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VERA CASPARY

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Véra CASPARY




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE
Contient Laura (Laura – 1943. Trad. de Jacques Papy). Bedelia (Bedelia – 1945. Trad. de Jacques Papy). L’étrange vérité (Stranger than Truth – 1946. Trad. Jacques Papy). Erreur sur le mari (The Husband – 1957. Trad. Jeanne Fournier-Pargoire). Le manteau neuf d’Anita (Final Portrait – 1971. Trad. de Marie-Louise Navarro). Préface de François Rivière.

Vous avez sûrement remarqué que souvent un titre ou un personnage ont cannibalisé, phagocyté tout ou partie de l’œuvre d’un romancier. Les Trois mousquetaires et Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas, L’île au trésor de Robert-Louis Stevenson, Sherlock Holmes de Conan Doyle, Arsène Lupin de Maurice Leblanc, et tant d’autres. Et si on évoque le nom de Véra Caspary, insensiblement vient à l’esprit Laura, tant le roman que le film qui en a été réalisé en 1944 sous la direction d’Otto Preminger lequel était aussi le producteur est présent dans esprits et les mémoires. Parmi les actrices principales on retiendra les noms de Gene Tierney et de Dana Andrews. Petit fait en passant, qui ne change en rien l’histoire, Rouben Mamoulian qui devait coréaliser ce film a été remercié en cours de tournage et n’est donc pas crédité au générique. Ce genre d’incident est fréquent et j’aurai l’occasion d’y revenir dans un portrait d’auteur.

Américaine née le 13 novembre 1899 à Chicago, décédée le 13 juin 1987 à New-York, Véra Caspary débute comme dactylo puis rédactrice dans une agence de publicité composant des catalogues vantant une gamme de produits allant de la machine à laver aux produits de beauté. Puis elle crée un cours de danse par correspondance. Elle s’installe à New-York en 1923, et devient rédactrice en chef du magazine The Dance de 1925 à 1927. Elle fait des débuts de romancière en 1929 avec The White Girl, histoire d’une femme noire de Chicago qui arrivée à New-York se fait passer pour une Blanche. Suivent trois autres romans, une pièce de théâtre et d’une vingtaine de scenarii cinématographiques, dont La femme au gardénia de Fritz Lang en 1953. Elle entre en littérature policière en 1942 avec Laura, suivront une douzaine d’autres. En 1933, elle pense trouver un débouché avec le cinéma et s’installe avec sa mère à Los Angeles mais ne réussi pas à s’entendre avec Harry Cohn, producteur tyrannique. Désabusée elle retourne à New-York et fait la connaissance de sympathisants communistes à Greenwich. Elle adhère au parti sous le nom de Lucy Sheridan, participe aux activités de sa cellule et organise des réunions chez elle. Après un voyage en 1939 sur le vieux continent et notamment en Allemagne, pays d’origine de ses ascendants et en Urss, elle renonce à ses activités politiques. Mais son appartenance au Parti la rattrape et elle est obligée de repartir en Europe en compagnie de son mari, inscrite momentanément sur la liste grise de l’HUAC (House Un-Americain Activities Committee). Elle connaitra par la suite diverses fortunes au cinéma et dans l’édition, mais ne réussira pas à percer au théâtre. Cinq de ses romans ont été traduit en France et sont réédités dans ce volume fort bien venu et qui remet à l’honneur une romancière attachée à la narration de suspenses psychologiques intéressants et pour certains toujours d’actualités.

 

Laura, édité aux Presses de la Cité en 1946, débute par la découverte chez elle du corps de Laura Hunt, publiciste de renom, assassinée d’un coup de fusil en plein visage. Menée par le policier McPherson, l’enquête est focalisée sur deux hommes, Shelby Carpenter, fiancé de la victime, et Waldo Lydecker, un chroniqueur mondain persuadé être à l’origine de sa renommée. McPherson est obnubilé, fasciné par le personnage de Laura et il passe pratiquement tout son temps dans l’appartement de l’homicidée sous le prétexte de prélever des indices. Jusqu’au soir où Laura réapparait, affirmant s’être rendue à la campagne, et avoir prêté son appartement à une amie, mannequin de profession.

 

Bedelia, publié par les Presses de la Cité en 1946, met en scène une jeune et douce jeune femme qui vient de se marier avec Charlie Horst. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes s’il ne découvrait pas que les petits mensonges s’enchaînent. Rien de bien grave, à-priori, mais qui à la longue tend à pourrir l’atmosphère. Le nouveau voisin et ami du couple, Ben Chaney, officiellement artiste-peintre et accessoirement détective, fait part à Charlie d’une affaire étrange. Trois hommes sont morts dans des conditions étranges, et à chaque fois une femme portant une perle noire, tout comme Bedelia, a été impliquée.

