cause d’un refus de la part de la belle-mère de la belle Danoise. Christian, toujours amoureux d’Amalia, est intrigué car la jeune fille se comporte comme si elle était devenue aveugle, accompagnée d’Olaf Molner, l’intendant du comte et âme damnée de la marâtre. Utilisant une situation qui sera souvent reprise par les auteurs de romans policiers par la suite, les deux amis s’engouffrent dans un fiacre, demandant au cocher de suivre le véhicule qui les précède et en avant. Mais Olaf se rend compte qu’ils sont suivis et entraîne les deux amis jusqu’à un troquet. Dans le bouge une rixe éclate entre deux consommateurs et dans le chahut qui suit, Christian et Maxime perdent de vue Amalia et son protecteur. Tête de mule Christian retournera le soir même sur les lieux afin d’enquêter mais il tombe dans les rets des deux consommateurs, deux aigrefins qui gravitent dans les milieux des cirques ambulants, et qui avaient organisé l’échauffourée afin de détourner l’attention.

Pendant ce temps Maxime est confronté à un autre problème qui le touche plus particulièrement. Son parrain, Max Puyravault, agent immobilier connu pour sa probité, a disparu depuis quelques semaines, après que trois clients potentiels lui aient demandé d’effectuer des transactions. Tronche, le caissier, qui devait réaliser un inventaire, est inquiet et sur sa demande deux juges assistent, ainsi que Maxime et un notaire, maître Briançon, à la perquisition de l’étude. Des billets à ordre signés par les clients, de l’argent ainsi que des coupons d’emprunt ont disparus. Maxime et le notaire trouvent l’intervention du caissier pour le moins louche alors que les magistrats pensent aussitôt à des opérations frauduleuses. Ni Maxime, ni le notaire son convaincus par les conclusions des juges et du caissier, d’autant que celui-ci n’est au service de Puyravault que depuis deux ans, le précédent employé ayant donné sa démission pour des raisons plus ou moins vaseuses.

Maxime se trouve donc confronté à deux problèmes : retrouver et éventuellement laver de tous soupçons son parrain, et délivrer son ami Christian. Pour cela il sera aidé par une jeune violoniste hongroise, Martine Valerio et son serviteur tzigane, et l’association des Flemmards, six compagnons qui vivent dans une demeure ayant été habitée par des religieux. Paris, les environs d’Orléans et la Provence sont le théâtre des péripéties décrites dans ce roman avec des personnages hauts en couleur, pour qui l’amitié n’est pas un vain mot. Tous les ingrédients nécessaires à élaborer un suspense foisonnant sont mis en place, dans un juste dosage, et nos aventuriers sont confrontés à des malfaiteurs sans scrupules, des prélats qui quittent la chaire pour la chair, des forains pour qui le cirque n’est qu’une couverture et un alibi pour leurs déplacements, des empoisonneurs, ou au contraire aidés par des hétaïres au grand cœur, des tziganes, une prestidigitatrice adepte de la magie blanche, un petit chien ancêtre de Milou pour son flair et ses prises d’initiatives, des compères qui manient aussi bien l’art des armes que la chimie et utilisent leur intelligence et leur science pour aider les amis en détresse. Bref toute une faune composée de personnages qui ne sont pas mis en scène pour jouer les figurants mais ayant tous leur rôle à jouer dans une histoire que n’aurait pas renié Eugène Sue, Dumas et consorts.

Maurice Drack ne se contente pas d’écrire une histoire prenante, mais déjà émet de petites réflexions qui aujourd’hui encore sont d’actualité. Ainsi lorsque l’un des protagonistes se plaint des « mauvais repas des buffets de chemins de fer », ou lorsque l’auteur dénonce à mots feutrés l’urbanisme : La rue Notre-Dame des Champs appartient à cette zone de Paris où les pierres de taille n’ont pas encore dévoré toute la verdure. Et que penser du portrait de Martine, qui, dans ses allures, dans son caractère décidé, dans son costume même, avait beaucoup plus du jeune homme que de la femme, tenait fort à ce que ceux chez elle comme des amis la traitassent en garçon, c’est-à-dire en laissant de côté toute arrière-pensée de galanterie, et en oubliant franchement son sexe.

Et pour ceux qui oseraient trouver que les descriptions soient par trop longuettes, cas évoqué mais non prouvé, l’auteur précise à son lecteur : Il faut bien des lignes pour exprimer par la plume ce que l’observateur a saisi d’un clin d’œil. Qu’en termes choisis et avec quelle élégance, cela est fort joliment écrit. Quant aux jactances des petites frappes parigotes, elles ne manquent pas de sel et nul n’est besoin d’un dictionnaire de l’argot pour les décrypter. Un livre et un auteur à découvrir et à redécouvrir.
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