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ROBERT DELEUSE

Un Dernier Coup De Théâtre


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Robert DELEUSE




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

Entre Romain Delorme et Marion Moderel s’était établi une complicité et une amitié amoureuse qui avaient remis la jeune fille sur les bons rails de la vie. L’adolescence de Marion avait été une véritable existence de patachon, et elle avait goûté à la drogue et aux plaisirs charnels, le sexe du partenaire étant indifférent. Débordements qui avaient amené à la mort accidentelle de son père. Par l’entremise de son oncle, Marion est embauchée comme pigiste spécialisée dans la rubrique culture, à la rédaction d’un journal dont l’antenne locale est sise à La Rochelle. Et c’est ainsi qu’elle fait la connaissance de Delorme, à la faveur d’un entretien pour le journal.

 

Delorme est auteur dramatique dont les deux premières pièces jouées dans des salles de la banlieue francilienne ont enregistré un succès auprès des spectateurs mais boudées par la critique. Sa troisième est un grand succès et il est devenu un auteur à l’avenir prometteur. C’est dans ce contexte qu’il rencontre Marion pour un entretien qui se termine par une fusion charnelle. Puis il repart vers la capitale non sans laisser ses coordonnées parisiennes à la jeune fille. Et c’est ainsi que Marion va s’installer dans la capitale et trouver peu après un travail auprès d’un hebdomadaire puis de fil en aiguille pour une chaine du câble. Avec Camille, une amie, elle veut réaliser un documentaire sur Delorme, mais il faut trouver du temps et de l’argent pour financer leur entreprise. Les pièces suivantes de Delorme ne sont que des bides (des pièces caustiques dans lesquelles il brocarde les partis politiques quels qu’ils soient) et il décide de couper les ponts puis de rejoindre la Riviera française, et retrouver les lieux de son enfance. Ils se retrouvent de temps à autre, ce n’est plus l’amour qui les relie mais une solide amitié. Quelques années plus tard, le 25 juin 2005 le corps de Romain Delorme est retrouvé sur le sable d’une petite plage. Il a été abattu d’une balle de revolver, et le suicide est à exclure.

 

Marion est obnubilé par son documentaire et elle prend un congé de maladie pour se rendre sur la Riviera, où elle va enquêter. Dans l’hôtel où elle se rend, afin d’assister aux obsèques de son ami, la réceptionniste lui remet une enveloppe qui lui est adressée. A l’intérieur de l’enveloppe, le carnet d’adresses de Romain, une carte postale avec au recto la reproduction d’un tableau de Nicolas de Staël lui signifiant que si elle veut réellement réaliser un film sur Romain elle doit retrouver la jeune file dont une photo est jointe. De même une réservation a été faite en son nom dans une pension. Alors elle s’attelle à la tâche, remontant le temps (l’enfance de Romain et les différentes aventures amoureuses ou autres qu’il a vécues) essayant de retrouver les personnes qui ont de près ou de loin connu Romain Delorme et surtout cette jeune fille, aux yeux verts, qui pourrait lui donner la clé de l’énigme, si énigme il y a.Pendant ce temps, la police enquête de son côté, mais ce n’est qu’anecdotique.

 

Ce roman est construit comme une ruche. La reine pourrait être Marion Moderel (au fait avez-vous remarqué que ce nom est l’anagramme de Romain Delorme ?), le bourdon Romain, et les abeilles, les petites ouvrières figurant les différents protagonistes qui gravitent dans cette histoire. Chacun d’eux vit dans une alvéole, mais parfois les parois sont poreuses, et selon les circonstances, ils se connaissent, se sont fréquentés, ont un point commun avec le défunt ou tout simplement ne l’ont que côtoyé.

 

Mais c’est surtout le prétexte pour Robert Deleuse de donner un coup de balai dans la fourmilière de l’Histoire qu’il dépoussière à grands coups de plumeau. Alors il établit une sorte de catalogue des affaires mises sous l’éteignoir, des fausses informations, des secrets honteux, que seuls ceux qui ont été (souvent à leur détriment) incriminés et ont subi. Cela va de la division Charlemagne aux différentes rafles de Juifs, des expatriés puis des dénaturalisés (Juifs originaires de pays étrangers ayant obtenus la naturalisation française) bien avant la trop célèbre rafle du Vel d’hiv en passant par ce ministre député de la Réunion (L’Amer Michel comme l’avait surnommé Le Canard enchaîné) qui a fait transféré des gamins de la périphérie des grandes villes de l’île (euphémisme pour désigner les bidonvilles) et les envoyer en familles d’accueil dans des département de la métropole (Creuse, Ariège…) où ils étaient la plupart du temps traités comme de jeunes esclaves par les paysans contents toutefois d’avoir à disposition des bras pour effectuer le travail de la terre, Clémenceau (dont l’ancien ministre et accessoirement philosophe Luc Ferry aurait préféré qu’un éloge lui soit rendu au lieu de celui destiné à son aïeul), les écoliers n’apprennent dans leurs manuels d’histoire qu’il fut surnommé le Père la Victoire, les recueils oubliant volontairement de préciser qu’il procéda aux exécutions de militaires rebelles durant la Grande Guerre ou qu’il commanda à l’armée de tirer sur les vignerons qui manifestaient, l’IRA et bien d’autres affaires qui ont secoué l’histoire de France (ou du monde).

 

Des personnages sont évoqués, dont l’identité est transparente, tel le maire Jacques Dauctor, (que ses opposants orthographiaient Dockor) et auquel on peut accoler le patronyme de Jacques Médecin dont l’appartenance politique houleuse et les nombreux délits commis l’obligèrent à quitter la France.

 

Mais tout ceci bien évidemment n’a pas été porté à la connaissance du plus grand nombre car Tu appréciais le journalisme, guère les journalistes dont le travail (tel qu’ils s’en vantaient) consistait avant tout à couvrir l’information, c’est-à-dire à obscurcir plus qu’à éclairer.

Un roman un peu fourre-tout dont les différents chapitres pourraient parfois ressembler à des documents, à des articles que des revues (courageuses) d’histoire pourraient publier. Cela en irritera certains, cela en fera réfléchir d’autres, selon que l’on aime connaître les dessous de certaines affaires politiques ou s’engoncer dans un confort sans vagues. Selon que l’on prenne ses divers témoignages pour argent comptant ou pour des rumeurs non fondées. Mais il existe un fond de vérité dans tout ce qu’écrit Robert Deleuse, seulement chacun sait que la mémoire peut se révéler capricieuse et certains faits se transformer au fil des ans, et des ajouts ou omissions de la part de ceux qui transportent ces récits enjoliver ou noircir le tableau.

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