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DANIEL DEPP

Babylon Nights


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Le dimanche 23 Mai 2011

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Daniel DEPP




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE
A quarante-trois ans Anna Mayhew n’en parait que trente-cinq, et encore. Son aura de star hollywoodienne commence à pâlir. Les producteurs ne lui proposent plus guère de scénarii et ceux qu’ils lui soumettent ne lui conviennent pas. Pourtant pour Vincent Perec, qui dirige un institut de beauté à Los Angeles, elle reste une icône et il lui voue une véritable passion qui confine à l’idolâtrie malsaine. Elle est invitée dans une réunion où elle doit défendre les monuments historiques de la ville promis à la démolition, mais lorsqu’elle réintègre son véhicule, elle s’aperçoit que son foulard a été victime d’une coupure franche et nette. Une lame de rasoir bien tranchante en serait la responsable. Elle requiert, par l’entremise de sa sœur Pam qui ne la quitte jamais, les services de David Spandau, ancien cascadeur devenu détective privé, afin d’enquêter sur l’identité du malotru et la protéger d’une nouvelle attaque qui pourrait lui être fatale. D’autant qu’Anna reçoit des lettres anonymes écrites à l’encre rouge. A l’encre rouge ou avec du sang ? Entre Spandau et Anna les premières entrevues sont assez houleuses. Faut avouer que le détective n’y met pas vraiment du sien. Lâchement abandonné par sa femme, c’est son point de vue, il tente de noyer son amertume dans l’alcool. Et son ironie grinçante ne lui procure pas que des amis. Et comme son patron est lui aussi en addiction avec les boissons fortes, cela ne lui cause aucun problème dans son travail. Mais lorsqu’il le faut, il sait renoncer à quelques verres. Grâce à une vidéo enregistrée à la sortie du restaurant où a eu lieu la réunion il arrive à distinguer l’individu et se faire une vague idée de son physique. Toujours dans le cadre de sa défense des immeubles de la ville de Los Angeles, Anna accepte d’assister à la projection d’un vieux film, afin de sauver un cinéma de la démolition. Spandau engage deux extras, pensant à raison que l’individu au rasoir va essayer de s’immiscer dans la foule. Effectivement il aperçoit l’homme mais celui-ci est plus prompt, balafre l’un des gros bras et parvient à s’échapper. Heureusement un moment de répit est prévu : Anna doit participer au jury du festival de Cannes. Si cela ne peut relancer sa carrière au moins c’est un endroit utile et propice pour se faire voir, remarquer et surtout essayer de nouer des contacts. Mais ce qu’ils ignorent c’est que Vincent Perec, qui vient de s’attirer les foudres de Spécial, un truand et proxénète Noir local pour avoir effrayé l’une des péripatéticiennes de son harem et surtout s’être enfui avec un sac contenant quelques cent quarante mille dollars, est d’origine française et plus précisément de Nice. Sa mère, Française, est une femme castratrice, propriétaire du magasin dans lequel il officie, et est handicapée. Elle en profite pour pourrir la vie de son fils, mais celui-ci a parfois des réactions étonnantes, expéditrices et définitives.

Tout ce petit monde va se retrouver à Cannes, Nice et les environs.

Ce roman paru quelques jours avant l’ouverture du festival de Cannes, heureuse coïncidence, est une très bonne surprise. Vivant, alerte, humoristique, il nous fait penser aux ouvrages noirs mais pleins d’allant dans lesquels l’action primait sur les considérations psychologiques d’un personnage. Ici nous avons droit à un protagoniste névrosé, mais l’auteur ne s’étend pas et n’emprunte pas à une philosophie de bazar. Ce n’est pas le genre à couper un cheveu en quatre même si son personnage est un coiffeur qui utilise avec efficacité un rasoir de barbier, un coupe-chou que l’on ne retrouve plus guère que chez les sculpteurs capillaires. Juste une petite parenthèse pour déplorer que la photo de couverture représente une lame et non point cet article qui fit le bonheur des marlous qui subtilisaient les sacs à main dans le métro. Daniel Depp, qui est scénariste et producteur, francophile partageant son temps entre les USA et la France, s’amuse à énoncer quelques vérités tout autant sur les mangeurs de grenouilles que sur les dévoreurs de hamburgers. Même si parfois on peut le taxer d’être de mauvaise foi, mais une mauvaise foi consciente, dont l’unique but est de faire sourire le lecteur. Ainsi Anna est clairvoyante, peut-être trop, sur la starisation. « Il y a un dicton hollywoodien qui dit que la carrière d’une actrice suit le chemin de ses seins ». D’ailleurs le matin elle sacrifie au rite du crayon sous les seins. Si le crayon tombe c’est que les seins eux ne dégringolent pas. S’il est retenu c’est que… Elle est apeurée aussi à l’idée de « défendre son point de vue face à une bande d’intellectuels européens. Regarder des films est une chose, en parler est une autre ». Petit coup de griffe au passage sur le festival : « Ce que les gens veulent, c’est qu’on les divertisse, et les films de Cannes ne sont pas là pour ça ». Des questions essentielles sont posées : « Savez-vous pourquoi les gens n’aiment pas les Américains ? - Parce qu’on est les plus riches ? ». Les aphorismes abondent : « L’aéroport de Nice-Côte d’Azur est d’une architecture aussi riante qu’un centre de traitement des maladies vénériennes ». Le lecteur ravi jubile donc aux dialogues savoureux et se régale lors de certaines scènes qui « décoiffent ». Un roman qui devrait être inscrit sur la liste des médicaments remboursables par la Sécurité sociale en remplacement des antidépresseurs. Et n’allez pas chercher la petite bête, il y en a assez comme ça dans le développement de l’intrigue.

Citation :

  • Vous êtes du genre blagueur qui tue le méchant et embrasse la fille dans la scène finale.

  • - Chez moi, ce serait plutôt le contraire, mais je ne perds pas l’espoir.

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