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JOSEPH BIALOT

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Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER

CLAUDE LE NOCHER

Début mai 1945, des soldats américains sauvent la vie d’un déporté, véritable zombie agonisant sur les routes allemandes. L’inconnu ayant perdu la mémoire, ils le baptisent Alex. Le jeune homme amnésique est hospitalisé à Metz. Jeune veuve âgée de trente ans, l’infirmière Agnès veille tout particulièrement sur lui. Alex comprend et parle le français, mais son esprit occulte le passé. Le numéro matricule tatoué sur sa peau montre qu’il fut prisonnier à Auschwitz. Sans doute retrouverait-on son nom dans les archives nazies, mais la pagaille qui règne ne le permettra pas avant longtemps. Dans le même service neurologique, Alex fait la connaissance de la suicidaire Clotilde. Issue d’une famille de la bourgeoisie la plus réactionnaire, elle est la fille d’un officier qui fit les plus mauvais choix durant la guerre. Évoquer son défunt père adoré la rend hystérique.

Avec Agnès, Alex tente de sortir en ville, d’aller au cinéma. Mais c’est à l’hôpital, lieu protégé, qu’il trouve son élément. Le traitement sous narcose lui apporte des bribes de souvenirs. Il fut enfermé dans des camps français, à Gurs puis à Drancy, avant d’être envoyé avec tant d’autres en Pologne. Des images du camp de Majdanek s’imposent bientôt. Tel ce jour de représailles pour les nazis, où il faillit mourir par pendaison. Épargné par les circonstances ou un peu de chance. Il y eut aussi Freddy, médecin prisonnier tchèque aimant la langue française, qui le garda un temps à l’abri dans l’infirmerie. Aujourd’hui, après ces épreuves, Alex réalise “qu’à la guerre on est seul, unique dans son courage, spécimen inimitable dans la peur qui taraude les tripes, (…) éternellement solitaire au royaume du chacun pour soi et Dieu pour personne.”

Alex se souvient encore d’avoir fait partie de ces animaux humains voués à l’abattage, qu’on transféra finalement à Auschwitz Birkenau en cet été 1943. La survie y était plus infernale encore qu’à Majdanek. Sans l’intervention d’un autre prisonnier ayant quelque influence, il risqua de nouveau la mort. Quand fut décidée par les nazis l’évacuation des camps, commença pour beaucoup de ces déportés une errance chaotique… En juin, Alex rejoint Agnès à Paris, où il va loger chez elle, dans le 13e. Entre restrictions, haine des collabos, attente du retour des prisonniers de guerre, le climat est loin d’être apaisé dans la capitale. Boulevard Raspail, Alex rôde autour de l’hôtel Lutétia où chacun raconte son expérience, attendant les bus rapatriant les survivants. Avec Agnès, ils forment un couple artificiel, tant qu’Alex ne retrouve pas son identité…

L’originalité de ce “récit” vient sûrement du fait qu’on ne peut pas lui attribuer une étiquette. En effet, si le texte s’inspire d’une histoire vraie, ce n’est pas celle de l’auteur. Ses propres souvenirs de déporté, Joseph Bialot les raconta dans “C’est en hiver que les jours rallongent” (Seuil, 2002), récompensé par plusieurs Prix. Ici, il s’agit d’une œuvre hybride entre témoignage et fiction. Cette forme littéraire apporte un certain recul par rapport au scènes retracées. Aucun esprit de vengeance n’anime Alex qui, simplement, fouille dans les méandres de sa mémoire défaillante. Néanmoins, on retrouve l’ironie de l’auteur à travers quelques notules, parfois mordante quand il évoque les médiocres collabos : “L’Allemand avait transformé en surhommes des malfrats et de ratés, des délirants et des fanatiques, des ambitieux sans scrupules, les perpétuels redoublants aux amours loupés, en fait la foule immense de ceux qui n’arrivaient pas à se situer dans une vie où ils végétaient cahin-caha…” Si les polars et autres romans de Joseph Bialot (Grand Prix de Littérature policière 1978) sont fort agréables à lire, celui-ci est un des plus insolites, à redécouvrir.

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