 

L’étrange vérité, publié au Presses de la Cité en 1947, est un pamphlet envers la presse, du moins une certaine presse. Barclay, politicien et propriétaire d’un groupe de presse, a publié un livre qui a connu un énorme succès : Ma vie est vérité. Or cet ouvrage n’est pas son œuvre mais celle d’un certain Wilson. Or Wilson est mort assassiné, un meurtre jamais résolu, c’est ce que découvre Ansell, collaborateur de Barclay et directeur d’un mensuel dédié aux affaires criminelles. Opiniâtre il se lance dans l’enquête malgré les croche-pieds.

 

Le Manteau neuf d’Anita, qui a été publié aux éditions du Masque en 1974, prend pour décor le milieu de la peinture. Janet Altheim est accusée de recevoir chez elle « des nègres, des musiciens aveugles et des communistes ». Véra Caspary n’a pas eu à chercher loin le décor et les personnages qui sont décrits dans ce roman puisqu’elle emprunte à son expérience personnelle. Et c’est l’occasion, une fois de plus de dénoncer « une société vaine, hypocrite et snob dont elle-même n’a jamais partagé les valeurs » comme l’écrit si bien François Rivière dans sa préface.

 

Enfin Erreur sur le mari, publié en 1957 dans la collection L’Aventure criminelle, dirigée par Pierre Nord, nous entraîne dans ces milieux financiers qui officient en marge des systèmes bancaires et boursiers. Jane McVeigh est une riche héritière américaine de diverses sociétés familiales, en compagnie de ses deux sœurs. Mais Jane à vingt-huit ans est seule. Quoique distinguée et bien vêtue, elle possède un visage ingrat qui ne plaide pas en sa faveur et n’attire pas les hommes. Pourtant en cette fin d’après-midi, alors qu’elle déguste dans un hôtel sélect de la capitale anglaise un verre de whisky, un peu en avance sur l’heure légale, elle fait la connaissance d’un homme charmant, Stuart Howell. Stuart est un lanceur d’affaires et il est préoccupé en ce début d’avril par le contrat d’une concession pétrolifère au Proche-Orient. Un contrat qu’il doit négocier et revendre en empochant une commission plus que lucrative. Il a une maîtresse, Valérie Ransom, qui joue les starlettes au cinéma et dont l’espoir non secret est de devenir célèbre. Jane qui a cru trouver en Stuart un possible bon parti, mais ce n’est pas l’aspect financier qui la guide, est choquée en apercevant Stuart et Valérie s’embrasser. Elle abuse quelque peu de boissons fortes, alors que de son aveu ce n’est pas une habitude, traîne dans les rues de Londres et rentre dans son appartement à l’hôtel où elle loge. Elle est retrouvée inanimée et Stuart est au premier plan de ses sauveteurs. Officiellement un accident dû au chauffage au gaz. Stuart qui ne veut pas toucher à son capital, entame des négociations avec un commanditaire, Hellbron, mais l’homme ne se présente pas aux rendez-vous. De plus il manque à Stuart une forte somme d’argent pour conclure le contrat et il est obligé de s’adresser à un prêteur. La solution serait que Jane l’aide financièrement et pour cela il envisage le mariage, proposition qui agrée à la jeune femme mais pas à Valérie. Le voyage de noces se déroule à Paris, mais si Jane offre de couteux objets à Stuart, elle ne parle pas de l’aider pécuniairement. Stuart a une traite à honorer mais Jane ne lui propose pas de partager une partie de sa fortune. Il imite alors la signature de son épouse or le chèque tarde à arriver. Les relations se tendent, il incite Jane à boire, tout en lui reprochant après ses consommations, et il se rend compte qu’elle ne veut pas s’approcher d’un balcon. Elle est sujette au vertige prétend-elle. Stuart à beau se démener, à essayer de jouer de son influence, le contrat n’est toujours pas signé et un soir alors qu’il propose à Jane de venir sur le balcon, sous un prétexte fallacieux, c’est lui qui se retrouve sur la marquise de l’entrée de l’hôtel. Il est blessé dans son corps et son amour-propre.

On retrouve dans ce roman ces personnages manipulateurs, hypocrites, en apparence futiles dont la seule préoccupation réside en cette seule idée : comment gagner beaucoup d’argent en peu de temps.

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