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MICHEL BUSSI

Nymphéas Noirs


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Le lundi 1 Mars 2011

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Michel BUSSI




Une lecture de
PAUL MAUGENDRE

PAUL MAUGENDRE

L’année de l’impressionnisme avec comme chef de file Claude Monet vient de s’achever avec un succès auquel les organisateurs ne s’attendaient peut-être pas. Et afin de clore en beauté cette manifestation qui s’est déroulée au Grand Palais à Paris, mais également dans de nombreux sites normands dont évidemment Giverny, Michel Bussi nous offre un roman hommage à Monet, aux impressionnistes, aux fameux nymphéas et bien évidemment à Giverny, ce petit village de l’Eure coincé entre Normandie et Ile de France, niché dans un méandre de la Seine.

Quel point commun peut relier Fanette, la gamine de onze ans, qui fréquente l’école de Giverny, douée pour la peinture et dont les camarades de classe se nomment Paul, Vincent, Camille et Mary ; à Stéphanie, la belle institutrice aux yeux nymphéas, séduisante, mariée à un agent immobilier et vivant dans une mansarde au dessus de l’école ; à la Sorcière, le Fantôme, cette vieille femme octogénaire tout de noir vêtue, marchant péniblement avec une canne et qui passe quasiment inaperçue dans les rues de Giverny, logeant dans le donjon du Moulin des Chennevières. Peut-être un meurtre, celui d’un ophtalmologiste dont le cabinet est situé à Paris dans les quartiers chics de la capitale et dont la femme, Patricia, se morfond à Giverny, rue Claude Monet. Jérôme Morval ne rentre pas tous les soirs, à cause de son travail bien sûr, ce qui ne l’empêche pas de séduire de nombreuses femmes, au contraire. Son corps est retrouvé dans un ru de l’Epte, un bras détourné de la rivière qui alimente l’étang aux Nymphéas du jardin de Monet. Il aurait été poignardé, avant d’avoir la tête écrasée par une grosse pierre, puis noyé dans le ru. Non loin du cadavre est retrouvée une carte d’anniversaire qui apparemment ne lui était pas destinée. Pour le jeune lieutenant Laurenç Sérénac, un Occitan muté à Vernon qui remplace le commissaire parti en retraite sans en avoir véritablement le grade, c’est la première grosse affaire à laquelle il est confronté. S’il possède des connaissances en art pictural, il a travaillé à la Brigade des Arts, son adjoint Sylvio Bénavides est plus calme, plus posé, presque maniaque, adepte du classement des archives. Un expéditeur anonyme envoie, histoire d’aider les policiers dans leur quête du meurtrier, cinq photos représentant le défunt en compagnie de femmes. Cinq maîtresses supposées dont certains clichés ne laissent guère de doute quant aux relations charnelles qu’elles pratiquent à l’œil. Normal quand on a un ophtalmo dans ses relations. Des photos annotées au dos par des numéros sur lesquels Sévérac et Silvio se cassent les dents. A part la belle Stéphanie que l’homme de l’art dentaire tient chastement par la main, les autres femmes sont inconnues au bataillon. A force de recherches les identités seront bientôt dévoilées, presque, mais cela ne les avancent guère. Sévérac est persuadé que le mari de Stéphanie ferait un coupable idéal, d’ailleurs son alibi, une partie de chasse privée, est démoli par sa femme. Le matin du meurtre elle aurait couché avec lui, mais n’est-ce que provocation envers Sévérac ? Cela se pourrait car tous deux ressentent une forte attirance l’un pour l’autre. Fanette rejoint, l’école terminée, un vieux peintre américain qui lui prodigue ses conseils. Sous l’impulsion de l’institutrice, elle devrait participer à un concours organisé par la fondation Théodore Robinson. La Vieille arpente les rues de Giverny ou surveille du haut de la tour les mouvements du village, après avoir enterré son mari. Il avait été transporté à l’hôpital de Vernon suite à un malaise, et elle a subrepticement débranché les perfusions. Neptune, le chien, se contente de suivre tout ce petit monde, suivant les uns et les autres ou se reposant sous le cerisier dans la cour du bief du moulin. Sylvio, s’il ne possède pas le flair d’un chien de chasse retrouve dans archives une histoire ancienne remontant à 1937, un meurtre perpétré dans des conditions similaires.

