Les Œufs De Lewarde DEMETZ303

JEAN-MARC DEMETZ

Les Œufs De Lewarde


Aux éditions ENGELAERE

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Le samedi 23 Juin 2013

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Jean-marc DEMETZ




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

C’est comme si un cataclysme s’était abattu sur la ville. Des morts partout, des voitures encastrées les unes dans les autres, les passagers d’un car figés dans la mort, des consommateurs aux terrasses terrassés leur dernier verre à la main. De même pour les animaux, petits ou gros. Pourtant rien ne semble à l’origine de cette catastrophe. Pas de guerre, pas de déflagration nucléaire, aucune origine visible suspecte. Seuls un homme et une femme nus marchent dans la rue main dans la main, surveillés par un rescapé caché parmi les décombres.

Effectuons un bond dans le temps en nous projetant cinq cents ans environ en arrière et entrons en catimini dans le laboratoire d’un alchimiste. L’homme a réussi à doubler sa production d’argent métal à partir du minerai de cuivre. Mais le Grand Œuvre n’est point sa préoccupation première. Il veut également accéder à la découverte de la Panacée, la médecine universelle, l’élixir de longue vie. Et aussi, mais cela est déjà réalisé, parvenir à la transmutation de l’âme. En 1518, au Clos Lucé, tandis que Leonardo Da Vinci planche sur l’une de ses nombreuses activités, il est tout à la fois artiste, scientifique, ingénieur, inventeur, anatomiste, peintre, sculpteur, architecte, urbaniste, botaniste, musicien, poète, philosophe et écrivain (dire que personnellement je peine à réaliser modestement l’une de ces occupations !), un visiteur se présente. Tandis que Da Vinci dissèque un cadavre, le Flamand se dit intéressé par les mystères de la vie et il aimerait pouvoir compulser les innombrables croquis du maître italien.

Quelques années plus tard, en 1547 exactement à Arles, un homme se présente chez Michel de Nostredame, pensant trouver auprès de celui-ci de nouvelles connaissances en alchimie végétale. L’alchimiste qui travaille sur une traitement contre la peste est contrarié et demande à son visiteur de reporter leur entretien au lendemain. Durant la nuit, l’homme, le Flamand, dit aussi l’Anonyme d’Anvers, est réveillé par des bruits. Michel de Nostredame est atteint selon son serviteur d’une crise d’épilepsie. Or ce n’est point de mal étrange que Nostredame souffre mais d’un état de transe. D’ailleurs le Flamand le voit rédiger quelques lignes sur un bout de papier qu’il enferme dans un tiroir avant de s’endormir paisiblement. Il s’empare de quelques-unes des Centuries de Nostradamus.

En 2012 à Aniche, Annie dort comme une bienheureuse lorsque par la fenêtre s’engouffre comme un vent qui tournicote, un halo de forme ovoïde qui la nimbe doucement puis s’infiltre en elle. Au Palais de la Bière, Bob le patron et ses trois amis, Léo le copain d’Annie, ouvrier verrier, Bubu l’anarchiste et Fifi professeur d’anglais, confèrent, discutent, conversent, parlotent, bavardent… et boivent. Léo rentre se coucher et tandis qu’il ronfle comme un poêle à charbon (normal nous sommes dans le Nord) en plein rendement de surchauffe, Annie se lève pimpante, guillerette avec dans la tête une idée nouvelle. Elle se rend à son travail, elle est archiviste au Centre historique Minier de Lewarde, et son premier souci est de s’infiltrer dans une cave afin de trouver elle ne sait trop quoi. Elle est guidée par une lueur qui la mène jusqu’à un coffre. Et dans ce coffre, qu’y-a-t-il ? Un trésor sans aucun doute et elle en fait part à Léo qui en compagnie de ses amis se promet de lui faire un sort (pas à Annie mais au coffre).

Dans ce court roman, outre les pérégrinations de l’Anonyme d’Anvers déjà décrites ci-dessus, nous retrouvons dans les années 1860 les personnages fort sympathiques que sont (ou furent) Jules Verne et Emile Zola, quoique ceux-ci ne s’estimaient guère, et qui grâce à leur curiosité naturelle concernant cette région purent écrire leurs chefs d’œuvre tels que Voyage au centre de la Terre et Germinal. Nous suivons également les tribulations d’un carnet convoité par bon nombre de personnes, et sinon le posséder, tout au moins le consulter. Eminemment ancré dans le domaine du fantastique, cet ouvrage nous propose quelques belles pages historiques sur la région, sur les conditions de travail des mineurs et accessoirement des verriers, avec la participation exceptionnelle de personnages célèbres en acteurs invités (certains disent Guest star, il parait que cela fait mieux si l’on s’exprime en anglo-saxon) qui donnent une saveur particulière à ce qui aurait pu n’être qu’une aimable bluette.

