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OLIVIER BORDACARRE

La France Tranquille


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Le vendredi 24 Septembre 2011

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Olivier BORDACARRE




Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Nogent-les-Chartreux est une paisible petite ville anonyme d’Eure-et-Loir, près du Canal de Beauce, peuplée de vingt mille âmes, au beau milieu d’un désert de céréales. Commerce traditionnel, divers secteurs d’activité en crise, population de classe moyenne ou modeste, rien ne la distingue d’autres villes similaires. Le commandant de gendarmerie Paul Garand s’encroûte ici, se sachant incapable de résoudre le moindre cas délictueux ou criminel. Âgé de 51 ans, divorcé restant en contact avec son ex-épouse vivant à Paris, père du jeune adulte Grégory, il pèse 117 kilos et son poids grimpe chaque jour. Pour lui, la pêche à la ligne sera son principal plaisir en ce mois de septembre qui débute. Projet contrarié par la découverte d’un cadavre brûlé et étranglé dans une cabane proche du canal.

La victime est le fils un peu simplet des Bartavel, une famille pauvre et méprisée de la majorité des habitants. Paul Garand les connaît, sait qu’il ne causent guère de grabuge, ces gens relégués “aux confins de la cité, dans les cases prévues à cet effet”. Autour de la cabane, le gendarme ne repère aucun indice. L’affaire s’enlise au fil des semaines, jusqu’à ce qu’on trouve un autre cadavre. Enlevé et torturé, cet employé municipal et sculpteur ne gênait pourtant personne. Greg, le fils Garand, remarque la signature des crimes. Après Bartavel “Suget 0”, le nouveau tué est le “Suget 1”, faute d’orthographe non explicable comprise. Ce qui laisse augurer de futurs crimes. Conseil municipal et gendarmes envisagent déjà des mesures sécuritaires. Garand écourte une inutile conférence de presse.

À Nogent, se multiplient délations et réactions racistes de bistrots. Un politicien local espère exploiter la grogne. La pose de caméras de surveillance augmente le sentiment d’insécurité. Une dame âgée voisine de Greg est trouvée morte chez elle. C’est accidentel, mais ça conforte les partisans de la répression. Greg sympathise vite avec la jeune Élise, qui va occuper le logement de la défunte, reloué par le propriétaire. Bientôt, l’assassin fait une troisième victime (“Suget 2”), un syndicaliste bien connu. Garand est sollicité de toutes parts. Les renforts armés sont partout en ville, où règne l’état de siège. Une milice attaque un camp de gitans dans les environs. Malgré les décisions sécuritaires de la municipalité, carrément radicales, la population vit entre peur et désarroi.

Après la quatrième victime (“Suget 3”), un ami de Grégory, le préfet corse son discours et envoie toujours plus de policiers. Pour Paul Garand, le tueur n’est pas ce monstre décrit par le préfet : “…c’est un mec ultra-entraîné, patient, tenace, avec du pognon, une planque et un masque. Le genre de type à se promener en ville, le sourire aux lèvres, à dire bonjour aux passants.” Quant au sens de la signature, “Suget”, aucune hypothèse n’est satisfaisante. Une intervention de la gendarmerie se passe mal, la grève des poubelles et un nouveau corps découpé, ne font qu’exciter les tensions à Nogent. Bien qu’on ait imposé le couvre-feu, on sent venir ici la guerre civile, bavures et émeutes n’arrangeant rien. Élise, Greg et Paul Garand risquent de figurer parmi les cibles de l’assassin vengeur…

Est-ce que la France actuelle ressemble à cet exemple, à cet échantillon ? Est-ce qu’une série d’étincelles suffisent à provoquer une explosion ? Dans un premier temps, on est croit y voir une image périmée de la province. À bien y réfléchir, on serait bien naïf de penser que notre société a tant évolué dans sa mentalité, évacuant toute bassesse. Aujourd’hui encore, ceux qui se proclament de “bons citoyens” prétendent dominer la vie locale au quotidien. Dénoncer de prétendues menaces (étrangers et familles modestes sont un danger), entretenir un climat de suspicion haineuse (avec l’appui de politiciens populistes), exagérer son importance économique (on est les seuls à travailler, donc à payer), autant de recettes efficaces toujours exploitées par des castes soi-disant supérieures. C’est donc bien un miroir de notre France que nous tend l’auteur.

Mal dans sa peau trop large, mal dans son époque trop agressive, le gendarme Paul Garand n’est sans doute pas un brillant héros. Agissant tardivement, dans un contexte déjà pourri, environné d’esprits négatifs (dont son collègue Faquin), il patauge tout en faisant des efforts. Admirateur des Beatles, son fils Greg lui apporte quelques lueurs de raisonnement logique, pas de vraies solutions. Les motivations de l’assassin nous sont progressivement exposées. L’injustice, bien que réelle, ne peut excuser son jusqu’auboutisme aveugle. Car c’est lui seul qui cause le chaos, et toutes ces tensions provoquées par les réactions irrationnelles des habitants. Le portait mordant de cette ville est ironique, sévère, et pourtant réaliste. L’intrigue criminelle et son noir suspense s’avèrent vraiment palpitants. Un “polar sociologique” de très belle qualité.

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Une autre lecture du

La France Tranquille

de
JEANNE DESAUBRY

JEANNE DESAUBRY

Le héros de « la France Tranquille » est un gros gendarme  à la cervelle empâtée par la tristesse d’un divorce et la banalité de son existence dans une ville terne et sans histoire. Il se console en se faisant des tartines de rillettes, en se gavant de pâtisseries, en s’arrosant la glotte de sodas et autres boissons sucrées.

Notre commandant Garand est aussi le père aimant mais néanmoins insatisfait d’un dadais de vingt-cinq ans truffant ses phrases d’anglicismes plus ou moins approchants. Insatisfait, car ils ne savent, ni l’un ni l’autre, se dire leur amour.Bordaçarre, l’auteur, balance tout ce monde étriqué dans une histoire aussi peu crédible que possible de tueur détestant les paresseux. Le boulimique commandant Garand voudrait bien siffler la fin du jeu, mais est-ce en son pouvoir ? 

Tout le sel du roman repose dans les portraits : portait d’une France plus profonde que tranquille, d’un conseil municipal à la chasse aux voix, de commerçants à la chasse aux clients, d’une jeunesse à la chasse aux distractions et de cinglés à la chasse aux étrangers.

La série de crimes va jeter cette faune dans le bouillon de la panique, faire rappliquer les autorités, la presse, et déchainer les passions haineuses couvant sous la surface lisse d’un quotidien écrabouillé par la crise.Nogent, ville tranquille et sans charme, va se transformer en camp retranché, saturé de caméras de vidéo surveillance, quadrillé par les patrouilles armées de citoyens bas du front et de forces de l’ordre débordées.Nogent c’est ici, c’est partout. Certes, Bordaçarre force le trait. Certes, on détecte parfois comme des remugles de « Affreux, sales et méchants » , mais, et si… Et si ? Suis-je si certaine que ma ville résisterait à cette contamination nauséabonde ? Et vous ? Etes vous surs que vos concitoyens ne basculeraient pas dans la paranoïa armée ?

De ce roman retentit comme un crissement désagréable d’ongles sur un tableau noir. On voudrait croire à l’exagération littéraire… puis on se souvient de Lépanges sur Vologne, et son corbeau, de ratonnades et de lynchages de SDF.

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