Une lecture de JEAN-CLAUDE RENOUXLe grand théâtre de la vie, ses masques, ses faux semblants, ses artifices. Il y a la grande scène, celle où on peut déambuler dans des rues bien éclairées tracées au cordon, avec ses magasins chics, ses restaus, ses cafés. Et puis il y a les coulisses, bien loin des projecteurs, à moins qu'un drame que l'on qualifiera alors de fait divers n'en fasse la une des journaux. Et ce sont les coulisses qui intéresse Vera Cabral. Les pauvres types et les femmes prématurément vieillies par le chagrin, la solitude, les désillusions, la misère sexuelle, les boulots de merde où on ferme sa gueule pour ne pas rejoindre la cohorte des RMIstes et des fins de droits, tous ces paumés en souffrance qui pètent les plombs, de préférence la nuit, les exclus des cités, les reclus des prisons et des Hôpitaux Psychiatriques, les femmes battues, les enfants martyrs et placardisés, les pères incestueux... Le pas joli et ce qui pue absolument.
Le troisième livre que Virginie Brac est encore mieux que les deux premiers romans consacrés à Vera Cabral, et pour filer la métaphore jusqu'au bout, elle nous ménage un petit coup de théâtre qu'on ne sent pas venir avant les vingt dernières pages.
Une valeur sûre du polar français (et non, je n'utiliserai pas le terme de "polar féminin" comme le fait la page 4 de couverture) !
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