Ce ne pourrait être qu’une banale enquête située dans un lieu prisé par les touristes depuis l’ouverture de la maison et des jardins de Monet en 1980. Le Clos Normand, le Jardin Japonais, et bien entendu l’hôtel Baudy et tous les lieux qui constituent le charme de Giverny, ses ruelles fleuries, son église, sa prairie, ses champs de blés, sont décrits avec la palette d’un peintre impressionniste. Si l’ombre de Monet plane sur ce roman, celle d’Aragon est aussi présente, par le truchement d’un livre, Aurélien, qui trône sur une table de chevet. Mais Michel Bussi ne s’est pas contenté d’une simple visite guidée, et d’une intrigue semi-classique, il a reconstitué une ambiance, des images, introduit des faits divers réels, jouant à l’illusionniste avec un jeu de miroir à trois faces, des reflets qui se répètent et pourtant ne sont pas identiques. Il parsème son intrigue de petits indices que peut relever le lecteur attentif, et son épilogue est subtil tout en étant logique. Une cascade temporelle jonchée de Nymphéas, de rumeurs souvent savamment entretenues concernant des toiles qui auraient existées, qui n’auraient pas toutes été recensées, d’ultimes peintures du maitre, lequel atteint de la cataracte aurait imaginé reproduire des nymphéas noirs, des personnages qui se retrouvent placés en pleine lumière avant de s’évanouir dans la nature, d’amours enfantines, de jalousies, de dénis, d’enquêtes parallèles. Et une voix s’élève dans une narration à la troisième personne, le Je de la sorcière s’immisce dans le récit, tirant les ficelles d’une toile dans lequel l’esprit s’égare, noyant un peu plus le poisson. Et malgré les illusions, les effets d’optique, tout est astucieusement et rigoureusement agencé et lorsque la vérité sort de l’eau, le lecteur ne peut que s’écrier, tel Raymond Souplex dans son interprétation du commissaire Bourrel : Bon Dieu, mais c’est bien sûr ! 

 

Citation : Ce que je tiens tant à retrouver, c’est un carton, un simple carton de la taille d’une boîte à chaussures, rempli de vieilles photos. Vous voyez, ce n’est guère original. Il parait que maintenant, j’au lu ça, toute une vie de photos peut tenir dans une clé USB de la taille d’un briquet. Moi, en attendant, je cherche ma boîte à chaussures. Vous, à plus de quatre-vingts ans, vous chercherez dans votre fourbi un minuscule briquet. Bon courage. Ça doit être le progrès.
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JEANNE DESAUBRY

JEANNE DESAUBRY

Michel Bussi est un diable d’homme. Avec ce dernier roman : « Nymphéas noirs » il nous entraîne dans une énigme particulièrement bien ficelée.

Un mort, un flic, une scène de crime. Rien que de très classique. Mais dès le début le narrateur nous fait la promesse d’autres morts, dès le début aussi s’établit un jeu avec le lecteur, jeu dont on pressent qu’il a dû donner bien du plaisir à l’auteur.

Première originalité : le lieu. S’il vous plait, pas n’importe où…. C’est à Giverny, au bord de cette rivière alimentant le fameux bassin aux nymphéas, dont le détournement artificiel a été voulu par Monet.

Erudit mais léger, Michel  Bussi nous promène dans les ruelles si fréquentées aujourd’hui. Mais on fuira vite  le village envahi par les cars de touristes pour découvrir celui d’avant sa découverte comme lieu à fort potentiel touristique, celui d’hier, celui où les bottes de foin n’étaient pas qu’un décor, mais juste le fruit du labeur agricole.

Giverny donc, baigné par cette petite rivière qui alimente le bassin aux nymphéas de Monet. Celle dans laquelle aussi, on retrouva autrefois un enfant noyé. Dans laquelle aujourd’hui on trouve un adulte, mort exactement de la même manière.

Il est impossible d’entrer plus dans la narration, sauf à spoiler ce qui reste un exploit d’écriture. Et je ne peux même pas vous dire pourquoi, si ce n’est que vous ne devriez pas, non pas du tout, vous fier aux apparences. Mais vous allez vous croire plus malin et tenter de percer le mystère… Je le sais… Vous vous tromperez forcément.

Ce que je peux vous dire, c’est que Bussi fait de Giverny, si charmant village de vallée de Seine marquant juste l’entrée dans la Normandie, un lieu de passion qu’on n’imaginait pas. Qu’il traite ses personnages avec une certaine tendresse, et qu’il parle bien de la lumière et de la folie.

Diable d’homme, oui… diable d’auteur qui ne recule devant aucun procédé pour faire languir son lecteur. Vous ne pourrez pas dire que vous n’étiez pas prévenu : ne vous fiez pas aux apparences, surtout lorsqu’elles ont les couleurs d’un tableau impressionniste.

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JEANNE DESAUBRY
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