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Une autre lecture du

Les Œufs De Lewarde

de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Tout comme le mythique Juif Errant, l'Anonyme d'Anvers aura beaucoup marché durant sa longue vie d'immortel. On le rencontre au début des années 1500 sous les traits d'un alchimiste. Transformer le cuivre en argent en moins de temps que la moyenne, voilà une réussite technique importante. Quelques années plus tard, il sympathise avec le génie que le roi François 1er a ramené d'Italie, Léonard de Vinci. L'Anonyme d'Anvers va hériter des inventions du Maître, ingénieuses et innovantes, mais que le vieux Leonardo n'aura pas la possibilité de réaliser. Du côté d'Arles vers 1547, c'est Michel de Nostredame que le savant anversois vient consulter. Outre la création d'un secret remède contre la peste, l'arlésien a commencé à délirer sur ses prophéties. Quelques-unes des strophes sont annonciatrices d'apocalypse, le pire étant toujours plus le facile à prédire. Toutefois, la véritable quête de l'Anonyme d'Anvers, c'est la Panacée, celle qui permet de tout guérir éternellement.

Aniche est une commune située à cinquante kilomètres au sud de Lille, à une quarantaine à l'est de Lens, un peu au nord de Cambrai. Elle se trouve au cœur du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, ou de ce qu'il en reste. On exploita ici le charbon, avec quatorze puits de mine en activité. Il exista longtemps aussi des usines de verreries. L'Histoire a laissé à Aniche un riche patrimoine industriel, mais aussi la trace du passage de célébrités. Dont Napoléon Bonaparte lui-même, alors jeune officier, qui fricota avec une demoiselle Gerbier. Nantais de naissance, Amiénois par le mariage, Jules Verne vint se documenter à Aniche, en prévision de la largeur des hublots du Nautilus. Ce serait dans cette même commune qu'Émile Zola aurait trouvé son inspiration pour “Germinal”, grâce au leader gréviste Émile Basly servant de modèle à Étienne Lantier. Le point commun entre Verne et Zola, c'est un petit carnet légué par un ancien mineur barbu prénommé Anselme.

Où est donc passé notre Anonyme ? Il réapparaît vers 1910, sous les traits de l'industriel Edmond Danvers. Il va relancer l'exploitation des mines d'Aniche et de Lewarde jusqu'en 1971, fin de l'époque du charbon. Aujourd'hui, les réunions syndicales des mineurs ont cédé la place à celles des buveurs de bière, au bistrot de Bob. Avec Bubu l'anar bricolo, Fifi l'érudit en histoire locale, et Léo l'ancien ouvrier de verrerie, marié à Annie, archiviste au Centre Historique minier de Lewarde. Cette dernière est depuis peu comme envoûtée par un coffre jamais exploré par ceux qui étudient le passé de la région. Léo et ses amis vont l'aider à ouvrir cette boite de Pandore. Ce qui va les entraîner dans des aventures agitées autant que souterraines. Peut-être ont-ils tort de réveiller les démons d'antan...

C'est une intrigue teintée de Fantastique, que nous propose Jean-Marc Demetz, dans la collection 666 publiée chez Engelaere Éditions. Un voyage à travers le temps commençant tel un puzzle, où l'on a plaisir à croiser plusieurs grands personnages historiques, avant d'en arriver à la période actuelle. Le dénouement ne manque pas de saveur, puisqu'on saura enfin ce que sont les fameux Œufs évoqués dans le titre. Précisons qu'ils n'ont rien à voir avec les Œufs de Fabergé, objets symboliques du luxe. À l'opposé de la richesse, Aniche représente la mémoire des houillères et des verreries, et celle du monde ouvrier qui y fut longtemps employé dans des conditions si difficiles. L'auteur rend hommage au poignant roman de Zola “Germinal”. Un ouvrage qui mérite d'être lu attentivement, car il témoigne avec un réalisme magistral du vécu d'une population. Que ceux qui, parmi les intellos, méprisent encore Émile Zola lisent vraiment son œuvre. Sans doute, le rappel du passé local est-il aussi intéressant dans le roman de Jean-Marc Demetz que le mystère proprement-dit. Un livre à découvrir.

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